16 novembre 2009
Le tube de l'été
Espace profond.
Planète ZC-Q-717.
Date stellaire : 10881 point vingt-sept.
Combats urbains.
Depuis plusieurs semaines, on s'efforce de prendre un patelin important. Belle résistance, mais ça devrait aller. Ceux d'en face n'en ont plus pour très longtemps. Leur armée est sur les genoux. La population crève de faim et de soif. On m'a rapporté que les édiles palabrent depuis deux jours sans interruption. Enfermés dans un bâtiment situé pas bien loin de la ligne de front, ils devraient se décider à se rendre.
Grun et Argolphe finissent de décharger un camion. Fébriles, animés et excités comme des petites puces, ils arborent leurs tronches de crapules, un rictus sardonique sur les lèvres.
Oh, ho.
D'ordinaire, ces deux-là ont tendance à se jalouser et à bosser chacun dans leur coin. Le sorcier et le savant fou.
Mais là, ils prennent leur pied ensemble.
C'est pas de bon augure.
Ils commencent à manipuler je ne sais quoi. C'est quoi, ces machins ? On dirait des bazookas. Ou d'énormes sulfateuses.
- Ho. Qu'est-ce que vous foutez, les branleurs.
- Tu vas voir, chef. Une surprise.
Mouais. Mauvaise, sans doute.
La bave aux lèvres, ne tenant pas en place, Grun exhibe un long tube d'acier. Bordel, je connais pas ce modèle.
Mast ramène sa fraise.
- On a conçu ce petit bijou phallique avec Argolphe et Grun. Un lance-roquettes maousse, de conception nouvelle, avec des munitions adaptées et un tout petit rien de sorcellerie.
- Ouais. Une merveille !
En effet, on dirait des runes de sorcellerie, gravées sur le tube.
- Heh. Je veux savoir ce que vous allez glander avec ça.
- T'inquiète, chef. On va te montrer.
- Mais vous l'avez testé, votre machin ?!
- Ben non, le test c'est tout de suite.
Hola-la.
En un rien de temps, Mast empoigne un engin, suivi d'une demi-douzaine de bidasses, de Grun et d'Argolphe. Ils font leurs réglages, chargent leurs munitions, se foutent leurs armes sur l'épaule, puis les braquent en direction du front.
- Hey, atten...
FOUM !
C'est parti !
Woooh, puuutain !
Une explosion assourdissante, précédant de peu le choc du souffle, nous jette à terre. Je fous mes mains sur ma tête. On dirait que le sol tremble. Des nuages de poussière et des blocs de gravats, au-dessus d'immenses jets de flammes, sont expulsés à une hauteur impressionnante et menacent de nous retomber sur le coin de la gueule. On doit ramper comme on peut vers des abris de fortune.
- Bordel, mais qu'est-ce que vous avez foutu !!
- T'as vu, chef ; ça arrache, hein ? Idéal pour se lever le matin !
Qu'il me crie à la gueule, l'Argolphe.
- Heh, vous avez tiré sur quoi, au juste ?
- Ha, bah on sait pas, nous. On a visé vers ceux d'en face, c'est tout.
Je braque mes jumelles vers le lieu de l'explosion.
Ho, chiasse !
- Putain de vérole, vous avez dézingué leur merdier gouvernemental... Il n'en reste pas un pan de mur debout !
- Ha ouais, le pied !
- ... Et les types qui se trouvaient dedans ! Tous crevés, à tous les coups !
- La vache, c'est bandant !
- Test concluant, chef, non ?
- Concluant ?! Vous venez de massacrer d'un seul coup tous les types qui dirigent ce patelin !! Ils n'ont plus aucun représentant politique ! Avec qui on va discuter des modalités de reddition, maintenant ?? A qui on va faire accepter les jours de pillage traditionnels en cas de prise d'une cité ?
- Ha. Ouais. On y avait pas pensé.
Pffff.
Quels branleurs.
- Chef, regarde. Un type s'amène vers nous. On dirait qu'il vient tout droit du bâtiment détruit.
En effet.
Gris de poussière, les fringues en lambeaux, clopinant cahin-caha, un mec entre deux âges a émergé des ruines. D'un air blasé, il brandit un drapeau blanc. Arrivé devant notre barricade, il demande à me voir.
- Bon alors. C'est vous qui... hein ? Les, heu... guerriers, là, hein ?
- Bah ouais.
- Alors moi je suis, heu... Enfin je faisais partie du... des... Vous voyez, quoi. On était dans notre hémicycle, on discutait, comme ça, bien pépère ; on s'envoyait des cahouettes, des pistaches, des noix de cajou, un peu de picole... On faisait un peu de politique, aussi. Faut dire que depuis que vous êtes là, avec votre bande de soudards assoifés de pillage, y'a matière à en faire, de la politique. Si vous... heu... saisissez.
- Tout à fait.
- Mais attention, hein, cela dit c'est pas pour être désobligeant, voyez, pas du tout du tout. C'est... heu... enfin bon, c'est comme ça, hein. Vous nous avez envahi, vous nous avez ravagé nos campagnes, nos chaumières, tout ça, ça a été bien sanglant... Mais bon, heu... y'a pas d'animosité, voyez, je m'en voudrais vraiment d'être discourtois.
- Je sais bien.
- Et pis, c'est pas pour dire que vous nous causez du souci, passqu'après tout, bah faut bien qu'on mérite notre paye, voyez. Après tout, une armée d'invasion, c'est... heu... Enfin voyez.
- Sûr.
- Et puis les pékins qui nous ont élus, bah faut bien qu'on leur montre qu'on fait parfois des trucs pour eux, quand même. Surtout quand on se fait torcher le fion à la guerre. Comme là, quoi. M'enfin, bon, c'est... voyez.
- Ben ouais.
- Bref, pour en revenir à ce que je disais, on discutait dans l'hémicycle, là, entre gens de bonne compagnie, on se la coulait douce, avec l'apéro, tout. Et puis d'un coup, boum !
- Boum.
- Ben ouais, boum. Plus rien. Les flammes, les morceaux de béton sur la gueule, la poussière. Boum. C'est... enfin, voyez, quoi.
- Je vois.
- Dites, heu... c'est pas mal, vos machins, là... Les, heu... les trucs avec lesquels vous nous avez canardés, là. Vous voyez, quoi, les... heu... enfin, c'est pas mal. Pas mal du tout. A vrai dire, ça surprend un peu, surtout quand on est juste dessous quand ça pète, qu'on se crâme la couenne et qu'on se prend les gravats en pleine poire... mais c'est pas mal. Ouais. Là, je suis, vraiment, heu... admiratif...
- Merci. Sympa.
- Ouais, vraiment. Je suis... hein.
- Ouais.
- Mais alors, heu, du coup... nous autres, là... bah on est bien obligé de... heu... enfin... comment dire...
- Oui ?
- Comment on dit, déjà... Attendez, ça va me revenir... Rha, merde, je l'ai pourtant sur le bout de la langue... C'est pourtant pas faute d'en avoir bien parlé tout à l'heure devant nos cahouettes... Merde...
- Vous pensez à...
- Oui c'est ça. Comment on dit ? Vous vous rappelez, vous ?
- ... Heu... la capitulation... ?
- VOIIIILA ! C'est ça ! Tout juste ! La... oui, c'est ça, la...
- ... capitulation.
- Capitulation. Voilà. C'est ça, c'est bien ça. Voilà. Voilà-voilà. Héhé. Bon. Bin. Va falloir qu'on y passe, hein, si je comprends bien... Ha-ha-ha.
- Hé oui, hein, vous m'en voyez tout à fait désolé, mais c'est un peu comme ça.
- Hé oui, ha-ha-ha, pas moyen d'y couper, hein, ha-ha-ha.
- Hé-hé-hé.
- Ha-ha-ha-ha. Capitulation, donc. Hein ? Ha-ha. C'est bien ça ?
- Oui tout à fait.
- Dites, heu, à tout hasard... Pour éviter les massacres, le sang versé, le pillage, les exactions, tout ça... faudrait casquer combien... ?
- Ha mais c'est pas au programme, ça. On fait pas comme ça, nous. Vous nous prenez pour des sagouins ou quoi ? Une capitulation, c'est une capitulation, point barre. Nous, après, on fait ce qu'on veut.
- Ha bon.
- Ben ouais, et puis moi, j'ai quand même des frais, mine de rien. Et les troupes sont contentes, après un pillage, vous comprenez : piller une grande ville, c'est festif, convivial, joyeux... après les rigueurs des combats, vous comprenez...
- Nan, mais dites... Combien ? Hein ? Dites une somme, juste pour voir...
- Bon, je vous le dis à l'oreille. Bz-bz-bz-bz-bz.
- HA OUAIS, QUAND MÊME !! Vous vous faites pas chier, vous, hein, dans votre genre. C'est le coup de fusil, comme on dit...
- Ha non, c'est le coup de bazooka, hein, hahaha, hahaha.
- Hahaha. Ha-ha. Ha. C'est bien trouvé. Haha.
- Oui n'est-ce pas.
- Bon alors, si on vous file ce pognon... là. Vous vous barrez. Aussi sec.
- Ouais, ça se dirait.
- Bon, ben. On va faire ça. Mais quand même, c'est beaucoup.
- Vous avez les moyens.
- Oui-oui, mais quand même, quand même. Bon, ben. Marché conclu. Hein ?
- Ouais.
Finalement : z'ont pas si mal fait, mes ptits gars. J'ai plus qu'à les féliciter.
On vient de se faire un sacré putain de pèse, là.
Mieux qu'une entreprise terrienne.
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02 novembre 2009
Le code
Espace profond.
Planète ZC-Q-717.
Date stellaire : 10751 point soixante.
La guerre.
- Ho, Mast ! Qu'est-ce que t'attends pour lancer la troisième bannière à l'assaut ? Je te signale que ça craint un peu sur le front.
Oui. Chez nous les armées sont divisées non pas en régiments mais en bannières. Notre organisation est de type clanique, je vous le rappelle.
- J'attends l'état-major, ducon. Qu'il m'envoie un message en code me disant que je peux l'envoyer. C'est prévu comme ça.
Bah ouais. La guerre, c'est super précis, mine de rien. Tout doit se faire au poil de cul millimétré.
- Merde, mais on est en train de se faire dézinguer, là ! L'ennemi va nous foutre une putain de taule si on se sort pas les doigts du cul. On a besoin de renforts sur la ligne de front ! Faut envoyer des bidasses au charbon, sinon on va se faire rétamer la gueule !
Possible.
Nous livrons en ce moment une belle bataille sur cette planète que nous avons décidé d'attaquer. Voir notes précédentes.
Mais bon, ces trouducs de natifs se sont mis dans leur caboche qu'ils voulaient se défendre.
On y peut rien. C'est quand même pas de ma faute s'ils veulent pas se laisser écrabouiller bien gentiment. Y sont vraiment pas coopératifs.
Alors là on a des fantassins, des blindés, de l'artillerie, de l'aviation, et tout le tintouin d'engagé dans ce merdier de bataille. Comme l'a dit le collègue, on peut pas vraiment dire qu'on a l'avantage.
- Kchhhhh... Casserole à Tournedos. Casserole à Tournedos. A l'écoute...
Ha. La radio qui bafouille. On va en savoir plus.
- "Tournedos" ?!
- Bah ouais, ça t'étonne ? Tu sais, jeunesse : la guerre, c'est super précis comme machin. C'est un truc de pros. On la laisse pas à n'importe qui. Et en face de l'ennemi, qui doit pas savoir ce qu'on trame, on utilise des noms de code et des phrases codées.
- Ha ouais.
- Kchhhhh... le sucre d'orge coule sur la langue de la concierge. Je répète, le sucre d'orge coule sur la langue de la concierge.
- "Le sucre d'orge" ? C'est un code, ça ?
- Et comment, que c'en est un, mon gars. Alors. Il a dit : le sucre d'orge, la concierge...
Faut que je regarde mon ptit livret. Pour déchiffrer. Dans un code, tous les mots ont un sens, au poil de cul millimétré.
- Alors, ça dit quoi ?
- Bah non, ça peut pas être ça. On m'informe que le ravito va nous filer des ouvre-boîtes...
- Hein ? T'es sûr que tu le regardes dans le bon sens, ton livret ?
- Alors attends, chuis pas sûr. Quand y'a quelque chose qui coule, en principe ça veut dire "envoyer". Mais là, avec le mot "sucre d'orge" et "concierge"... non, y'a pas, quand on combine les deux ça veut dire "ouvre-boîte".
- Merde, c'est quoi ces conneries ? On a des gars en train de clamser, là ! ça pète et ça crâme dans tous les sens !
- Bon, faut que je réponde.
- Encore en code ?
- Bah évidemment. La guerre, je te dis, ça doit se combiner au poil de cul. On t'appelle en code, tu dois répondre en code. Alors. Tournedos à Casserole, Tournedos à Casserole : son gros cône de crème glacée lui a fondu dans les doigts. Je répète : son gros cône de crème glacée...
- Ha ouais. La vache.
- Bah quoi ?
- Non, mais c'est vraiment impressionnant. Qui c'est qui l'a mis au point, ce code, là ?
- Mais j'en sais rien ; qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- Et tu viens de leur dire quoi ?
- Ben, que je demandais l'autorisation d'engager la troisième bannière. Ha, la réponse.
- Kchhhh... Casserole à Tournedos, Casserole à Tournedos : le fromage sent fort lorsqu'il est fondu sur la saucisse. Je répète : le fromage sent fort lorsqu'il est fondu sur la saucisse. Kchhh...
- Eh bah. Vraiment planant.
- Mais ferme-là. La guerre, je te dis, c'est une véritable science. Tout doit se combiner comme une mécanique bien huilée.
Alors. Je refeuillette mon machin.
- Qu'est-ce que ça dit ?
- Merde, c'est pas possible. Ils nous envoient des cartouchières par hydroglisseur.
- De quoi ?! Par hydroglisseur ?! Mais on est dans la plaine... y'a pas un cours d'eau par ici... ! Dis, ton code, t'es sûr que...
- Mast, notre première ligne est enfoncée ! L'ennemi est en train de se faire un boulevard ! On parvient pas à contenir l'assaut. Faut absolument réagir !
- Okay. Dis aux sorciers de faire surgir un mur de flammes. Fais décoller les hélicos des deuxième et troisième escadrons.
- Mais il nous faut la troisième bannière pour renverser l'équilibre !
- Putain, mais je sais bien ! Je l'ai demandée à l'état-major !
- Mast, la radio !
- Kchhhh.... Casserole à Tournedos. Casserole à Tournedos. La fraîcheur salée de la moule marinière éveille les sens gustatifs. Je répète... La fraîcheur salée de la moule marinière éveille les sens gustatifs.
- ...
- ...
- Bon, bah ça va !! Je veux bien admettre que c'est con, mais qu'est-ce que j'y peux, à la fin ?!
- Et là, ils veulent dire quoi ?
- Bah j'en sais rien, ça parle d'huile pour graisser les armes et de toiles de tente. Mais chuis pas sûr, quand y'a "gustatif" ça veut dire aussi "ceinturon". Selon la place des mots dans la phrase, ça change tout le sens.
- Ha ouais, je vois. La guerre, c'est vraiment millimétré au poil de cul.
- Mais qu'est-ce que t'y connais, toi !
- Bah j'y connais assez pour savoir qu'on est en train de se faire mettre une branlée par ceux d'en face, et que ton code, c'est de la merde en branche.
- Bon, y'a pas à tortiller du fion pendant des plombes : on y va nous-mêmes, on galvanise les gars, et on fait le boulot proprement. ça vous va, ça ?
- Ouais. C'est pas plus mal. Peut marcher.
- Mast, la radio !
- Encore !?
- Kchhhh... Casserole à Tournedos. Le quartier de viande baigne dans son gras figé. Je répète, le quartier de viande baigne dans son gras figé. Kchhh...
- Ta gueule !
...
(quelques heures plus tard)
...
- Et bah voilà. On a fini par y arriver, comme des grands. Finalement, pas besoin de la troisième bannière.
- Ouais, bien joué. On a repoussé l'ennemi. On leur a mis bien profond, à ces glands. Et pas de prisonniers, hein, vous avez vu !
- Quand on est arrivé, ils ont cagué dans leurs chausses. Ils ont tenu un peu pour faire bonne mesure, puis ils ont foutu le camp en courant. Pas de quoi s'affoler, j'ai même pas mouillé ma chemise.
- Kchhhhh... Casserole à Tournedos. Il faut réamorcer le sphincter pour impulser le trop-plein de matière gazeuse. Je répète : il faut réamorcer le sphincter pour impulser le trop-plein de matière gazeuse. Kchhhh...
- Et allez donc. Encore un code vachement bien foutu. La guerre, c'est réellement une science qui marche au poil de cul...
- ... millimétré, ouais, on sait.
N'empêche.
Comme j'en ai quand même ma claque, je sors mon flingue.
BLAM
Et zou.
Un coup dans la radio.
Comme ça, on nous foutra la paix.
Au poil de cul.
08:10 Publié dans Les Bastons de la Brute | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, chroniques, société, de tout et de rien, science-fiction, humour, imaginaire, espace, sf, planète
26 octobre 2009
Maman cherche amour
Gladynia est divorcée et mère de quatre enfants. Elle veut refaire sa vie et trouver l'homme qui saura lui ménager son bonheur.
- Je veux vraiment un homme en qui je pourrais avoir confiance pour fonder un nouveau bonheur. C'est important pour moi.
Gladynia ne veut pas être déçue. Aujourd'hui, elle fait la connaissance de Barturus. Divorcé, père d'un enfant, cadre dans une société, Barturus cherche également l'âme soeur.
- Oui vraiment je cherche ma nouvelle âme soeur, en qui j'aurais confiance pour laisser s'épanouir le bonheur.
Gladynia et Barturus se rencontrent dans un bar dans le centre ville. Tout de suite, le contact semble s'établir. Les deux candidats à l'amour paraissent à l'aise l'un avec l'autre. On les voit rire et sourire, s'échanger des émotions.
- Oui vraiment de prime abord je me sens à l'aise avec Barturus. La communication passe très bien, il est d'agréable compagnie. C'est un homme séduisant qui pourrait bien me plaire par la suite. Je me sens dans le bonheur.
- Oui alors Gladynia me plaît beaucoup, elle est très chaleureuse et la communication passe très bien, je pense que c'est une personne avec qui quelque chose pourrait très bien arriver par la suite. C'est que du bonheur.
Tout semble donc très bien commencer pour nos deux candidats au bonheur de l'amour. En sortant du bar, ils décident d'accepter de se revoir. On sent qu'il y a quelque chose entre eux deux.
- Gladynia me fascine, elle a quelque chose qui me fait vibrer.
- Alors Barturus, il a l'air très gentil, très attentionné, il a quelque chose pour lui c'est sûr.
Quelques jours plus tard, les choses paraissent se gâter. Nos deux tourtereaux se retrouvent dans un restaurant. Le malaise semble perceptible, quelque chose ne va pas.
- Oui, alors je ressens plein d'ondes négatives, je sens bien que Barturus est absent, il n'est pas avec moi, on dirait qu'il est préoccupé, si c'est moi qui suscite une telle réaction, ça va pas aller.
Comment Barturus va-t-il réagir pour garder l'estime de sa peut-être future moitié ? Est-il en mesure de rebondir ? Nous allons voir que Barturus n'est pas à court de ressources.
- Je ne suis pas à court de ressources. J'ai décidé de faire une belle surprise à Gladynia, c'est ça qui me rend nerveux. J'espère que ça va marcher très fort, en prélude à tout plein de bonheur.
C'est alors que Barturus fait une surprise à Gladynia. Comme par magie, il sort un paquet de dessous la table. C'est un cadeau pour sa peut-être future bien-aimée. Celle-ci en reste ébahie.
- Wah. Barturus il m'a fait un cadeau. Quelle agréable surprise. Comme il n'a rien dit, je ne m'y attendais pas du tout du tout, en fait.
Lorsque Gladynia ouvre son paquet cadeau, elle ne peut réprimer ses émotions. C'est son objet préféré.
- Haaaan, mon objet préféré. Haaannn, c'est tellement beau. Je ne peux réprimer mes émotions. Je suis dans le bonheur.
Gladynia essuie une larme. Elle se jette dans les bras de son peut-être futur être aimé, et s'échangent plein d'émotions. Barturus a donc visé juste. Il a touché une corde sensible dans le coeur de Gladynia. Celle-ci semble conquise.
- Je crois qu'elle est conquise. J'ai adoré ces échanges d'émotions, c'était un beau moment de bonheur. Je sens que Gladynia, elle est faite pour moi et moi je veux tout pour elle, je le ressens.
Peu après, rassurés l'un sur les sentiments de l'autre, ils décident de se retrouver. On sent que quelque chose de particulier se passe entre eux.
- Alors Gladynia, en quittant le restaurant, j'ai été sur le point de l'embrasser en fait, mais moi je suis quelqu'un qui n'aime pas aller trop vite, qui préfère goûter les moments présents, et puis après, eh bien ça viendra petit à petit, mais ça sera du bonheur.
- Alors Barturus, en fait, j'ai adoré son petit cadeau, je croyais vraiment qu'il était pas rassuré avec moi, il n'envoyait que des ondes négatives, en fait il était juste nerveux, et son petit cadeau c'était tellement beau et tellement vrai, je n'ai pu réprimer mes émotions, et là il a touché une corde sensible, j'ai adoré ce moment.
Quelques jours plus tard, nos deux candidats à l'amour et au bonheur se retrouvent avec joie. On sent que le courant passe entre eux. Ils débutent une balade romantique au bord du lac. Ils se prennent par la main et semblent discuter des projets à venir. Le bonheur tend-il la main à Gladynia et Barturus ? Se sont-il trouvés pour connaître ensemble les joies de l'amour ? Tout le laisse croire.
- Ho ! Hooo ! C'est bon, là ! Whoooo, c'est bon, j'ai dit. Ca va, on arrête les conneries !
- Mais que... ?
- On se calme. On reste tranquille. Zen. Et surtout, surtout : vous arrêtez de dégoiser vos conneries à la mords-moi-le-noeud.
- Mais qui êtes vous ? Pourquoi vous intervenez comme ça, dans cette émission ?
- Ha ouais, c'est vrai. J'ai oublié. Bon bah, moi c'est Zhang. Chef de guerre. Et ça c'est mes potes. Grun, Mast, Brohonk, Argolphe.
- 'Lut.
- M'sieur-dame.
- Faites excuses.
- Mais enfin, on est en pleine émission, qu'est-ce que vous venez faire ? Vous voyez pas qu'on est en train de tourner, là, avec nos caméras ?
- Ha bah parlons-en, tiens ! Et du bonheur par-çi, et du bonheur par là, et les êtres aimés de ci, et les candidats de l'amour de là, et le courant passe entre eux, et gnagnagni, et gnagnagna... Faut arrêter, là, c'est franchement con !
- Oais, il a raison, le chef. C'est vraiment de l'eau de rose.
- De la gnognote.
- Du ringard.
- Vraiment à chier.
- Mais qu'est-ce que ça peut vous FOUTRE, à la fin ? On a des millions de gens qui nous regardent, d'abord ! Merde, foutez le camp et laissez-nous bosser, quoi !
- Ha bah nan. On va pas pouvoir.
- C'est que, voyez-vous, c'est un peu délicat, mais faut qu'on vous dise : on est venus vous envahir.
- Comment ?!??! Qu'est-ce que vous dites ???
- Ben ouais, vous envahir, quoi. Vous savez, c'est ce truc qui se passe quand on prend des armes pour attaquer un peuple ennemi, le réduire en bouillie et occuper son territoire pour lui piquer son pèse.
- Mais... Je... C'est du n'importe quoi !
- Ben non, vous voyez les escadrilles de vaisseaux, là ? Ceux qui tirent leurs rafales de laser sur votre ville ? Et ceux qui débarquent troupes et véhicules ? C'est les nôtres.
- Et puis, c'est votre émission qui est du n'importe quoi. Et Gladynia, et Barturus, et des échanges d'émotion, et les candidats de l'amour... Merde, quoi, toutes ces foutaises à tourner autour du pot ! A la fin, ce qui compte, c'est qu'ils puissent baiser comme des castors !
- Mais ouais, faites-les baiser, plutôt, le reste on s'en fout !
- Mais vous n'y connaissez rien ! C'est de l'émotion, de l'amour ! C'est ça qui intéresse la ménagère de moins de cinquante ans !
- Ouais, bah la ménagère de moins de cinquante ans, elle va avoir du souci à se faire, je vous dis pas !
- Elle va passer à la casserole, mouarf !
- On va la carrer dans un chaudron, y foutre le feu, et touiller la tambouille.
- Passque bon, c'est pas tout ça, mais on a du boulot, mine de rien !
- Alors le programme, vous allez voir, c'est simplissime : on vous attaque, on vous cogne, on vous fous une râclée, on vous écrase, on vous marave la gueule, on vous sors les tripes, on vous déglingue, on vous crâme, on vous saccage, et on vous pille.
- Ouais. C'est un minimum, hein.
- Mais bon, je vous rassure, hein : d'ordinaire on est très complet dans la maraude.
- Ouais, on fait plutôt dans la minutie.
- Le sur-mesure.
- On est pas du genre à louper une belle villa ou un quartier chicos.
- Et puis bon, on a aussi des frais. Une expédition comme celle-là, ça peut pas s'improviser.
- En clair : vous allez plutôt le sentir passer.
- Voiiiiiilà. C'est l'expression que je cherchais.
- Et d'ailleurs, on va commencer tout de suite.
- Mais que... ?
- Bon bah désolé, mais la Gladynia et le Barturus, vous venez avec nous.
- Mais pas question ! Et puis vous voulez en faire quoi ?
- Ben à ton avis ? On va les vendre, tiens !
- Les vendre... ?
- Ben ouais, comme esclaves !
- Y'a pas de petites économies, mon pote.
- Allez, les deux glandus, bougez-vous le fion ! Vous prenez vos oripaux, votre brosse à dents, et vous radinez parce qu'on a pas que ça à foutre.
- Ouais, on a d'autres trouducs à voir.
Espace profond.
Date stellaire : 10672 point trois.
Chers terriens de mon coeur.
Vous avez lu la note précédente ?
On devait partir en vadrouille galactique et attaquer une planète.
ZC-Q-717, ça s'appelle.
Eh bien on y est.
ça surprend non ?
08:30 Publié dans Bibine, Brouzoufs, Baston ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, chroniques, société, de tout et de rien, science-fiction, humour, imaginaire, espace, sf, planète




