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15 avril 2008
Plénitude
Un petit point noir à l'horizon. Entre deux nuages blancs et un coin de ciel bleu, ça bouge et on dirait que ça file droit vers nous. Merde, qu'on me donne des jumelles, ici. Dans le même temps, mes grandes esgourdes marron-vertes et pointues captent un boucan lascif pas bien loin. Un couple s'envoie en l'air dans un des pavillons qui bordent l'avenue principale. Fenêtre grande ouverte, on a les râles en direct-live. Pétard, qu'est-ce qu'ils se mettent ces deux-là ! De quoi faire marrer mes gars la gueule grande ouverte. Ou leur donner de quoi s'inspirer. Désolé en passant pour toujoursraison mais là on change d'échelle - c'est pas comme des poulets que ça baise là-haut, mais plutôt comme des castors.
Mast m'amène mes mirettes à verres. Je zyeute. J'ajuste. T'ain. Grande vitesse. Je sais pas trop ce que c'est mais ça a le feu au fesses. Le point grandit. Y'a comme qui dirait un truc qui s'agite. Merde, mais c'est Grun. Mais qu'est-ce qu'il fout encore, ce con ? Il vole. Droit sur nous. Il est assis sur une espèce de tapis volant. Qui dégage des flammes et de la fumée grise à l'arrière. Je sais pas s'il est dans la mouise ou s'il aime les effets spectacles. Plutôt la première hypothèse, vu qu'il tente de garder ses miches sauves et fraîches en tapottant dessus. Mais qu'est-ce qu'il a encore branlé ! Va falloir qu'il m'explique.
_ Chef. T'entends ? ça, c'est de la voix. Du timbre.
_ Moais. Lui, c'est un baryton. Elle, une soprano. Ils gueulent pas vulgaire. Z'ont l'habitude de la pratique dans l'harmonie et dans le raffiné. Pas dans le frénétique.
_ En temps de guerre, c'est toujours de bon aloi.
_ "De bon aloi" ? T'a appris ça où, c't'expression ? Chez les terriens ?
_ Oais. Echanges culturels, ça s'appelle.
Bien vu. En attendant les deux baiseurs y vont crescendo. Là, faut admettre, une maîtrise pareille ça force l'admiration. Même les corbacks se sont arrêtés de croasser. Ces deux-là, faudra qu'on me les présente.
Grun se rapproche. L'est à vue d'oeil maintenant. Il garde à peine le contrôle de son espèce de tapis, qui tangue à droite et à gauche. Il va devoir se poser en catastrophe. Je distingue bien à présent les fumées ; son engin crâme petit à petit, et son cul de sorcier malingre aussi : il tourne et retourne sur lui-même pour éteindre une petite flamèche qui lui grille la raie à travers son fute. Je pense qu'il nous a vu, il brinquebale droit vers moi et mon groupe. Faudrait quand même pas qu'il nous écrabouille.
_ Chef, le monsieur, il doit avoir une sacrée grosse b... tu crois pas ?
_ T'ain, Mast, ça c'est ce qui s'appelle de l'esprit d'à propos. Si tu veux, tu y demanderas quand tu y verras.
Mais que fait cet abruti de sorcier ? Il serre ses deux grosses paluches sur l'avant de son tapis et le tire vers lui, comme pour tenter de le freiner. Mais il arrive à que dalle. Des pièces de son truc foutent le camp à présent, en petites traînées derrière lui. Il est en pleine accélération. Il ne peut plus rien faire, ni pour son cap, ni pour sa vitesse.
Puuutain de sa race de sa mère de con de cul, mais y fonce droit sur...
_ Chef, chef, ça y est, écoute, y va lâcher la sauce !
_ Et elle aussi elle monte au paradis, chef !
Oais. De quoi se boucher les esgourdes et regarder le verre de nos bocks péter en mille morceaux. C'est pile poil à ce moment que Grun et son tapis se viandent en plein sur le toit du pavillon du couple vigoureux, faisant voltiger des tuiles et des bouts de charpente de tous les côtés, dans un énorme VLAM BRADABRANG qui couvre le boucan divin de l'orgasme. Non seulement il perce le toit, mais il traverse l'étage et se rétame comme une bouse au rez-de-chaussée, dans un BRAM final. La vache. Il a du foutre une crise cardiaque aux deux sportifs de la jambe en l'air. C'est du tout Grun. En parfaite forme.
_ Bon.
Blasé, à peine étonné. J'ai l'habitude.
_ Dès qu'il aura repris un peu du poil de la bête, amenez-moi ce connard.
Tiens, bah quand on parle du loup. Le vlà justement qui sort de la cahute, avec à peine une bosse sur le front. Son fute tout cramoisi pendouille sur ses quilles. Il arbore son habituel sourire de crapaud. Avec sa démarche anodine. Il vient vers moi tranquillement. Derrière lui, L'HOMME émerge de ses ruines et tente d'obtenir une explication. Pas joisse du tout. Se cache les parties avec ce qu'il a pu trouver. Content de son insolence, Grun l'ignore.
_ 'Lo, Chef.
_ 'Lut, Grun.
_ Chuis grillé chez Balance.
_ Tu m'étonnes.
_ J'ai pu détaller in extremis. J'avais jamais tenté le coup du tapis mais ça valait la peine. J'ai pu faire péter deux ou trois dépôts, et pas mal de matos. C'est pour ça que ça crâmait.
_ Et alors ?
_ Va y avoir du grabuge, chef. La grande merde, c'est pour bientôt.
_ Tu m'en diras tant.
Derrière lui, L'HOMME tente de s'insérer dans la discussion. Ton énervé. Veut qu'on répare les dégâts ou qu'on lui file du flouze. Je me tourne lentement vers lui. Le zyeute de haut en bas. Il arrête d'un coup sa tchatche, s'interrompt en pleine protestation. Je l'entends faire "glups" alors que je le reluque.
_ Mast.
_ Oais.
_ Tu vois. C'est pas forcément les plus grosses qui sont les meilleures.
_ Tain. Je vois.
_ Déçu ?
_ Pour lui ? Rien à foutre. Pour moi, c'que j'ai me convient.
_ Sage philosophie.
L'autre se rebiffe. Commence à gueuler un peu trop fort. Y devrait plutôt s'occuper de sa chère et tendre, restée dans ses débris. L'ennui, c'est que sa diatribe outragée risque d'attirer trop de monde. Va falloir apprendre à ce type à rester discret. Note qu'avec sa performance de boules on pouvait se douter qu'au départ il l'était pas. Discret.
_ Chef. C'est quoi des oranges ?
_ Hein ?
_ Rapport à la note de Lénia.
_ Ah ouais. Bah c'est des fruits de terriens.
_ Ah, c'est des trucs qui se bouffent.
_ Oais. C'est pas mauvais. Frais. Juteux. Sucré. Justement, si tu veux, Lénia en aurait pas mal en rab, des oranges. Je pense même qu'elle aurait pas envie d'en manger de sitôt.
_ Oais. Me donne envie d'en bouffer. Mais si on en importe de la Terre ça va nous coûter la peau du cul. Et puis d'abord, ça ressemble à quoi ?
L'HOMME de t't'à l'heure continue de s'indigner et gueule carrément. Bon. Marre. Je donne un coup d'oeil à Grun. Il pige. Se tourne vers le type. Tend la main, murmure un truc dans sa barbe. Un éclair sort de sa main et vient frapper le gars pile aux coucougnettes. ZAP ! BAMF ! Un petit nuage de fumée, et hop ! C'est plus des roubignolles qu'il a entre les cuissôts, c'est... des oranges.
_ A ça.
_ Tain. Pas râgoutant.
_ Balise pas. Celles-là sont déjà vidées de leur jus.
_ Valent pas tripette.
_ On ira chercher chez Lénia les vraies bonnes. Sûr qu'elle te les donnera avec plaisir.
23:18 Publié dans La Brute au taf | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, imaginaire, espace, sf






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Commentaires
mais oui que je vais vous en donner des oranges avec bon coeur !
Aujourd hui ta note était très douce et romantique ! Une belle note pour faire d es beaux rêves dis donc !
Ecrit par : Lénia | 16 avril 2008
au moins, il a encore un peu de jus à sortir...
Ecrit par : toujoursraison | 16 avril 2008
c'est le problème avec les tapis volants..faudrait ajouter un air bag.
et la grosse dans tout ça elle est restée sous la tuile.. ?
tiens ça change d'astmosphère.. sympa aussi ce ptit post !
vivat Zhang et ses feignasso de compatriotes !
Ecrit par : unegrossefeignassedefee | 16 avril 2008
@ Lénia :
Douce et romantique oui. Mais ça change pas trop de d'habitude : de la bouffe, de la bibine, des rôts, des pets, du vomi... et maintenant un peu de Q.
L'eclectisme, ça marche aussi dans l'espace.
@ toujoursraison :
Le jus a pour fâcheuse habitude de se renouveler très vite.
@ fée :
La grosse... un peu d'respect veux-tu.
VIVAT !! VIVAT !! J'adoooore les acclamations !! Encore, encore !
Ecrit par : Zhang | 16 avril 2008
hip hip hip houra houra
Ecrit par : Lénia | 16 avril 2008
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