23 octobre 2011

Silence, ça pousse !

Nan, sans déconner, les terriens, j'adore cette émission !

Sisi !

Planter et faire pousser des plantes, les voir grandir, fleurir, cueillir ses fruits, récolter ses légumes, ses pommes de terres, ses tomates, ses poireaux, sa rhubarbe, cultiver son beau petit jardin à l'abri du marasme et des miasmes du monde...

... Entre deux bonnes grosses guerres bien brutales où nous autres les rustauds de l'espace on explose grave tout ce qui bouge, on fait cracher nos canons et nos sulfateuses, on se bourre la cheutron de cartouchières et de grenades, on gicle des tonnes d'essence au lance-flammes, le tout sous des litrons et des litrons de mousse, mouhahahahahahahahrrrrrrh !!!!

Ouais, ça va, je me calme !

Les plantes, je disais donc.

Les merveilleux papillons éphémères et colorés qui tourbillonnent grâcieusement dans un champ...

... ravagé par les trous d'obus et les blindés carbonisés, martellé, pilonné, éclaté, défoncé, par les incessants pilonages d'artillerie, mouhahahahahahrrrrrr !!!

Merde, j'ai dit : je me calme !!

Décidément, chassez le naturel...

En tout cas, quand je regarde cette émission sur votre télé, les terriens, y'a pas à dire : ça me détend.

Y'a même eu des émules. Sur mon vaisseau, un de mes gars s'est mis dans la tronche de faire pousser des trucs.

Partout. Dans les couloirs, dans les blocs moteurs, dans les blocs armement - je vous raconte pas la gueule des tubes à photon - dans les latrines...

Seulement...

Seulement...

- Mais qu'est-ce qui t'a pris, bordel ? Pourquoi t'en as planté autant ? Et pourquoi celles-là précisément ?

- Elles étaient toutes belles, toutes petites et toutes mimi ; j'ai craqué, quoi.

- Et tu savais pas du tout ce que c'était, comme espèce ?

- Bé non. Je me suis pas renseigné avant.

- Bah voyons. Et bien sûr, comme toutes les plantes, elles ont fini par pousser.

- Ben ouais.

- Beaucoup pousser.

- Ben. Ouais.

- Vraiment vraiment beaucoup. Rien qu'hier, nos techniciens, pour se rendre dans le bloc énergie 3, ont dû y aller à la machette... !!

- Ha ouais. Quand même.

- Et d'ailleurs l'un d'eux s'est ramassé une énorme araignée dans son falzard.

- Ha.

- Mais s'il n'y avait que ça... !! Pétard !! Pourquoi tu t'es pas renseigné sur l'espèce, bordel à queue ?

- Mais c'est qu'elles étaient si mimi, si jolies.

- OUAIS, BAH TES PLANTES SI MIMI ET SI JOLIES, EN REALITE C'EST DES PLANTES CARNIVORES, CONNARD !!!

- Ouais mais, n'oublie pas : durant notre trajet dans l'epace, on est passé au large de deux pulsars jumeaux...

- Et alors ?

- Bah, il se peut que les radiations métanorphogatrisques hydrogazéiphiées émises par ces corps astraux selon leur position et leur phase aient entamé un début de protomutation triplumozoïque...

- ET MON CUL C'EST DU POULET !!!! Tes merdes, elles viennent pile-poil de me dévorer un onzième mec, ducon !! ONZE, QUI SE SONT FAIT BECQUETER !!! Et qu'est-ce que ce sera si j'ai plus assez de bonzommes pour faire tourner ce foutu vaisseau !!!

On va être obligés d'y aller au lance-flammes.

Ha. Les joies du jardinage.

14 octobre 2011

Surtout, surtout : rester zen

Je fais la guerre depuis des decénies dans tous les coins de l'univers.

Je porte la haine, la sauvagerie et la destruction partout où je le peux parce que ma race d'aliens anarcho-spatiaux a ça dans le sang.

Ne vous en déplaise, chers terriens étriqués, étroits d'esprits, bourrés de préjugés et de codes sociaux exclusifs et qui ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez.

J'en ai donc vu beaucoup dans mes sagas galactiques.

Mais ça !

Je dois admettre que ce ptit humain français recruté récemment chez nous parce qu'il en avait ras le bol de votre monde, force l'admiration. Je n'avais jamais vu, surtout chez les tarés de mon clan qui défoncent tout comme les bourrins qu'ils sont, une telle maîtrise de soi.

Il est calme. Zen. Sage. Maîtrisé. Tempérant. Mais déterminé.

Il coordonne les pilonages d'artillerie, les combats tactiques, les combinaisons terre-air-mer, les mouvements et les assauts sans mouiller le maillot, avec un putain de calme... On dirait qu'il est détaché de tout mais qu'il a pris en compte tous les facteurs. Il nous a assuré de foutues victoires dans plus d'une situations délicates.

Eh, les terriens ! Ce ptit con vient de chez vous !!

- Comment tu fais, merdeux ? C'est quoi ton secret ?

- J'écoute du métal.

- Nan-nan-nan. Le métal terrien c'est pas mal, mais ça vaut pas le nôtre.

- Ouais mais du moment que c'est pas du rap ou du hip-hop de merde.

- Nan allez, comment tu fais ?

- Tu veux vraiment le savoir ?

- Bah ça m'intéresse.

- C'est simple. Je suis né sur la Terre.

- Et alors ?

- L'Occident merveilleux. Je suis né avec le chômage de masse. Je suis né avec la dette publique. Je suis né avec les compressions de salaire. Avec la compétition scolaire. Avec le déclassement social. Avec l'accroissement des inégalités. La vie chère. La dévalorisation du diplôme. J'ai vu la cellule familiale se désagréger. Ne plus remplir son rôle pour tout le monde. J'ai vu l'école choisir, trier, exclure, saquer. Famille et école ? Vexations ; dévalorisations ; frustrations ; moqueries ; relégations ; déterminisme ; fatalité. Le marché du travail ? J'ai vu des collègues se comporter en caïds insolents et intouchables qui surévaluent leur micro-savoir-faire pour létigimer un savoir-être pourri jusqu'au trognon ; ça existe dans les quartiers, ça existe en prison, ça existe aussi dans le boulot ; j'en ai vu d'autres mettre leur santé en cause, parfois gravement ; j'ai vu une hiérarchie tantôt parternaliste, tantôt timorée, jamais pertinente, et poussant les gens à bout.

Et tout ça pourquoi ? Les émissions de bouffe à la télé ? Les iphones ? Les ipads ? les 4x4 ? Le carré de jardin jouxtant un pavillon gardé par un chien ?

Les exigences ? La performance ? La compétition ?

Oui, pourquoi ? Pour voir un STEVE JOBS ADULé COMME UN GOUROU DE SECTE ??? C'est donc pour ça qu'il faut bosser ?

La sacro-sainte considération socio-professionnelle ? Mais là où je suis passé, aucune rue ne portera mon nom, ni celui de mes collègues, ni celui de mes subordonnés, ni celui de ma hiérarchie ; aucune salle des bâtiments où j'ai bossé ne portera mon nom, ni celui de mes subordonnés, ni celui de mes chefs, ni celui de mes collègues.

J'ai vu la cascade des mépris du berceau au monde du travail en passant par la famille et l'école, avec comme point culminant la crise de 2008. Famille, école, travail - institutions ô combien incontournables et respectables, par lesquelles nous passons tous et qui nous déterminent tous. Parce que nous n'avons pas le choix. Parce qu'il n'existe aucun autre modèle. Et  que celui qu'on nous vend est à bout de souffle.

- Ha. Je vois. Je comprends mieux, maintenant.

- Eh ouais. Alors je vais te dire. Partir dans l'espace. Rejoindre ton clan. Faire la guerre partout et toujours. S'enivrer de la victoire et des richesses acquises. Profiter des promotions que tu me donnes sans avoir à correspondre à un profil ultra-corseté-formaté. Profiter d'une liberté de ton, d'une liberté de paroles qu'il n'y a plus sur Terre.

C'est ce qu'il pouvait m'arriver de mieux.

Et ça, je te jure : ça amène le calme et la paix intérieurs. Mieux que le yoga.

- Eh bah dis donc.

Ouais, les terriens ; ce ptit mec vient de chez vous.

Voilà ce que vous fabriquez.

ça calme non ?

04 août 2011

LE FUN, C'EST DE LA MERDE

- Durant mes années de collège, et ce jusqu'au lycée, c'était dans les années 1988-1991, le fin du fin, c'était d'être FUN. Pour être dans le coup, il fallait à tout prix être fun. Si t'étais pas fun, t'étais plus que ringard. T'étais que dalle. Zob. Nib. De la merde en branche. Banni.

T'avais pas adopté le smiley ? T'étais une merde.

La dance, la house, le hip-hop et la techno explosaient, les tags et les graphes recouvraient les murs et les rames du métro parisien, les bandes zouloues s'affichaient avec leur coupe afro et leurs blousons de base-ball criards, contrepoids aux fringues Chevignon.

C'était l'époque des grandes causes, de l'émulation de la culture jeune, des radios libres, des bonnes intentions et des bonnes consciences ; la plupart des grandes stars mainstream bavaient, la larme à l'oeil, et s'échinaient à défendre avec autant de ravissement que d'acharnement toute bonne grande cause valable. La famine en Afrique, l'épidémie du SIDA, les restos du coeur qui explosent, dis-leur merde aux dealers et j'en passe.

- Ha ouais ? 

- Ouais. Tout ça, c'était le background. La macro. Le général. On pourrait penser que sortait de tout cela un certain côté bien-pensant et aseptisé, mais pas tant que ça. Les années 80, c'était les années fric, les années pub, le porno sur canal plus, les clips sur M6, les Nuls, et une incroyable créativité.

Mais dans mon microcosme personnel à moi, au fond, ça voulait dire quoi, être fun, quand on était ado dans ces temps-là ?

Ce que j'ai vu n'était pas très folichon. Car être fun, tout autour de moi, ça voulait dire qu'à 14 ans, tu devais avoir tout fait.

Avoir fumé. Avoir bu. Avoir chichonné. Être allé en boîte ou en soirée. Avoir vu des films de cul entre potes, ou mieux, avoir eu son plan cul, en touche-pipi genre je te branle, je te suce, je te lèche, je te met le doigt, ou carrément baise-objet hard frénétique compulsif.

Avoir fait tout ça, sans être un novice.

Et bien sûr, tout ça sur fond de pop-dance-techno-rap-hip-hop-house.

C'était le triomphe orgasmique du smiley.

- Tu crois que ça a changé aujourd'hui ?

- Je m'en cogne. Je suis pas un père la vertu. Les jeunes, je n'y suis plus, et en aucun cas je n'aurais voulu y retourner. Non, décidément, je ne suis pas fun et je n'aurais jamais été fun de ma vie. Attention, je suis pas dans les Jean-Jacques Goldman, Obispo, Alain Chamfort, Sardou et Herbert Léonard, ni dans les comédies musicales au jus de chique, tout ça me fatigue.

Car quand même, ça veut dire quoi ? On a pas d'autre choix qu'entre ça et le fun ? Autant se tirer une balle.

- Corrige ton orbite. Vecteur 5-2Z sur azymut EV-Z553. N'oublie pas qu'on est sur un vaisseau spatial, quand même.

- Bah non, j'oublie pas. Je tapote les boutons, je tire les leviers. Orbite corrigée.

- Okay. Continue ton histoire, mec.

- A l'époque, le fun, je n'avais rien à voir avec tout ça. J'étais totalement à côté de la plaque. J'avais un look à chier, je ne savais ni m'habiller, ni me coiffer, je cherchais désespérement la façon d'être dans le coup mais sans jamais y arriver. J'étais dans une école privée catho, et j'ai pris ces années en pleine gueule sans avoir rien vu venir.

Je n'ai strictement rien compris à ces années ; je n'ai pas voulu les voir, j'ai été complètement dépassé.

Pour sûr, j'étais la risée de ceux qui étaient fun. On se foutait de ma gueule. J'avais droit à toutes les moqueries. Et mes amis se comptaient sur les doigts d'une main.

Mais le fun est un faux-ami ; un conformisme mal assumé. Et il n'y a rien de plus conformiste que les milieux pré-ado, ado du collège et du lycée.

Au fond, tous ces fils de pute avaient raison. J'étais un con, un falot, un freluquet, un faible. Qui ne savait pas se faire respecter et qui était incapable de se prendre en main. Je méritais à coup sûr le mépris de tous.

Bien plus tard, j'ai réalisé que le fun, c'est une hypocrisie. Une de plus. On se drappe avec des grands principes, on se couvre de smileys, on adore U2, Madonna, et le Band Aid, on se pâme devant le "touche pas à mon pote", le rap, la house et la techno, on se veut ouvert d'esprit...

... "Mais vous êtes fou ? Oh, oui !!!!", qu'ils scandaient, les braves...

... mais à côté de ça, on chichonne, on trafique, on picole, on baise. Je l'ai dit, je suis pas une sainte-nitouche ni un père la vertu. Mais j'ai jubilé lorsque j'ai vu le mouvement zoulou s'effondrer comme phénomène de bande ; malheureusement pour eux, ils avaient donné dans les trafics et dans les tournantes... Quand je pense que j'ai connu des greluches fun, qui se vantaient avec un sourire béat : "chuis zouloue, chuis zouloue..."

- Le rap et la techno n'ont peut-être pas changé la donne.

- Pas du tout. Bien au contraire. Et c'est pour ça que je sais pas trop ce que ça veut dire d'être jeune aujourd'hui. Faut se faire chier pendant des années à multiplier les diplômes bac+5, parler couramment quatre langues, ingurgiter des stages, et ce sans assurance d'intégration, poireauter dans une société vouée au chômage de masse depuis plus de trente ans,  avec les prix qui augmentent mais pas les salaires... Les jeunes de ma génération ne connaissaient pas l'euro, ils avaient encore le franc et ils pouvaient se permettre d'être fun. Mais les jeunes de maintenant, ils ont quoi ?

- Cela dit, toi aussi tu as eu tes sésames universitaires, et tu en as bavé pour les décrocher.

- C'est vrai. Je ne risque pas de les regretter. Mais ce qu'ils m'ont offert alors, me l'auraient-ils offert de nos jours ? Et cela,  pourquoi ? Pour être un véritable citoyen avisé et éclairé ? Où pour profiter de la société de consommation ? Iphone ? Ipad ? Caisse à essence, 4x4 ? Ecran plat ? Blu-Ray ? 500 amis sur Fesse-Bouc ? Et penser écolo pour faire croire que je compatis au dérèglement climatique qu'on doit maintenant ingurgiter ?

La techno mâtinée de binge-drinking triomphe dans les clubs ; le rap n'est qu'une aspiration frustrée et exacerbée à une société de consommation exponentielle et sans retenue. Accumule les quintaux de greluches au cul de rêve, bouffe et vante leurs chattes, braque de ci, trafique de là, roule en caisse allemande ou en hummer, et fait péter le champagne. Et surtout, surtout, surtout, pour rendre ton discours parfaitement crédible, n'oublie pas de crier aux injustices !!! C'est la faute à l'école, c'est la faute à la société, c'est la faute aux institutions, c'est la faute à la politique...

- Bon, on a compris que t'aimes pas le rap... Tu crois qu'ils ont tort dans leurs dénonciations ?

- Pas totalement. Mais ils n'ont pas le monopole des injustices.

Entretemps grâce au fun, on s'était donné un genre, on s'était donné des codes, on s'était donné le droit de porter un jugement de valeur,  sur ceux qui déséspérement n'étaient pas fun et ne le seraient jamais.

- T'en a souffert ?

- Tu m'étonnes. J'ai très mal passé la fin des années 80. Cette période a eu des conséquences assez mauvaises sur la décennie suivante.

- Carrément ?

- Ha ouais. Je ne voulais pas ressembler à tous ces cons d'hypocrites et faire ce qu'ils ont fait. Je voulais me trouver moi, comme beaucoup d'ados.

Et non pas devenir comme eux. J'ai pris les cons à contre-pied, mais ce faisant, à l'aube de ma majorité je me suis socialement fermé toutes les portes.

Musicalement, je me suis tourné vers le métal. J'ai vibré sur les riffs les plus harmonieux, les plus hardis, les plus dynamiques, les plus sombres et les plus énervés. J'ai joui sur les distorsions et les envolées des grattes.

Le métal, c'est franc, c'est clair, c'est du face-à-face, c'est la vie, la vraie. Il s'exprime cash, ne te prends pas en traître comme tous ces cons, et ne porte pas de jugement de valeur. Tu passes un bon moment, avec une bonne ambiance, et c'est tout. T'es déjà allé dans un concert de métal, Zhang ?

- Nan.

- T'as loupé quelque chose. Le fun, c'est du cul de centre commercial, de cave, de cage d'escalier et de sous-pente qui manipule la culture jeune, une forme de gauche-caviar musicale conformiste qui assume à peine la crasse des esprits.

C'est ça aussi, le fun. Hypocrite et bien-pensant. Un conformisme, pas autre chose. Mais qui cache très mal la réalité pourrie, celle de derrière les façades, les postures, les faux-semblants.

Oh, bien sûr, y'avait pas que le fun. De tout temps, le fin du fin du con de première bourre, c'est de balancer une vanne au détriment d'autrui pour se donner l'air intelligent. La vanne, celle qui casse, celle que Brice de Nice n'a fait esquisser, traduit symétriquement le vide de celui qui la sort. C'est une bouée de sauvetage qui sauve de sa propre connerie en la projettant artificiellement sur l'autre, un vernis de faux-semblant et de pis-aller.

La vanne, c'est une illusion. Une formule magique. Un tour de passe-passe. Quand on sait pas quoi faire parce qu'on est définitivement con, on sort une vanne, et hop ! Comme par magie, le con, c'est plus moi, c'est le voisin !!! C'est tellement marrant, et tellement plus facile - Tellement FUN - de se marrer de celui d'à côté.

- Et maintenant ?

- Maintenant ? Mais je me la pète. On finit à peine de dégueuler la période bobo. Des cons en ont remplacé d'autres. C'est le faux règne du culturel universitaire pointu, le bac+5 qui se la pète avec ses expos peinture ou photo, qui se fait son triple orgasme parce qu'à son boulot y'a rien qui dépasse, parce qu'il croît que révolutionner son service et le mettre à la pointe de tout lui assure l'immortalité nirvano-jouissive de l'intégration sociale, que la gloire c'est d'en chier et de faire chier, quitte à niquer sa santé.

Y'a toujours un rapport de force. Il y a 20 ans, le fun établissait un rapport de force, une marque de supériorité sociale chez les ados, une posture de bravache et un jugement de valeur. Aujourd'hui, le bobo frigide cultu-intégré obsédé de rigueur-rigidité a repris la même recette. Il instaure un rapport de force, mais en plus soft et en plus insidieux.

Mais moi, j'm'en cogne et j'écoute toujours du métal.

Toi, Zhang, le branleur de l'espace, vous m'avez recruté. Moi, le seul terrien de votre clique de trouducs. Et je prends mon pied dans vos voyages intergalactiques et vos aventures de pieds nickelés.

- Tu te plais, chez nous ?

- Ben ouais. Pas de regrets. Je  bouffe. Je picole. Je roupille. Je baise...

- ... Heu, tu bosses aussi tout de même.

- Bah quand y faut, ouais. Mais sans prise de tête et sans jugement de valeur.

On me fout la paix.

Au moins.