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26 mars 2008
Space Glam - by Argolphe
Ho, les Terriens !
Z’allez bien ?
Moi, j’ai un peu la barre sur le front, mais sinon ça baigne. Aujourd’hui, banquet maousse. Célébré dans notre navire amiral, l’Ekrabouillator. Notre bien-aimé chef Zhang est trop occupé à se fendre la poire en le présidant, alors c’est moi, Argolphe, qui prend la plume pour vous causer.
C'te fois-ci, c’est pour célébrer le succès de notre débarquement général sur Alkano. Qui permet la stabilisation de la situation militaire sur le sol de cette planète. Dans tous les secteurs où elles ont été engagées, nos troupes on su foutre de belles roustes à ceux d’en face.
Bon, les terriens, si je vous dis que l’alcool coule à flots, que tout notre beau monde se bourre la gueule, s’empiffre, danse, chante, je pense que vous me croirez sans peine. J’aurais d’ailleurs de la peine à vous décrire le brouhaha. Tiens, à ma gauche, là, il y a une bataille de bouffe. Derrière la tablée du chef, je vois un mec plié en deux qui dégueule. A côté de lui, un autre type s’est endormi la tête dans sa gamelle. A ma droite, au fond, c’est l’orchestre qui s’en donne à cœur joie, paillettes et confettis voletant, avec des dizaines de types montés sur leurs tables qui dansent autour de lui. Un peu plus loin, un grand fût est en perce ; plusieurs gars sont couchés juste en dessous du jet, la gueule grande ouverte, à y recevoir la cascade de bibine.
Brohonk n’est pas de la fête. Notre pyromane préféré dirige une offensive terrestre de grand style ; il regroupe sous son commandement des guerriers de notre clan, ainsi que les troupes Garbondes – si vous ne savez pas qui sont les Garbondes, les terriens, voyez les notes précédentes du chef – et personnellement, je souhaite bien du plaisir à Brohonk avec ces loustics.
Avec d’autres gars méritants, Mast vient de recevoir une décoration des mains du chef : le Grand Bock d’Argent. Ne vous y trompez surtout pas, c’est une décoration militaire ! On la reçoit lorsqu’on est victorieux avec ses troupes au cours d’une bataille dans une planète. Même si tout le monde sait par chez nous que Mast excelle particulièrement à la picole, nous n’avons pas de décoration pour ça – pas encore, ce qui en soit est un non sens ! D’ailleurs, sa cabine a fait un gros boum, juste avant-hier ; il y avait mit son alambic pour distiller je ne sais trop quel mélange, et ça a pété dans tous les sens…
En tout cas, il peut jubiler : c’est la quinzième fois qu’il reçoit l’argent. C’est bon pour lui : au moment voulu, le chef pourra lui confier la conquête d’une planète entière et il pourra prétendre à l’or en cas de succès. D’ailleurs, je ne le vois pas, Mast. Il doit cuver quelque part. Ah, non, attendez ! Là, ce corps : le buste à l’intérieur de ce tonneau, et les jambes en l’air qui gigotent. Pas d’erreur, c’est bien lui !
En face de la tablée du chef, se trouve l’excellent capitaine von Dilfus – invité d’honneur très particulier et très attendu. Le chef s’est dit avec raison qu’il fallait absolument lui montrer ce que les mots convivialité et hospitalité voulaient dire par chez nous : il l’a fait mettre à nu et attacher verticalement à une grande roue tournant lentement sur un axe, afin que nous puissions lui balancer des tartes à la crème en pleine poire – et je peux vous dire qu’on ne se prive pas. Parfois, ce sont des œufs, des morues ou des jambons qu’il se reçoit. Ou des volées de marrons chauds. Certains mecs un peu surexcités ont demandé à notre pote Grun de lui faire pousser de très longs cheveux qu’ils auraient attachés en nattes à la roue ; leur jeu aurait alors consisté à lancer des haches pour trancher les nattes de cheveux.
Exercice piquant lorsque la roue tourne sur son axe et que les lanceurs de haches se sont soigneusement imbibés… Notre brillant convive aurait eu du souci à se faire si le chef n’avait pas refusé : il tient à l’intégrité de son prisonnier. Ce qui n’a pas empêché Grun de s’amuser avec lui. Outre les cheveux longs, notre sorcier lui a fait pousser les poils de son corps de façon très dense en les teignant de toutes les couleurs, et il y a fait courir dedans quelques insectes sympas – chenilles et scolopendres. A l’endroit des parties sensibles, Grun a fait apparaître une belle grosse fleur de tournesol qui chante la bourré d’une voix gaie.
A la tablée du chef, le roi Garbonde – voir note précédente – a adopté une attitude surprenante pour lui : il est tout ce qu’il y a de plus calme, seul dans la tempête qui l’environne. Les rumeurs disent que ses orgies partouzardes des jours derniers l’ont épuisé. De fait, il a des valises noires sous ses yeux torves et le teint pâle ; il se contente de boire et de manger, tandis que ses concubines s’amusent de très bon cœur. De temps en temps, il tape du poing en hurlant on ne sait quoi ou en riant la bouche pleine. Juste histoire de dire qu’il est dans l’ambiance.
Pas bien loin, Karabine fait des siennes. Elle est totalement déchaînée. Un bock dans une main, un jambon dans l’autre, elle chante et danse sur les tables. Elle boit, se gave de bouffe, bastonne. Les pauvres gars qui se risquent à lui crier " à poil ! " se prennent une belle beigne. Je la vois se planter sur un tonneau pour hurler des blagues cochonnes à foison, riant à gorge déployée entre deux blagues. Ici, Karabine baisse ses braies et montre ses fesses replètes ; ceux qui ensuite tombent dans ce piège et se moquent un peu trop fort de son geste se voient attribuer la plus belle des baffes – c’est ce que Karabine appelle le grand prix de la mandale. Là, elle se saisit d’un type par le col en pensant lui foutre une châtaigne, mais elle lui vomit involontairement en plein visage, à grands flots spasmodiques. Zhang, voyant ça, éclate de rire et se moque de la chamanesse. Celle-ci, s’essuyant la bouche d’un revers de manche, se précipite pour le corriger, mais le chef lui envoie une tarte à la crème et esquive la première baffe. La fille se saisit d’un plat, le balance sur le chef qui se le prend sur la poitrine. En réplique, il lui tape sur la tronche à coups de jambons.
Voulant l’assommer, Karabine saisit un fût, le lance sur le chef, mais celui-ci se baisse et le fût vient se briser sur von Dilfus au moment où la roue lui avait mis la tête en bas. A ce moment, le tournesol du prisonnier se met à brailler du death metal d’une voix lourde. Instantanément, d’autres tournesols apparaissent sur le prisonnier, qui accompagnent le premier à la guitare. C’est Grun qui s’en mêle : il n’a pas aimé qu’on touche à son joujou. Il fait voler en apesanteur le contenu d’une grande marmite – on dirait du cassoulet – et le fait se déplacer jusqu’au-dessus de la chamanesse. Lorsqu’il met fin à la lévitation, celle-ci se reçoit les flots de cassoulet en pleine poire. Le chef en profite pour y donner encore des coups de jambon. Se ressaisissant, elle lui donne un coup de boule, bien au milieu du front. Le chef vacille. Grun rapplique par derrière, écrase une bouteille sur la nuque de Karabine, ce qui ne la fait nullement broncher ; elle se retourne, file une mandale au sorcier qui décide de monter d’un cran et, d’un sort, il lui envoie un paquet de bouse fumante. Elle esquive, et c’est encore von Dilfus qui se reçoit la majeure partie de la bouse ; ses tournesols cessent de hurler, crient à l’injustice et se flétrissent d’un coup !
Zhang revient à l’assaut ; il chope la chamanesse par la taille, la soulève, et la traîne jusqu’à un grand tonneau. Pas facile, vu la force herculéenne de la fille, qui ne cesse de se débattre. Le chef la soulève de toutes ses forces, et la lance contre le tonneau, brisant ce dernier dans de grands flots de vinasse rougeoyante. Encore un gros baquet de bouse made in Grun, et Karabine est définitivement hors de combat – elle perd connaissance après avoir lancé un dernier jambon sur le chef, qu’il se prend sur le front, ce qui le fait tomber à son tour.
Egalité !
Pétard !
Bon, ben voilà ! Un banquet bien de chez nous, tout ce qu’il y a de plus classique, quoi !
Vous savez faire ça, les terriens ?
09:40 Publié dans Les Kompains de la Brute | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, imaginaire, espace, sf




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Commentaires
presque oui dans certaine région reculé j ai déjà vu ça si si , même des Karabine qu il y a, en fait c est des bucheronnes sur terre qu on les appelle !
Merci pour ce joli récit en tout cas !
Ecrit par : Lénia | 26 mars 2008
on sait... mais je sais plus comment..; sans doute à la fac...
en moins violent...
ça manque de baise adultérine dans les toilettes...
Ecrit par : toujoursraison | 27 mars 2008
@ Lénia :
Je vais modifier mon blog, ça s'appellera "Bûcherons et bocks de bière", ça collera plus avec la réalité...
Ou alors : "Les bûcherons de l'espace"... ça fait un peu Muppet show.
@ toujoursraison :
La baise adultérine dans les toilettes, c'est pas parce qu'on en parle pas qu'il y en a pas !!!
Transparence, toujours la transparence.
Ecrit par : Zhang | 27 mars 2008
ah alors ça vient de chez vous les les concerts évènements Fuck for forest ?
http://www.fuckforforest.com/side-meny.html
Ecrit par : unegrossefeignassedefee | 27 mars 2008
tiens en parlant de titre tu n a toujours pas mis de sulfateuse ! que faites vous zhang ? paf paf paf
Ecrit par : Lénia | 28 mars 2008
@ la fée :
Non, nous on est plutôt du genre "Fuck for guns"...
:-)
@ Lénia :
Rha oui, frappe-nous, frappe-nous, rrahhhha !
Ecrit par : zhang | 28 mars 2008
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