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28 février 2008
Libre parole
Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre.
C'est la grande liesse chez nous. Si vous n'êtes pas des habitués de ce blog intergalactique, vous lirez ma note précédente et vous saurez alors comment nous avons remporté notre victoire sur la flotte impériale au large de la planète Alkano. Je ne manquerai certes pas de vous compter en détail les suites de cette victoire, mais je peux dire que nous avons de bonnes raisons d'être satisfaits. L'adversaire était redoutable, et l'issue de la bataille incertaine.
Aujourd'hui toutefois, je me sens quelque peu patraque. Me demande si je ne couve pas quelque chose par chez moi. Faut dire que j'ai été sur la brèche pendant toute la durée de la bataille. Besoin de repos, et plutôt envie de glandouiller un chouilla. J'ai donc décidé de laisser la parole à mes potes.
_ Ptin, chouette !
_ Brrrruuuuuk ! Hic ! Cé bath, ça !
_ Oais, chef, va te reposer chef ! T'en a bien bzoin, après la belle bataille qu'on a menée !
Que J'AI menée ! Que j'ai menée moi ! Faut quand même pas s'tromper ! C'est moa le chef de guerre ! C'est ma pomme qu'a supervisé toutes les opérations ! Vont quand même pas s'attribuer tous les mérites non plus, ces caves !
_ Zen, chef ! Tu vois, t'as les nerfs en pelote, un rien t'énerve. Allez, zou ! File ! Une bonne roupille, une tisane, et fais-toi faire un bon ptit pompier par ta bergère. Hein, les gars ? Mouheuheuharrrh !
Mouais. Pas sûr que la bergère en question apprécie le commentaire. Bon alors. Grunmad ?
_ Ouais.
Mastokor ?
_ Breuuuups !
Argolphe ?
_ Oué.
Je vous laisse, pour cette fois, le champ libre ici. Tâchez de pas trop faire les cons quand même.
_ Meuuuuu nan, fais-nous confiance un peu, quoi ! Mahaharh !
Tu parles. J'ai les jetons quand même. Bon allez. Me casse.
SLAM
_ Ayé ! L'est parti le chef ! Bon alors. Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre ! A l'aune de notre gigantesquissime victoire de ce côté-ci de la spatialitude à l'encontre de nos merdoyants ennemis, je ne saurais vous eksprimasser notre grandissime joyeusance...
_ Oua puté, ste honte, eh !
_ Mais quoi ? Kessta, toa, le sorcier de mes deux ?
_ Eh, attend, Argolphe, moi, déjà, je t'insulte pas.
_ Bah fallait pas commencer par m'interrompre, Grunmad. Alors. C'est quoi, l'embrouille ?
_ Non mais t'as vu comment que tu causes ? "Chhhair z'hamiiii blaugueurs et internôôôtes", tout ci, tout ça, ces manières que tu te donnes, ces chichis ! La gueule qu'y vont faire, tes lecteurs de la Terre, eh !
_ Quoi ? Chuis pas assez bien pour leur causer, aux gars de la Terre ?
_ Mais arrête un peu de te la péter, tu veux.
_ Quoi ? Moi, je me la pète ?
_ Mais ouais, t'as oublié de chier droit, t'essayes d'imiter le chef et ça te réussis pas. Et puis bon, côté vocabulaire, faut repasser, passque là, ça déconne à donf.
_ Qwa, kesskil a mon vocabulaire ? L'est pas bô, mon vocabulaire ?
_ Ah bah non, carrément pas. "Gigantesquissime". "Spatialitude". "Merdoyants". Exprimasser". T'as trouvé ça tout seul ? Si t'es parti pour refaire le dico, eh bah c'est ce qui s'appelle un faux départ, tu sais ?
_ Eh, d'abord, chte frai dire, quand on fait un discours, il faut tacher de captiver son public, Moooosieur le sorcier qui pue de la gueule, et aussi de retenir son attention et d'avoir un peu d'élégance...
_ Quoi ? Kess t'a dit, là ?
_ Qu'il faut captiver son public...
_ Non, après !
_ Bah qu'il faut aussi retenir son attention !
_ Non ! Avant ! Juste entre ces deux phrases, là ! T'as dit quoi ?
_ ... Ah ben je sais pu...
_ Si-hic ! Moha je sais-hic ! Il a d-d-dit, hic, "Monsieur le s-s-s-sorcier qui p-p-pue de la gueule", hic !
_ Ah bah merci Mastokor ! Merci de t'extirper de ton coma éthylique pour jouer les cafteurs !
_ Deuheuheu rien. Brooops. Beuuuh ! Jé la gerbe !
_ Va gicler ta sauce ailleurs ! Argolphe. Précise un chouilla. Je pue de la gueule, moi ?
_ Pas qu'un peu ! Toi qui te vantes d'inventer un nouveau sort par semaine, t'en aurais pas un pour te rafraîchir le gosier ? Passke là, faut dire ! Tu fais de la concurrence sérieuse aux épandages de lisier !
_ Tu veux pas tâter de mon sort qui fait chier en continu du bon gros bousier couleur bleu pervenche fluorescent, des fois ?? Si tu veux, je te réserve une petite formule rien que pour ta gueule. Tu m'en diras des nouvelles. Et le cerclage de ta pastille aussi, mouhahahhar ! Tu vas en sentir passer, des colombins maousses ! Enormes ! De sacrées bananes à évacuer à longueur de journée ! En moyenne, toutes les dix minutes à courrir aux goguenots ! De quoi boucher tes chiottes et te noyer sous le pécu ! Et pis tu verras aussi, les traces de pneu au fond de ton calesif : à la place du marronasse puant ce sera un très joli bleu chimique qui brillera dans le noir. Mmmmh ? On pourra te repérer à l'aise comme ça. Au moins pour te filer des coups de pied au train !
_ Puuutain, qu'il est susceptible, çui-là ! Et de mauvaise foi en plus ! Eh, Mastokor ! EH !
_ Mrrt ? Skiya ? Hic.
_ Dis-le, toi, qu'il pue de la gueule.
_ Brrrreu. Comme deux tonnes de compost en plein soleil. Hic.
_ Tu vois !
_ Non, mais tu vas pas t'y mettre, toi aussi, l'alcolo ? Mais où c'est qu'il a vu des conneries pareilles, lui ?
_ Eheheh, les g-g-g-gars ! On se c-c-c-calme ! On en était à faire une note à la place du chef ! Breuuuups !
_ Ouais ! Exact ! Pour la peine, c'est moi qui vais continuer.
_ Okay, Grun. A ton tour. Fais-voir un peu de quoi t'es cap.
_ Breum-broum. Hreum.
_ Ah bah c'est déjà la classe ! Vide donc tes glaires, le magicien, tu parles d'un bouillon de culture !
_ Oh, la ferme ! Bon. Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce et belle Terre...
_ Eh, ça j'l'ai djà dit.
_ ... Je suis, sachez-le, très honoré d'avoir à m'adresser à vous aujourd'hui, eh oui, je ressens moult émotion à vous communiquer de tout mon être sensible et fragile...
_ Mahaharh ! Sensible et fragile, k'y dit ! S'ils voyaient ta vraie tronche, les pauvres !
_ ... de tout mon être sensible et fragile, l'intégralité du profond respect qui est le mien pour votre très belle planète et pour vos gentils peuples, et je me sens tout aussi guilleret qu'un tendre et diaphane colibri vibronant et recherchant l'amour dans les effluves printaniers des bourgeons turgescents se préparant à éclore avec un grand "ploup !" tout plein de sève chaude sous le bel soleil...
_ MOUHAHOUHOUHOUHAAAAHAHAHAHAHARRRRRHHH !!
_ Ben kwa ?
_ MOUHAHAHAHAHAHAHRRRRR ! Non ça va cé rien continue ! Mprffrrrrrrprhrrr !
_ Hreum. Or ça donc, sous le bel soleil, disais-jeu, tel le tout joli colibri romantique, secouant avec innocence ses jolies petites plumettes bariolées et colorées, et se tortillant avec élégance de son duveteux croupion dans l'espérance inavouée de connaître la saveur palpitante du partage de la vie avec l'être recherché et finalement aimé...
_ Eh, ho, qu'est-ce qu'il a fumé, ton colibri ? Méfie-toi qu'il se fasse pas surprendre par derrière par un énorme corbak surdimensionné, des fois ! Grunmad production présente : un film de boules d'antologie, "le corbak se prend le colibri !" Attention aux âmes sensibles, il y a des scènes cochones vraiment très hard, surtout quand le corbak arrive par derrière pour enfiler le tout pitit colibri tout frêle... MOUHEUHAHAHARRRRH ! Et pis attention aux dialogues : "Je sens ton bec, dit le corbeau au colibri _ Mmm-mm-mm-mm", répond le colibri ! MAHAHAHAHRRR, MOUHOUHOUHHAHAHAHARRR !!
_... C'est dans cet esprit, chers terriens, que je veux vous montrer à quel point suis heureux de vous connaître ! Et je me présente donc : moi ; moa ; Grunmad ; Grand sorcier mage, grand pourvoyeur de toutes les magies, noires, blanches, grand connaisseur des arcanes des fluides magiques universels...
_ C'qu'y faut pas entendre !
_ Moais - hic ! Lui qu'a pas inventé le coussin péteur - breups !
_ Et voilà ! ça a de la gueule, hein ?
_ Me dit quand même pas que t'es fier de ça !
_ Ah bah si, justement ! Je m'adresse par définition à un public écolo et pacifique ! J'ai parfaitement ciblé mon discours.
_ Arrête la déconne, mon vieux. Le terrien, il entrave que dalle à ton discours de colibri en chaleur et il a l'impression que tu le prends pour un crétin.
_ Tu crois que t'as fait mieux, peut-être ?
_ Si tu m'avais laissé finir ça aurait eu une autre gueule.
_ En tout cas, y'a Mastokor qu'a pas causé encore.
_ Hic ?
_ Oais, tiens. Cause un coup, Mast !
_ Breu... ?
_ Oais, allez, vazy ! Y'a les terriens qui te lisent, là, tout de suite.
_ Breuhops. Mneugneuheuhipsgneu, gnagneugnihehics ! Gna-grogneugnole...
_ Putain, profond !
_ Oais, transcendant !
_ ... Mgnagnignouf, hic, breuops, broups, gnouggnnon...
_ T'ain, y'a pas a dire, il nous enfonce.
_ Oais, faut reconnaître, l'a un vrai talent d'éloquence !
_ ...gnaonmqofzmqdsjmflffleufleuflafliflognagnofmqsdjflqjdvnols...
_ Eh, on dirait qu'il est vert, là !
_ Ouais. Le verre de trop, comme d'hab.
_ Meuugnlonfjslicheboum !
_ Slicheboum. Tout juste. J'aurai pas pu trouver mieux.
_ Arrête, il est de plus en plus vert.
_ Ah, merde, non ! Il va...
_ BREUUUUARRRRRRRRRGLLLLLLLLLBROUEUUUUURRRRRRRR !!!!!!!!!
_ Ah, putain, il a gerbé !
_ Oouho, putain !!
_ Eh ba merde ! Les terriens, y sont servis !
18:00 Publié dans Les Kompains de la Brute | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, imaginaire, espace
26 février 2008
On les tient par les c... !
Les lasers fusent. Mouvements désordonnés des navires enchevêtrés dans le quadrant de bataille. Partout. Nos bâtiments, croiseurs, frégates, destroyers, avisos et chasseurs, sont tous au feu. Ils enfoncent les lignes ennemies. Ici, trois de nos frégates aissaillent ensemble un croiseur impérial et lui font feu aux canons laser lourds. Submergé, il finit par exploser, projetant ses débris aux alentours. Là, c'est une nuée de destroyers autour d'un autre croiseur, neutralisant ses défenses et manoeuvrant pour l'aborder : leurs troupes d'assaut vont tenter de le capturer. Là encore, ce sont nos chasseurs qui harcèlent sans arrêt les navires ennemis avec la plus grande agressivité. Ils tourbillonnent. Virevoltent. Vont et viennent. Dans tous les sens. Je vois, à une extrémité du quadrant de bataille, une frégate ennemie se faisant sauter pour éviter la capture ; l'explosion endommage sérieusement un de nos bâtiments qui risque la perdition mais dont l'équipage pourra être secouru. Davantage au coeur de la mêlée, un destroyer impérial tente de fuir mais est rattrapé par nos vaisseaux qui l'arraisonnent et s'apprêtent à l'aborder.
C'est l'enfer. Bleu. Rouge. Vert. Orange. Les rayons. Les destructions. Le métal tordu, fondu, broyé, noirci. Des cadavres flottant dans le vide. Parfois en morceaux. Parfois mutilés. Les carcasses des bâtiments détruits, démantelés. Un destroyer en perdition. Il dérive. Il s'y trouve encore des gens en vie. Il entre en collision avec un croiseur qui n'a pas su l'éviter. Nouvelle fournaise mortelle. Les explosions se succèdent. On ne voit plus les étoiles. On ne voit plus la planète.
De mon poste de commandement, sur mon navire amiral, je reçois des émissions sur le canal de bataille :
_ ... Escadrille 5, j'en ai trois sur le râble, venez me filer un coup de patte !
_ Non, tu en as quatre au viseur ! Tiens le coup, on rapplique ! J'en aligne déjà un ! Feu ! Je l'ai eu !
_ Y sont pas assez mobiles, mais y sont nombreux et collent pire que des morbaques ! J'en vois six qui foncent sur l'escadrille 8 !
_ Merde ! Missile ! Missile contre moi ! J'ai plus de leurre ! Evitement ! Evitement !
_ Passé à côté ! T'as eu une veine de cocu, mon enfoiré !
_ Ici frégate "Hache de guerre" ; en difficulté contre deux destroyers ennemis. Réclame tir de soutien urgent !
_ Ici croiseur "Ekraze-Tronche" ; Bien reçu ; on a tout ce qu'il faut pour toi garçon, que dis-tu de ça : trois tirs au canon lourd sur ta position. C'est parti, maintenant !
_ De "Hache de guerre" ; L'un des deux a tout reçu en plein dans la poire ! Y'a plus un pet de poussière ! Bien visé, les gars. On va finir l'autre à l'aise maintenant !
_ Ici kapitaine Xokos. Avons pénétré dans croiseur ennemi avec mes kommandos. On a pris la salle des machines. On contrôle les modules énergétiques et les modules armements. On remonte les couloirs, mais l'ennemi tient toujours son poste de commandement et les organes principaux du vaisseau. Nos sorciers ont tenté de brûler l'ennemi à la magie derrière leurs défenses mais les sorts ont été retournés contre nous. On a de lourdes pertes. Réclame renforts. Peut-on m'envoyer trois-cent ou quatre-cent mecs ?
_ Kapitaine Xokos, ici chef des opérations sur Ekrabouillator. Tu auras cent types seulement. Pas plus. On te les envoie par transport. Ramène-nous ce navire !!
_ Ekrabouillator de Xokos. Je ferai avec les cent. Mais mettez-moi un ou deux bons sorciers avec ! Ces enculés se défendent comme des démons !
_ Ici destroyer Kasstêt'. J'ai détruit six frégates ennemies avec mon groupe. Il ne reste plus que moi. J'ai plus de boucliers. Des gros trous dans la coque. Sous gravité zéro dans la plupart des secteurs. Mon équipage décimé. Demande autorisation de retrait.
_ Kasstêt' : tu t'es bien battu. Félicitations. Suis la ligne de retraite prévue jusqu'au point numéro un et fais-toi faire les réparations les plus urgentes.
Un croiseur de ligne en perdition. Un impérial. Il évacue son équipage. Par navettes, mais il y a des mecs isolés qui vont jusqu'à foutre le camp en combinaison spatiale individuelle. Nos chasseurs en font un massacre. Pas de prisonniers. Quand au bâtiment, ni sa direction ni sa vitesse, ni son assiette ne sont plus maîtrisés. Il dérive. Putain ! Droit vers nous ! Alerte collision ! Il va nous percuter par le cul ! Tir au plasma ! Allez ! Dégommez-le ! Augmentez notre vitesse ! Basculez sur tribord ! Fondez-moi cet enculé ! Encore des tirs ! Tous les vaisseaux aux alentours : dégommez-moi ce connard !
Nous sortons de sa trajectoire. Il explose. Lentement, tranche par tranche, comme une brioche. On l'a échappé belle, il nous aurait éclaté en pleine poire.
On reprend la position initiale. Au coeur de la mêlée. Tir actif de soutien contre l'ennemi. En simultané : tir de barrage contre trois groupes de croiseurs sur notre aile bâbord ; tir de neutralisation sur frégates menaçant nos lignes droit devant ; tir continu sur station spatiale ennemie en orbite d'Alkano, tribord avant. Envoi d'escadrilles de chasseurs en soutien. Au plasma. A la torpille. Au missile. Au laser. Nous fonçons.
Je donne l'ordre : sept frégates contre deux croiseurs ennemis sur tribord avant. Qu'elles les capturent ou qu'elles les détruisent. Elles s'avancent. Essuient un feu défensif costaud. Tir d'appui venant de nous. Trois destroyers ennemis en renfort de leurs croiseurs. Bataille locale, intensive. Echanges de tirs multiples. Nous essuyons des tirs. Cinq coups au but. Les boucliers tiennent à l'aise. J'envoie une frégate en soutien. Un premier croiseur ennemi faiblit et annonce sa reddition. Son abordage va commencer. L'autre bâtiment continue le combat. Il nous détruit un destroyer et nous endommage deux frégates. Il est finalement anéanti.
Au début de la bataille, les enfoirés ont tenté de nous déborder sur nos deux ailes pour une manoeuvre d'enveloppement. Prévisible. Nous avons étendu nos lignes et repoussé les assauts. Puis le centre de notre formation s'est avancé à son tour à l'ennemi en même temps que nos ailes. C'est là que nous avons brisé les lignes ennemies et que nous nous sommes avancés au coeur de son dispositif. Afin de couper sa formation en deux et de parvenir à une dispersion de ses forces. Ce fut la mêlée. Acier et feu. Engagement maximum, d'une très grande intensité. Des heures et des heures durant. Longtemps indécis. Pertes importantes, encore acceptables. Je me suis donné à fond dans cette bataille. Je suis épuisé. Mais nous avons gagné. La flotte impériale est en déroute.
Nous avons vaincu !
23:00 Publié dans Bibine, Brouzoufs, Baston ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, espace, imaginaire
22 février 2008
Le Mort-vivant
Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre. Avez-vous déjà eu en face de vous un mort-vivant spécialisé dans le crime organisé ? Non ? Alors prenez la mesure de mon privilège. J’ai véritablement le don de me trouver en face des personnages les plus gracieux de l’univers.
Voyez donc.
Le brillant exemplaire avec lequel j’ai présentement l’honneur de tchatcher s'appelle... à vrai dire son identité m’est inconnue. Peu de gens connaissent son véritablenom. C’est meilleur pour les affaires. Il se fait appeler Tangalore – pseudo dont j’ignore l’origine. C’était autrefois un prince planétaire, tout ce qu’il y a de plus noble, déchu à la suite de je ne sais quel acharnement du sort. Devenu mort-vivant par désespoir et par la grâce de la magie noire, reconverti dans les affaires maffieuses, il a su prospérer dans le crime organisé avec beaucoup de maestria. Il y en a peu dans l’univers qui peuvent se targuer de se faire du fric comme lui. Un mort-vivant bling-bling, en somme.
Sur le plan physique, ce n’est plus qu’un squelette animé.
Il n’a plus d’yeux, mais il voit comme vous et moi. Il pousse le snobisme jusqu’à fourrer sur iceux une paire de lunettes de soleil. Une casquette blanche renversée est vissée sur le sommet de son crâne. De longs cheveux - sûrement une perruque - cascadent dans son dos. Un cigare est planté entre ses dents, un verre de whisky est coincé entre les os d’une de ses pognes – ne me demandez surtout pas comment il arrive à taffer ou à picoler, il n'a plus rien dans la gorge ni dans la cage thoracique. Des chaînes en or pendouillent sur son thorax. Deux pépées, des humaines du genre canon, minaudent auprès de lui ; il prétend les niquer comme s’il avait ce qu’il fallait entre ses tibias et bien plus encore.
Très curieusement, le bonhomme a décidé de me rendre une petite visite sur mon navire amiral. C’est assez rare qu’un personnage tel que celui-ci se risque à sortir de sa tanière ultra-sécurisée. Je me demande ce qu’il a derrière son crâne.
_ Zhang, mon poto, veux-tu t’envoyer un rail ?
Souffrirais-tu un peu que l’on s’encanaille ?
_ Pas mon genre.
_ Or ça, point de ton goût serait la poudre magique !
En ce cas, avec les femmes, sachons nous servir de nos triques !
_ J’ai ,bien merci, tout ce qu’il faut chez moi !
_ Allons, te voici rabat-joie !
J’ai oublié de vous préciser que le loustic se pique de ne causer qu’en vers – ceux-ci fort mauvais, vous en jugerez. Du moins s’accorde-t-il à doter toutes ses phrases de rimes avec une emphase surabondante. Et pétard, qu’est-ce que c’est gonflant ! !
Mais vous savez quoi ? Le pire, c’est que ça façon de causer, à la longue, est communicative !
_ Tu sais bien mieux que moi qu’une bonne bourre,
rend de bonne humeur durant tout le jour.
Et ce qui garantit sa propre longévité,
C’est la multiplication des occasions de tringler !
_ C’est qu’il y a un temps pour tout…
_ Tu as raison, ne soyons pas fous !
Nous avons amplement de quoi causer,
Et dans ma forteresse tantôt m’en doit retourner.
_ Que me vaut donc votre visite ?
_ Je m’en vais te le dire de suite.
Tu pars, sans vergogne, la fleur au fusil,
Tu escomptes mettre une belle raclée,
A ceux que tu vois comme tes pires ennemis.
Mais ceux-ci font exprès de s’exposer.
Tiens donc. Il m’intéresse, le macchab.
_ Soyez plus précis. Que voulez-vous dire ?
_ Que c’est dans une embrouille qu’ils t’attirent.
_ C’est un piège, vous pensez ?
_ Non, c’est bien plus compliqué ;
Mais mes informations sont limitées.
Je sais qu’un personnage important est arrivé.
J’ai une idée de son identité.
Il s’agit sans doute du primipile du convent du Calice. Rien de très surprenant, pour l’instant. Je ne comprends toujours pas pourquoi ce caïd macchabée s’est tapé son déplacement (chiasse de merde ! je fais des vers à mon tour ! quand je disais que c'était communicatif !). S’il croit qu’il m’impressionne, il se fout ses os dans ses orbites.
_ Je sais de qui il s’agit.
_ Tu dois sûrement te tromper.
_ Que ne m’aurait-on dit ?
_ C’est un secret trop bien gardé.
_ Pensez-vous me mettre sur la voie ?
_ Cela se monnaye, mon cher.
Mais tu en auras le cul à terre.
Ne t’impatiente donc pas !
Bon ! Il essaye de me faire payer ses informations. Je n’aurais peut-être pas du le laisser monter à mon bord.
_ Qu’attendez-vous de moi ?
_ A vrai dire : une implantation.
Akalno est une intéressante proie.
Et la guerre sème la confusion.
_ Vous voulez que je favorise vos activités…
_ … Lorsque tu y auras repris pied.
_ Vous vous ferez du pèse sur notre dos.
_Tu t’en fais bien sur celui des humains.
Mais avec nous, tu auras ta part du magot.
On ne te traitera pas comme un chien.
_ Autrement dit : un deal équilibré.
_ Tu comprends vite : c’est une qualité.
Bref. Je reprend ma planète aux impériaux. Je laisse Tangalore s’y implanter, y monter des affaires pépère, en échange de commissions juteuses et surtout d’une info que je n’ai pas concernant les impériaux qui voudraient peut-être me manipuler en se servant de l’attaque d’Alkano. Tu parles d’un accord. Si j’accepte, j’ai parfaitement conscience de jouer avec le feu. Ces mafioso sont particulièrement retords et dangereux. Ils jouent leur propre jeu, en fonction de leur intérêt. Néanmoins, j’ai un tempérament de joueur. Et puis, qu’est-ce que je risque ? On ne s’en prend pas à moi comme ça. Même Tangalore n’y trouverait pas son compte.
_ Êtes-vous sûr de la valeur de votre information ?
_ Les conséquences sont à ne pas négliger.
Tu en auras forcément l’utilité.
_ Ne me prenez pas pour un con.
_ Loin de moi cette idée !
_ Alors allez-y, lâchez la sauce !
_ Voilà qui tombe bien : tu me donnes ma rime.
Le personnage en question se nomme Anténaos.
_ Sans déconner ! Vous vous foutez de moi !
_ Mais non ! Tu devais finir ta phrase en " -im " !
Tu bouleverses mon canevas.
_ Vos vers ne m’intéressent pas.
_ Mais tu respecteras mieux notre contrat…
J’en suis certain, tu verras !
Nous ferons ensemble de bonnes affaires.
_ Vous n’avez pas à vous en faire.
_ Bravo ! C’est ce qui s’appelle du grand art !
Je n’en attendais pas mieux de ta part !
_ Saloperie de bordel de merde de putain de cul de chiasse.
_ Ah non ! Là tu es dégueulasse !
Je ne sais pas ce qui se passe, mais ça sent le coup fourré. Ça pue, mais alors, très fort. Que le convent du Calice attaque une de nos planètes, c’est ce qui s’appelle la routine. Que son primipile soit présent pour mener les opérations, c’est moins commun. Mais la présence d’Anténaos, là, ça dépasse ma compréhension. Il s’agit tout simplement d’un prince impérial, cousin de l’empereur. Le chef de la branche cadette de la famille impériale, et le premier dans l’ordre de succession au trône si l’empereur ne devait pas avoir d’héritier en ligne directe. Ce qui est le cas.
Je ne sais pas à quoi m’en tenir. Je ne sais pas dans quoi je mets les pieds. Nous sommes très probablement instrumentalisés. Merde. Faut quand même pas que je fasse des vers, comme ce sale con de Tangalore.
18:30 Publié dans La Brute au taf | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, espace, imaginaire
20 février 2008
A l'approche de l'ennemi
Notre voyage spatial se poursuit. Nous nous approchons peu à peu de notre objectif. Dans quelques temps, nous pourrons fourbir nos armes. A bord, ces derniers temps, j’ai eu beaucoup à faire pour apaiser l’animosité naissante entre les Garbondes et nos gars. Grunmad avait raison ; l’espèce de farce qu’il a mis au point avec Mastokor m’a bien fait rigoler. La surprise a été tout bonnement grandiose pour la cinquantaine de Garbondes qui avait pris une de nos soutes à munitions pour un coin à orgies partouzardes et alcoolisées. Episode que par ailleurs je n’avais guère apprécié. Lorsqu’ils le peuvent, ces types ne loupent aucune occasion de nous faire marron. Il faut sans cesse leur tenir la bride.
Aussi, les barriques de vin animées, pourvues de phallus hypertrophiés crées par notre jeteur de sorts professionnel ont fait merveille. Elles étaient dotées de la volonté déterminée d’utiliser leurs membres sur le moindre petit Garbonde montrant le bout de son pif enfariné. A un tel point que les malheureux qui les ont subi ont du se faire soigner séance tenante dans notre hôpital de bord. Ils ont eu droit à un ramonage en règle, de tout premier choix, à un rythme endiablé, pendant des plombes. Comme le disait Grunmad, ils n’ont plus qu’à chier du liquide avec une paille.
Bon, faut dire ce qui est, c’est bien fait pour leur gueule. Leur petite sauterie nous a quand même coûté bonbon. C’est pas moi qui vais blâmer mes gars pour cette initiative. Je ne peux pas me permettre de tels écarts de conduite à bord de mon navire amiral.
Seulement, se faire douloureusement enculer, que ce soit par des barriques de vinasse animées ou par tout ce qu’on voudra, ce n’est pas vraiment de nature à convenir à des types aussi fiers, vindicatifs et aussi peu portés sur ce genre de chose que les Garbondes.
Imaginez les bonshommes : gras, musclés, moustachus, poilus, le pet alerte et le rot tonitruant ; le tatouage vert sur la peau, le sourcil frémissant, l’haleine de chacal, l’aisselle puant la croûte de fromage, le pied baignant dans la sueur et le champignon, et un caractère pas du tout commode.
Comme nous, ils ont une nature rancunière. Les congénères des pauvres types poursuivis et coincés par les barriques lubriques on réclamé vengeance. Des échauffourées ont eu lieu. Plutôt mal venu, au moment où nous nous apprêtons à lancer une contre-attaque d’importance contre un ennemi autrement plus redoutable. Ce qui nous sauve un chouilla la mise, c’est que ces pauvres types sont bourrés de superstitions et ont une trouille bleue de la sorcellerie. Et nous autres, en matière de sorcellerie, on est pas des manches.
Ça n’a pas empêché l’autre taré de roi Garbonde de faire son mécontent ; il a sauté sur l’occasion pour quémander son petit dédommagement. Il a fallu le calmer à coup de bouffe, de bibine, et lui promettre une part plus importante du butin que nous prévoyons de faire sur Alkano. Pour ce que je m’en cogne. Les Garbondes, je les ai prévus comme la chair à canon idéale pour se faire trucider alto fortissimo par ceux d’en face. Point barre.
Pour changer de sujet, nous avons eu la chance de détecter des navires impériaux patrouillant dans le système où se trouve Alkano. Le convent du Calice prend ses précautions ; il fait surveiller ses arrières, histoire d’éviter les surprises. Ces navires ne nous ont pas repérés. De sorte que nous avons pu recalculer notre route pour les éviter. Ils ne nous verront en masse qu’au dernier moment. Nous devons jouer l’effet de surprise a plein.
Nous sommes également tombé sur des bâtiments de commerce. Ce n’étaient pas des impériaux, sinon nous nous serions fait un plaisir de les arraisonner, de faire main basse sur leur marchandise et de capturer leur équipage. Nous leur avons acheté, outre de la crème fraîche pour nos fraises – voir note précédente – quelques informations intéressantes. L’expédition sur Alkano est menée par le primipile du Convent du Calice en personne. Comme je suis généreux et que vous gagnez à être un peu moins con à force de me lire, n’est-ce pas, sachez que l’on nomme primipile le commandant en chef d’un convent. Je sais, ça vous rappelle un peu votre Rome antique. Mais chez ceux d’en face, le sens n’est pas tout à fait le même, puisque ce terme sert à désigner le premier parmi les officiers supérieurs d’un convent a bénéficier du droit de s’adresser à l’empereur. Ce qui lui accorde une prééminence.
En tout cas, la présence de ce primipile, menant lui-même ses opérations sur notre planète, n’est pas anodine. Il ne s’agit pas d’une opération ordinaire. Il y a quelque chose qui me paraît bizarre.
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18 février 2008
Un rapport de bataille
A l'heure où nous nous rapprochons de notre objectif, voici quelques lignes extraites d'un rapport qui nous parvient des troupes qui combattent sur Akalno, adressé au quartier général du clan Maklab.
"... J'ai dépêché plusieurs escouades pour secourir la forteresse d'Alangsam sur le fleuve Alang. Elle est tombée dans une embuscade et a dû battre en retraite après avoir subi d'assez lourdes pertes. Aussi, il me paraît difficile à présent d'envisager une quelconque action permettant le dégagement complet d'Alangsam, sans dégarnir dangereusement notre front. Nous disposons encore d'une couverture aérienne solide, qui permet de ralentir l'ennemi et d'expédier à la garnison des munitions et du ravitaillement. Notre dispositif d'artillerie est également encore assez complet. Je crains cependant qu'à terme Alangsam ne soit coupée de notre ligne de front et ne doive entrer en siège. L'ennemi procède à une manoeuvre d'enveloppement qui progresse de façon critique. Je sais assez l'importance de cette forteresse qui commande l'accès à la vallée de l'Alang et à ses industries pour recommander à nos troupes de lutter avec une détermination farouche. Je sollicite par ailleurs vivement l'envoi de renforts.
Une bataille de chars s'est déroulée pendant quatre jours sur notre front sud, à l'initiative de l'ennemi. Le choc a été brutal, frontal. Les moyens mis en oeuvre par l'ennemi, complétés par de l'artillerie et une aviation importante, ont été colossaux. L'issue a été indécise, mais nous avons pourtant tenu l'ennemi en échec et avons pu le refouler. Cette victoire a permis de stabiliser la situation sur cette portion du front, mais l'ampleur de nos pertes à été tel que mon état-major m'indique que nous risquons de perdre l'initiative ; l'ennemi dispose de grandes capacités de réorganisation, et nous nous attendons à une reprise de l'offensive dans très peu de temps. Notre approvisionnement en carburant et en pièces détachée est également critique.
Une série de contre-attaques dans le même secteur n'a pas permis de faire évoluer la situation favorablement pour nous. Nos kapitaines ont sollicité des autorisations de retrait afin d'établir des lignes de front plus faciles à défendre. Je n'ai pu que leur accorder. Certains d'entre eux ont opéré des retraits tactiques ingénieux et sont parvenus à donner de spectaculaires coups d'arrêts à l'avancée de l'ennemi. Tous savent cependant que cela ne fait que reculer l'inéluctable. Je ne saurais dire que les mentalités de nos combattants sont imprégnées de défaitisme, mais cela se voit que bien des officiers et des hommes de troupe ne se font plus beaucoup d'illusion.
Au nord, la ville d'Oxiandre a fait l'objet de combats particulièrement acharnés. Nos troupes qui s'y étaient retranchées se sont adonnées à la guérilla urbaine ; elles ont repoussé les assauts ennemis pendant plusieurs semaines, avant d'évacuer la cité. Par la suite, Oxiandre a été reprise, abandonnée, puis prise à nouveau par nos troupes. Les lourdes pertes infligées à l'ennemi ne sont pas une consolation pour nous. La pression est telle que nous allons devoir abandonner définitivement la cité.
Par ailleurs, nous devons faire face à une nouvelle offensive, comme suite au nouveau point de débarquement ennemi que nous n'avons pu réduire dans la région d'Hofis. Notre barrage d'artillerie et nos contre-attaques se sont avérées insuffisants. L'ennemi a pu réussir une percée en profondeur qui nous a stupéfiés. Notre ligne de front dans ce secteur risque d'être submergée."
Voilà. Je n'ai qu'une chose à dire : ça craint.
Vivement qu'on arrive.
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Quelque part, encore dans l'espace
_ Ces connards de Garbondes. Faut vraiment se les colletiner.
_ Ouais. Quand on les a embarqués, je sais pas pourquoi le chef ne les a pas répartis sur plusieurs vaisseaux au lieu de les foutre tous sur l'Ekrab'.
_ Ben ouais, mais sinon c'est dans tous nos vaisseaux qu'ils auraient foutu leur bordel. Valait mieux les avoir sous les yeux tous ensemble. Plus facile à contrôler.
_ Ben comme ça on a du bordel tout bien concentré. C'est du propre.
_ Grunmad, faudrait quand même avertir le chef, sur ce coup-là. Une orgie dans une soute à munitions ; quatre barils de pinard crevés, toute la vinasse répandue sur les cartouches. Des modules numériques bousillés, du matos inutilisable. Franchement, ça craint. Et bien sûr, z'ont aussi chié, gerbé et pissé partout. Tu parles d'une délicatesse.
_ Y trempe son biscuit, le chef. Vaut mieux lui foutre la paix pour le moment.
_ Le roi Garbonde aussi, y trempe son biscuit.
_ Ouais. A l'oreille, impossible de s'y tromper. Quand y tringle, on l'entend tout autour de sa cabine à des mètres à la ronde. Y gueule comme un mammouth et y fait trembler le sol.
_ Pétard, ouais. Y'a plus moyen de s'entendre quand on passe à côté de chez lui.
_ Et question voix, il est pas commun. Y donne dans tous les registres : baryton, basse, fausset. Y fait dans le grondant féroce, dans la tyrolienne endiablée, la comptine, la berceuse, la charge héroïque, le sanglier pourchassé, l'évier qui se vide !
_ J'essaye pas d'imaginer le catalogue de ses positions de cul. 'Doit être horrible.
_ Note bien qu'à chaque fois y'a que lui qu'on entend gueuler. Jamais ses femmes.
_ Ses femmes ??
_ Ben ouais, ses femmes. Le bonhomme a rappliqué avec toute sa smala.
_ Sa smala ? N'empêche, ça me rassure. Je me disais bien qu'une seule pauvre fille ne pouvait pas se taper ce morceau à elle toute seule. Puuutin, j'imagine la tronche du chef ! Déjà qu'il était pas tellement joisse de voir que le roi tenait absolument à accompagner ses troupes lui-même.
_ Oué, ça tu l'as dit. Alors déjà, le contingent de Garbondes en soi, ça craint. Mais en plus le roi Garbonde, avec ses femmes Garbondes, sa bouffe garbonde, ses bagages de garbonde, son hygiène de garbonde, sa musique garbonde, ses domestiques Garbondes, sa garde rapprochée Garbonde, eh bah merde, c'est la cerise sur le gâteau !
_ Mais combien il a de femmes ?
_ Je sais pas. Personne les a vues, il les cache bien. Mais y'en a un paquet.
_ Pétard. Les pauvres. Subir la masse de ce gonzo sur le râble, ça doit pas être facile tous les jours.
_ Attends ! Le mec ne déssoule pas depuis qu'il a embarqué. Il picole, il baise, il bouffe, il roupille. Nos larbins n'osent pas entrer dans sa cabine, tellement ils ont peur de voir l'état dans lequel il la laisse. Du dehors, ça pue la sueur, la pisse séchée, la gerbe, la partouze marinée.
_ Super.
_ Il assiste pas aux réunions d'état-major...
_ Ah bah ça c'est pas vraiment une perte. Pour lui, causer stratégie et tactique, ça consiste à roter pendant quinze secondes d'affilée.
_ Ouais : en époussetant ses pellicules sur ses épaules, il compte ses armées !
_ Pour lui, un rot égale un mouvement de troupes.
_ Un pet, c'est une charge de blindés !
_ S'il se frotte sous les aisselles, c'est une revue de détail !
_ Et quand il a la gerbe, il ordonne la retraite !
_ Tu vois : pas besoin d'interprète avec lui ; tout le monde peut le comprendre avec des gestes simples et faciles.
_ Avec lui la communication universelle fait un pas de géant vers un progrès certain.
_ MOUHAHAHAHA !!
_ WAHAHAHAHAHA !
_ Sérieusement. Le trouduc accompli qu'il envoie à sa place aux réunions pour le représenter, il entrave que dalle à ce qu'on dit et après y fait l'important. Alors du coup, le roi ne tient pas ses troupes.
_ D'où le merdier dans la soute à munitions.
_ Entre autres.
_ Tu sais quoi, Mastokor ?
_ Non.
_ Les Garbondes, pour le coup qu'ils nous on fait dans la soute.
_ Ouais.
_ On devrait régler ça nous-mêmes.
_ C'est-à-dire ?
_ On identifie les types qui on fait ça, on les chope en douce, et on leur donne une petite leçon. A notre manière.
_ Quelle genre de leçon ?
_ J'ai justement un petit sort de côté qui devrait ravir ces connards au plus haut point. Du sur mesure. Fignolé aux petits oignons. Ciselé faut voir comme, avec beaucoup d'amour.
_ Tel qu'on te connais, ce serait du pipi-caca à toutes les sauces ?
_ Ah ça, je sais faire. Mais celui auquel je pense fait dans l'hallucinogène. Les trous du cul n'en croiront pas leurs mirettes : à force de penser orgie, eh bah c'est des barriques de bibine qui prendront vie et qui se précipiteront sur eux. Et le fignolage va loin : les barriques, elles auront d'énormes phallus sur leur pourtour ; elles courront après les autres cons pour se les choper dans les coins bien moites et sombres, et se les envoyer sans tendresse ni chichis. Autant de romantisme, je suis sûr qu'ils vont a-do-rer ! Et je peux t'assurer qu'ils auront un sérieux mal au cul, après un ramonage de cette qualité. Y devront repenser leur cerclage de pastille. Chier du liquide avec une paille pendant des semaines. On les verra pleurer leur mère avant le débarquement !
_ Et qu'est-ce qu'on dit au chef ?
_ Vu les bonzommes qu'il se colletine, ça le fera sûrement marrer.
_ Alors, en piste.
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08 février 2008
En route, dans l'espace
_ Récapitulons. Faut quand même qu'on y voie clair.
_ Chef, j'y suis pour rien.
_ Parce que là, pétard, ça part vraiment dans tous les sens !
_ Le chef a raison. Même que moi aussi, je trouve que c'est quand même n'importe quoi !
_ Ne pas prévoir un truc pareil !! Franchement, pour une expédition spatiale de ce genre, non mais où on va ?
_ Il a raison, le chef ; ça merde vraiment !
_ Arrête de faire de la lèche, Argolphe. T'es aussi responsable que les autres. Et peut-être même un chouilla plus.
_ Quoi ?? Tu te fous de moi, le sorcier d'opérette ? Tu crois que tu donnes l'exemple en faisant le donneur de leçons ? Non mais je rêve.
_ Attends, déconne pas. Au départ, c'est toi qui était chargé de la logistique.
_ Avec Mastokor.
_ Mmmmrrh ? S'ki y'a ? Hips !
_ Oué bah c'est pas avec lui que tu vas soutenir un débat pendant trois plombes, vu qu'il s'est encore envoyé quelques bonnes doses de liqueur. Tu ferais mieux d'accepter de prendre sur toi, Argolphe.
_ Eh, oh, t'arrêtes de me prendre pour un con, ou quoi ? Grunmad, je t'ai déjà dit : l'embarquement, pour chaque vaisseau, des fusils, des armes de poings, des munitions, des grenades, des roquettes, des lance-roquettes, des armures de combat et de tout l'équipement de base, c'est l'autre alcolo qui en était chargé.
_ Et les lance-ffffffflammes ? C'est qui les lance-ffffflammes, uhu ?
_ Les lance-flammes, Brohonk, c'est Mastokor aussi.
_ Ehehehet, y sohont bien tous là, leeees lance-ffffflammes ?
_ Ben, demandes-y à Mastokor... Ho, Mastokor.
_ Rrrrrrrrronfl-rrrrrrrrr-ronnnnnfl-rrrrrrr-hips-rrrrr...
_ Eh bah y cuve, ça se voit pas.
_ Mémémé, les lance-ffffllammes ?? Ouh, brûle, brûle !
_ Oh, ça va, Brohonk, on se calme. Y sont tous là, tes petits bijoux, c'est moi qui te le dis. Reste bien zen. Non mais ho, Argolphe et Grunmad, ça va pas, non, vous êtes pas bien de l'asticoter ? Vous savez très bien que s'il pète un câble on aura du mal à le maîtriser ! Vaut mieux qu'il aille faire le zinzin devant l'ennemi que dans notre vaisseau. Surtout qu'effectivement, je vous le rappelle, on est dans un navire de l'espace, et pas n'importe lequel.
_ Ouaip !! C'est notre superbe Ekrabouillator, notre navire amiral, un des plus puissants de la galaxie, et conçu par qui ? PAR BIBI !! Alors ? Hein ?
_ On sait. Fais le fier si tu veux, mais ça règle pas notre problème. Putain, merde, quelque chose d'aussi essentiel que ça dans une expédition comme celle-ci !! Y'a vraiment de quoi se la prendre et se la coincer dans une pince !
_ Où s'qu'on en était, d'ailleurs ?
_ On en était que comme je disais, en gros, l'embarquement des armes et des munitions, c'est l'éponge, là, qui en était chargé.
_ MMMbfffelellllebrrrh ! Hic !
_ Mais laisse-le donc roupiller !
_ Et puis l'embarquement, pour chaque navire, y compris celui-ci, de l'artillerie, des lasers lourds, des véhicules légers, des 4x4 et des camions, des chars et des blindés en tous genre, des chasseurs, et aussi de leurs munitions et de leurs carburants, bref, tout le matos lourd, eh bah oui, c'est moi !
_ Et alors ?
_ Et alors !? Mais on parle bien de logistique, non ? C'est à propos de ça qu'il m'emmerde, depuis tout à l'heure, le Grunmad.
_ Ouais bah reposons-lui la question, passque moi j'ai pas tout compris. Grunmad. Faut préciser le problème.
_ Eh bah. Ceux qu'on prévu l'organisation de la logistique dans notre expédition sur Akalno, c'est bien Argolphe et Mastokor ?
_ Jusque-là, tu te trompes pas, on est d'accord.
_ Et les approvisionnements, alors, c'est qui ?
_ Mais ça dépend ! Les approvisionnements en quoi ?
_ Mais, bordel à queue de putain de foutre de merde, ça fait des jours qu'on est dans l'espace, qu'on se prépare au combat, qu'on s'entraîne comme des forcenés, qu'on sue comme c'est pas possible, qu'on révise nos armes, qu'on les customize, qu'on étudie les cartes du patelin par coeur, ainsi que l'ennemi sous toutes les coutures au poil de cul près, bref on prépare tout pile-poil...
_ Arrête d'en faire des tonnes !
_ ... Mais, chef, c'est quand même épouvantable !
_ C'est vrai que c'est plutôt gavant.
_ Ben ouais, quoi, personne est foutu de dire comment ça se fait qu'on trouve pas, dans aucun des vaisseaux de notre flotte, un liard de crème fraîche pour les fraises ???
_ Eh bah voilà ! C'est bien ce que je pensais ! Tu confonds logistique et approvisionnement. La bouffe, c'est pas pareil que les armes. Donc, c'est ce que je dis depuis le début, si y'a pas de crème fraîche en réserve, c'est pas ma faute ! C'est celui qui était chargé des approvisionnements en bouffe qui l'a oubliée, la crème ! Pétard, franchement, Grunmad, pour confondre comme ça, viens pas dire que t'es pas branquignol !
_ Ho, ça va, hein, tu veux une boule de feu dans la gueule ?
_ Un boule de feu dans un vaisseau, je voudrais bien voir ça !
_ Arrêtez vos conneries. Bon. Il est clair que la crème pour les fraises, c'est râpé, si j'ose dire. Jeum trompe ?
_ Ben, faut dire.
_ Alors voyons simplement ce qu'on pourrait y mettre pour remplacer ! J'attends vos propositions. Grunmad ?
_ Du chocolat chaud !
_ Avec des fraises... Mouais. Brohonk ?
_ Fraises. Faire flamber, fraises. Crâmer, fraises, brûler, brûler, fraises, ouaiiiis.
_ Mais avec quoi ?
_ Mmmbeulmrmmrh, bah 'vec deu la gnole, Hips.
_ Ouais, Mastokor. Argolphe ? Une idée ?
_ Du miel !! Non, du sirop d'érable ! Avec des amandes et des noix de cajoux !!
_ Ah, bah de ça, y'en a pas non plus !
_ Pétard, mais c'est pas vrai !!!
_ Putain, cette expédition, elle va mal commencer, je sens !
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06 février 2008
Un peu de sérieux
Je reçois des rapports en provenance de la planète Akalno.
C'est le merdier, là-bas. Les gars du clan Maklab sont dépassés. Les défenses spatio-planétaires sont sur le point de tomber. Des unités ennemies ont même déjà été envoyées sur la planète même, en certains endroits faiblement défendus, en attendant les grandes vagues de débarquement terrestre. Il semble que les impériaux veulent être en mesure d'établir une tête de pont dans des délais assez brefs, afin de lancer de rapides offensives.
C'est ce à quoi je m'attendais. Les Maklab sont cependant parvenus à retenir l'ennemi pendant un sacré bout de temps. Akalno est défendue par trois bases spatiales orbitales, qui chacune semblent avoir lutté jusqu'au bout. L'une d'elle a été entièrement prise, les défenseurs d'une autre n'ont pas hésité à se faire sauter avec leurs attaquants, détruisant même des bâtiments ennemis malencontreusement restés aux alentours immédiats ; quand à la troisième, les combats sont encore en cours mais ce n'est plus qu'une question d'heures avant qu'elle ne tombe à son tour. Une fois les bases hors d'état de combattre, rien ne pourra empêcher un débarquement massif des armées ennemies sur le sol d'Alkano. On ne sait pas encore quel est l'état de leurs forces à ce niveau, mais les Maklab auront fort à faire pour les retenir.
Les humains doivent toutefois déplorer des pertes plus lourdes que ce à quoi ils s'attendaient, pour cette première phase de la bataille. Le poids de l'offensive a été surtout porté par les chasseurs spatiaux et les troupes de commandos qui sont intervenus dans l'attaque des bases orbitales. Ces derniers ont dû se battre pied à pied, salle par salle, couloir par couloir. Les bâtiments lourds de l'ennemi on été gênés dans leur tentatives d'appui-feu par les défenses de nos bases.
Nous avons davantage d'informations sur nos ennemis. Nous savons à présent à quoi nous en tenir. Et je dois avouer qu'il ne s'agit pas d'une bonne nouvelle pour nous. En effet, il semble que nous ayons le Convent du Calice en face de nous. Des armées particulièrement redoutables.
Je signale entre parenthèses que les humains de l'Empire ont une organisation féodale. Un empereur au-dessus ; la famille impériale ; le gouvernement ; la cour. Le tout chapeautant une noblesse très disparate qui s'appuie sur la possession foncière planétaire et sur les charges militaires et religieuses prestigieuses. En gros, à la base, un seigneur tient une planète en fief de son suzerain, lequel tient, lui, tout un système planétaire en fief de l'empereur ou bien d'un autre suzerain, ce dernier ne pouvant posséder plus de trente systèmes. Un seul type appartenant à une même famille depuis des siècles et des siècles règne ainsi sur des millions de planètes. Il est interdit aux seigneurs planétaires d'armer une flotte spatiale militaire capable de franchir une distance plafond, afin d'éviter les guerres privées entre seigneurs. Le monopole de l'utilisation des vaisseaux à long rayon d'action appartient à deux sortes d'organismes placés directement sous l'autorité de l'empereur : les convents, sortes de confréries militaro-religieuses qui constituent les armées régulières ; et la garde impériale, qui s'occupe essentiellement d'innovation technologique.
Déjà que les impériaux ne nous apprécient pas particulièrement - ce qui n'est pas sans étonner vu le nombre de leurs planètes que nous avons envahies et complètement pillées - mais alors, là, c'est le ponpon. Le Convent du Calice est particulièrement tenace et opiniâtre lorsqu'il nous traque et nous combat. A vrai dire, ils nous considèrent comme les pires ennemis de leur genre ; des nuisibles à exterminer. Dans leur représentation mentale, ils ne sont capables de nous apprécier que si nous sommes morts. Ils ne songent qu'à nous anéantir jusqu'au dernier. Pas du tout des enfants de choeur.
De toute façon, on fera avec. On en a vu d'autres. Je ne dirai pas qu'il s'agit d'une balade, mais je pense que nous pouvons être confiants. On a de quoi leur fignoler une bonne petite contre-attaque et leur foutre les boules. En effet, nous sommes prêts. Nous allons bientôt lancer notre flotte vers Alkano, avec un bon petit contingent pour en mettre plein la gueule à ceux d'en face.
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04 février 2008
Les mentors
_ Ah, Zhang, très cher collègue, voilà bien longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de discuter avec vous, autour d'un excellent bock de cette bière dont vous avez le secret.
_ L'est bonne hein ? Merci de votre compliment, Horokor. Je dois dire en toute humilité que nos brasseurs se surpassent.
_ Je ne m'étais pas rendu sur votre planète capitale depuis déjà quelques années standard, et je dois dire que je suis vraiment impressionné. Vous n'avez pas perdu votre temps. Arsenaux, chantiers spatiaux, garnisons, usines d'armement, recrutements... vous êtes actifs, très actifs.
_ Il faut ça, cher collègue. Les menaces se font de plus en plus nombreuses, et elles se précisent.
_ Ouais. J'ai su, pour l'attaque de votre planète. Akalno, c'est ça ?
_ Oué.
_ Mmmh. A mon avis, z'êtes plutôt mal barrés, là-bas.
_ Rien n'est joué. La bataille est toujours en cours.
_ Vous ne pourrez pas empêcher un débarquement. Vos types se battent bien, c'est vrai. Mais la pression est forte. Y'aura de la casse.
_ Horokor a raison, Zhang. Votre bière est excellente.
_ Merci, Harshol.
_ Et je suis aussi de l'avis que la position de vos gars est appelée à devenir particulièrement précaire sur Akalno.
_ Alors, Zhang, vous allez donc y faire un tour, et participer à la bataille ?
_ Mouais. Pas trop le choix si on peut se donner une bonne occasion de foutre une raclée aux autres enculés.
_ Vous ne serez pas en mesure d'arriver avant que le débarquement ne soit effectué. Vos ennemis pourront s'être suffisamment implantés sur votre planète pour vous rejeter dans l'espace. Vous en avez conscience ?
_ Oué. Mais c'est prévu. Tout est une question de timing. Rappliquer juste au bon moment, juste au bon endroit, juste lorsque ceux d'en face se croient tranquilles. C'est ça le plan.
_ Hahaha ! Vous m'excuserez, Zhang. Moi, Horokor, je suis un vieux de la vieille ; on s'apprécie, vous et moi, mais on n'est pas de la même époque. Quand je vous entends parler de timing, de bon endroit, de bon moment, je rigole. Mais c'est pas pour me foutre de vous. Seulement, de mon temps, à la grande époque, on ergotait quand même moins.
_ Ouiii. Nous, avant, quand on était jeunes, on faisait pas dans les manières. On fonçait dans le tas, on trucidait tout ce qui passait, on explosait tout, et on se posait pas de questions. Vous, Zhang, bon, faut avouer, vous êtes un peu pluuuuus...
_ Un peu plus quoi, Harshol ?
_ Ben, un peu tapette, quoi, disons-le. C'est vrai, vous parlez de plan. Un plan. C'est quoi, un plan, ça veut dire quoi, un plan ? Prévoir, calculer, évaluer, puutain ; non, vraiment, tout ça, c'est...
_ Oui, oui, Harschol, dites-le : c'est chiant. On s'emmerde comme un rat mort à causer de plan.
_ C'est exactement ça, Horokor, vous avez mis le doigt dessus. Ah ouais, Zhang, franchement c'est comme je vous le dis : la bonne vieille méthode, elle mange pas de pain, et c'est toujours la meilleure. On fonce, on bute, on crame, on explose, et puis voilà ! Un bon rouleau-compresseur.
_ Mais ouais, tout simple. Emballé, c'est pesé.
_ Rhah, jeum souviens, quand je débutais dans les virées interplanétaires, les raids de ma jeunesse... On avait la soif de la bataille, on se jetait franco dans la mêlée, on y allait à la baïonnette, et schlak, droit devant, on se faisait des corps à corps maousses sous la fraîche brise de l'aube, et on étripait, on étripait ! puuuuuté, tout ce qu'on pouvait ! MOUAHAHAHARH !
_ Ah, ça, faut avouer, on aimait le contact direct ! WOHOHOHORH !
_ Et pis les villes, les villages, tout ça...
_ Ah bah oui, ça, les immeubles, après, eh bah on cramait, hein, on faisait péter autant qu'on pouvait, ça faisait partie du...
_ Et pis les prisonniers, ah bah, ça...
_ Ah, ça, les prisonniers, on connaissait pas. On savait pas faire, pas, Harshol ?
_ Ouais, Horokor. D'habitude, bon, on faisait tout cramer, là, comme ça, et pis tout le monde y passait, c'était plus propre. Zou. Bon ça puait le graillon, mais on s'habitue à tout, pas ?
_ Et puis, de temps en temps, les rafales de sulfateuse dans le buffet, c'était raffiné aussi.
_ Oué mais pour tout le monde qui restait ça prenait du temps.
_ Ouais. Des fois, aussi, et hop, allez, tous pendus aux arbres.
_ Ouais, ça aussi on l'a fait. Ou crucifiés, c'est assez fun.
_ Ou avec un coup de laser de poing juste dans le poitrail : traversés de part en part, avec une blessure cautérisée qui rentre et qui sort à travers le corps !
_ Et sous les chenilles des chars ? C'est vachement bien, ça, les chenilles des chars !
_ Ah ouais, hé, WAHAHAHAHARRRRHHH !
_ MAHAHAHAHAHAAHRRRR !
_ Et puis après qu'on soit passés, eh bah on pouvait plus rien reconstruire par-dessus ! Ra-ti-boi-sé.
_ Plus rien, que dalle, y restait ! Pas même un putain de bout de pierre.
_ Ah non, pas même. Ah pis on y mettait du coeur, hein, de la motivation ! De la ruine, de la cendre, et de la tripe, MOHOHOHOHOHORRR !!
_ MOUAHAHAHAHAHAHARRR !
_ C'est pour ça que moi, au bout de quelques années seulement, eh bien on m'a appelé Horokor le Sanguinaire.
_ Ouais. Et moi, Harshol l'Assassin.
_ Eh bien, messieurs. C'est ce qui s'appelle du vécu. Mieux : de la belle ascension sociale.
_ Mais ouais !! Zhang, ne passez pas à côté des choses simples, comme on dit. Faites-vous plaisir, lâchez-vous, débridez-vous.
_ Mais tout à fait ! Vous êtes un des plus brillants chefs de guerre de votre génération. Profitez-en ! Ménagez-vous un peu de bonheur ! Laissez émerger le bouillant sanguinaire qui dort en vous. Vous verrez, ce sera le nirvana. WAHAHAHAHAHARRR !
_ MOUAHAHAHAHARRRRH !
_ Ben, voyons.
_ Et ne faites pas confiance aux méthodes modernes. Planifier, tout planifier. Non ! Moi, je suis pour les bonnes vieilles traditions, celles qui ont fait leur preuves, et qui se transmettent dans la durée. On fonce dans le tas, sabre au clair, fusil sorti, on massacre, et on ramasse les brouzoufs.
_ Exactement. Restez simple. Restez franc. C'est tellement plus sain.
_ Ouaiiis. Un esprit sain. Dans un corps sain. Rien à dire de plus. MOUHAHAHAHAHAHAHARRRRH !
_ WOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHARH.
_ Puté. ça promet.
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