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27 avril 2008

Splog-it Express

Bon, mes ptits terriens.

Vous savez que nous avons sur vous une avance non négligeable en matière de technologie. Et nous l'avons SURTOUT en  matière de glande, de picole et de boustiffe. Entre autres, mais ça, ça fait partie des fondamentaux.

Sachez par ailleurs que nous avons nous aussi, par chez nous, un équivalent d'internet, avec des sortes de blogs. J'ai nommé, pour votre bonne compréhension, les blogs de l'espace.

Que nous nommons dans notre petite intimité les Space Blogs, c'est-à-dire les SPLOGS.

Je sais, ça paraît un peu con sur les bords, et même aux entournures, mais depuis le temps que vous me lisez, mes ptits terriens, vous devez quand même avoir pris conscience que nous ne sommes pas de parfaits finauds par ici.

Or ça donc, je vous livre un échantillon de ce que ça peut donner sur notre merveilleux Splog-it Express.

Krubi  - salut les gens

Grabo - salut

Krubi - T'ain j'ai mal à un de mes tentacules ce matin, y'a un trou on dirait

Boyu - @ krubi : ben t'a qu'à mettre une rustine

Krubi - @ Boyu : ahaha.

Grabo - t'es d'où krubi ?

Krubi - tu connais pas, ma planète c'est que de la flotte tout partout

Grabo - d'ou les tentacules

Krubi - pile poil, nous on est des espèces de pieuvres

Jobus - nous on est des des termites et chez moi c'est volcanique, on baigne dans des gaz partout

Boyu - @ jobus : donc si on pète sur ta planète personne se fait remarquer c'est ça lol

Jobus - @ Boyu : t'ain t'es pas un peu lourd toi des fois

Nobamoutur - concours de recettes de pièces montées spécial planète des acariens, ici !

Boyu - mais allez c'est que de l'humour enfin

Zhang - salut les splog-iteurs

Jobus - tiens salut zhang

Grabo - zhang tu nous ramènes quand tu veux ta bière

Krubi - ouais fait soif

Gargabrouille - nouvelles photos d'astéroides et de comètes ici

Manjabar - gargabrouille y marche pas ton lien

Manjabar - Krubi c'est ou le tentacule qui te fait mal ?

Krubi - ça me gonfle c'est celui où j'avale ma nourriture

Jobus - mince alors comment tu fais, tu peux manger ?

Nuclos - courses de chars spatiaux du peuple des rats musqués dans la zone MBv 207 : prochaines inscriptions ici

Krubi - non plus par là, je transfère sur un autre tentacule

Zhang - lequel ?

Boyu - tu peux pas prendre celui où tu chies, comme ça de l'un à l'autre tu facilites le transit ?

Krubi - mais virez-le, çui-là !

Boyu - Ha non je vous en prie, faut pas dire lui : nous sommes hermaphrodites nous autres

Manjabar - ça t'empêche pas d'être lourdingue

Kik - Avis aux intéréssés. La nébuleuse L 42 b 3 A a été interdite aux vaisseaux de plus de 40 000 mégatonnes ce matin

Zakato -  vous prenez pas la tête boyu est tout le temps comme ça

Zakato - @ Kik : merde ça va encore faire des embouteillages tout ça.

Nikobus - nous on est des grandes chenilles. quand on a mal à une patte et qu'il faut l'arracher on sait jamais vraiment laquelle prendre

Zhang - @ Nikobus -  ça t'es jamais arrivé de te gourrer en t'arrachant une patte ?

Yakabomou - photo ici

Nikobus - quand chuis bourré si

Nikobus - alors je continue jusqu'à ce que je trouve la bonne

Rabatonik - concours du meilleur splog de la planète des phasmes déjantés ici - inscription ouvertes !

Jabarog - nouvelle photo [lien]

Lénia - Moi j'ai des pastels, quelqu'un veut mes pastels ??

Jabarog - des quoi ???

Krubi - tiens c'est qui ça ?

Zakato - Ou elle veut nous mener avec ses histoires de pastel

Muriyabah - ouais c'est louche ça

Zhang - non laissez je la connais c'est une terrienne

Boyu - une quoi ? qu'est-ce que tu nous ramènes comme bizarreries zhang ?

Zhang - laissez j'y comprends rien moi-même

Lénia - ne loupez pas mon concours de la vanne creuse ici, les inscriptions sont déjà closes mais vous allez bien vous marrer les créatures de l'espace !! 

Lénia - Hourra, hourra, hourra ! ne loupez pas mon concours hein ! Et mes pastels non plus !!

Lénia - Si vous voulez je peux vous avoir aussi des colliers de coquillettes, mais d'abord le concours de la vanne creuse !

Jabarog - Zhang, elle en fait toujours des tonnes comme ça ?

Moukaina - Mais qui c'est qu'elle traite de créature celle-là

Muriyabah - T'ain, prenez ses pastels, elle vous lachera pas la grappe sinon

Tabarboka - moi j'ai trois bites

Boyu - @ tabarboka : mais qu'esss tu veux que ça nous foute

Jibayan - @ tabarboka : ben ouais on s'en fout - moi j'ai bien cinq couilles

Bibonibaro - et moi deux culs qui alternent l'un l'autre

Raniami - moi c'est mon cul qui me sert aussi pour manger

Bibonibaro - @ raniami : et pour boire aussi ?

Raniami - meuh non, pour boire c'est mon nez

Bibonibaro - @ raniami : et pour pisser ?

Kik - N'IMPORTE QUOI VOUS PARTEZ EN COUILLE ICI !!!

Jibayan - ça dépend laquelle (j'en ai cinq)

Zanao - ON SAIT

Zanao - moi, sur ma planète, quand je me mets du parfum sur moi, ça sent vachement bon

Zanao - mais quand je vais sur une autre planète, comme la composition de l'atmosphère change, mon parfum sent la fiente

Zanao - vous y comprenez kek chose vous ?

Zhang - euh non (le niveau baisse ici)

Boyu - Donc moi si je pète sur ta planète ça sentira le parfum, c'est bien ce que j'ai compris ?

Kik - MAIS ARRÊTEZ !!

Tatabaromotique - concours du meilleur gâteau à la manjouke de ribarouille préparé conjointement par les fourmis et les ragondins de la planète AHK 708 ici

Kakobuka - nouvelles photos ici

Juyibo - [lien]

Zèque - photos [lien]

Azenitou - recettes [lien]

Qufenabato - concours de splogs [lien]

Rajutibu - photos et recettes [lien]

Mohu - recettes et photos [lien]

Ba - photos et concours [lien]

Tohruh - concours et photos [lien]

Qsdfchprigs - (je suis un poux, alors mon nom veux pas dire grand chose pour vous, mais c'est comme ça et je vous emmerde) photos, concours, recettes [lien]

Atarubon - (moi je suis un brocolis et je vous emmerde aussi) recettes, photos et concours [lien]

Natabara - Tiens pourquoi personne ne dit plus rien ?

Lénia - moi je dis, je leur donne tous mes pastels, et ça vient du coeur. Zhang mon choux, pourquoi tu leur dis pas ?

Zhang - Oui, grande. Finalement tout ça c'est quand même beaucoup mieux sur la Terre. Ici dans l'espace c'est vraiment n'importe quoi ! Du coup tu m'escuze, j'vais m'coucher. Bsoar les splog-iteurs.

 

24 avril 2008

L'initiation

KRAAAMM

_ Mince ! Chef ! Qu'est-ce que c'est que ce boucan ?

_ ça... ? Ooohf, rien... Juste un alambic de Mast qui vient de lui péter à la tronche. Y s'amuse à distiller de la gnole. Du moins il essaye. Faut pas s'alarmer.

_ Eh ben, quelle détermination. Il nous en fera goûter, de sa gnole, hein chef ?

_ Mmmmh.

J'appartiens au clan de Zhang depuis quelques semaines, maintenant. J'avoue que je ne m'attendais pas à tout ce que j'ai vu. Quelle expérience formidable pour moi ! Il y a tellement d'animation avec eux ! Ah, c'est fou ce qu'ils ont confiance en moi, au regard de tout le travail gratifiant qu'ils me confient alors que je viens juste d'arriver : les corvées de chiottes à la brosse à dent, les séances de plonge avec des grands tas de plats et d'assiettes grasses et sales, les nettoyages de sulfateuse au coton-tige, le passage de la serpillière dans les couloirs de leur énorme vaisseau amiral... et tout plein d'autres choses. Ah, je suis réellement exténué ! Et puis parfois, l'un d'entre eux me demande en rigolant de me baisser quand je veux prendre ma douche et que je suis tout nu... une histoire de savon à ramasser... Je ne comprends pas réellement, mais ils sont tellement taquin ! Je rigole tout comme eux ! Qu'est-ce qu'ils sont chaleureux quand même !

Donc : a y est !!! Je suis un rustaud de l'espace moi aussi ! Moi Meurgan. C'est ma femme qui va être drôlement fière ! Et mon pote Hingmar qui va être jalouxe ! Je peux péter et roter comme je veux ! Et picoler. C'est pas une émancipation, ça ?? Note que leurs alcools sont très très forts.

KRRAAAAAMM

_ Houlà ! Et ça, chef, c'est quoi ?

_ C'est Brohonk qui fait des essais avec son dernier lance-flammes.

_ Ahaha, oui, chef, ça je le savais : il m'a demandé de le tester avec lui, l'autre jour... Je devais me mettre juste devant lui, tantôt à vingt mètres, tantôt à trente mètres... Et puis il m'a couru après, il m'a un peu grillé les miches. J'ai eu beau lui confirmer que son engin marchait parfaitement et qu'il pouvait s'arrêter, il a quand même continué, et j'ai eu très très chaud, n'empêche. Il est taquin, lui aussi ; hein, chef ?

_ Mmmmh.

Très taquin, oui ! A propos de ça, ça me rappelle la fois où on a fait une sortie dans l'espace. J'étais très content, j'essayais ma combinaison toute neuve, faite rien que pour moi. Un module extérieur au vaisseau amiral nécessitait des réparations. Je pense que c'est Argolphe qui s'est dépatouillé pour mettre un peu de gaz hilarant dans mon dispositif à oxygène... Qu'est-ce que j'ai rigolé ! Comme ils ont vu que l'ivresse me prenait, ils m'ont fait tourner dans tous les sens. Je ne savais plus où j'étais ni où je devais aller, ni comment me repérer pour retrouver le sas du vaisseau... et quand je l'ai retrouvé, il était déjà fermé car les copains étaient tous déjà rentrés. Ah, je n'ai pas compris, j'ai eu beau appeler à la radio, et puis taper sur le sas, on ne m'a réouvert qu'après trois heures... Ma jauge d'oxygène était au plus bas... Les potes étaient morts de rire ! Un rien les amuse, ces chenapans !

KRAAAM BRABOUM

_ Hou ! ça m'a fait peur !

_ Pourtant y'a pas de quoi, ptit. C'est juste Grun qui s'entraîne avec des boules de feu.

_ Waaaaah ! Quel puissant sorcier, Grun, hein chef ?

_ Mmmmmh.

Une autre fois, j'ai nettoyé leurs écuries. Il faut dire qu'ils ne peuvent pas monter à cheval : ils sont bien trop grands et trop lourds pour ces pauvres bêtes. Ce sont des sortes de sangliers géants qui leurs servent de monture. Quand ils m'ont montré l'endroit où ils les élevaient, j'ai vu tout de suite que ça n'avait pas été nettoyé depuis bien bien longtemps, houlàlà ! Ils ont été particulièrement heureux que je me propose de moi-même pour les nettoyer, à moi tout seul, avec une pelle et un balais !!  C'est réellement vivifiant !! Mais qu'est-ce que ça défèque, un sanglier géant !! J'étais dans la bouse jusqu'aux genoux, et j'ai évacué des dizaines et des dizaines de seaux de fiente. Depuis, je traîne une odeur pas mal nauséabonde que j'ai un mal fou à atténuer. Surtout qu'ici, on connaît le savon mais pas le parfum. Bon, j'ai pu voir aussi qu'un sanglier géant ça avait son petit caractère, quand même. Il en faut réellement peu pour les énerver, et je crains parfois de ne pas avoir correctement évalué la limite avec eux. J'ai pris des coups de sabot et j'ai dû essuyer plusieurs charges. Ils m'ont dit en rigolant qu'ils comprenaient bien à quel point ça faisait mal. Un peu.

KRAABAAAKRAAAA

_ Et ça, chef ? C'est Argolphe qui met au point une nouvelle fusée et ça lui a pété au nez aussi ?

_ Heu non. Je crois pas. Tu ferais mieux de te mettre à couvert, petit.

_ Chef. On y est. C'est Balance. Il nous sort le grand jeu.

_ Mast. T'as encore de la suie sur le nez.

_ Ouais. C'est mon quatrième alambic, cette semaine.

_ ça va finir par faire beaucoup, tu crois pas ?

_ Bah. C'est de la merde, ce matos. Voilà tout.

_ Mmémémémémé, chef, c'est quoi tout ce barouf ? On est attaqué ???

_ On peut rien te cacher, petit.

_ Moais. J'en profite pour te rappeler que c'est la guerre, ici, garçon. Un petit peu. Et qu'on est là pour la faire. Un petit peu aussi.

_ M-m-m-mais c'était q-q-q-quoi, ça ?

_ Ohhhf. Des tirs de roquettes sur nos positions avancées, rien de plus.

_ Non, moi je dirai plutôt une préparation d'artillerie.

_ U-u-u-une quoi ??

KRABKRABAMBOUM

_ Oais, chef, t'as raison.

_ C'est quoi une prépa machin, chef ? 

_ C'est quand tout plein de canons réunis tirent en même temps sur une position ennemie. En gros.

_ Houlalalala, m-m-m-mais c'est super dangereux !!

_ Sans déc.

_ Sans rire, il a pas tort, chef. Balance a l'air de vouloir mettre le paquet.

_ On s'en fout. On a de quoi répliquer. Je ne veux pas me laisser enfermer dans cette ville. Il va vouloir mettre en place un étau et nous fixer ici. Prends nos dispositions, Mast. On va monter au charbon et cracher un peu de plomb.

_ Eh bah alors, Meurgan. C'est quoi cette tache sombre, sur ton fute, entre tes jambes, là ?

_ Hreum. Je crois que j'ai encore fait pipi.

_ Eh bien, il vaut mieux que ce soit maintenant. Dans les heures qui viennent, t'en auras pas l'occasion.

_ Moais. Tu vas venir avec nous. En première ligne. Et tu tiendras ta sulfateuse, toi aussi.

CLAC CLAC CLAC CLAC CLAC CLAC

_ C'est quoi ce bruit ?

_ C-c-c'est juste mes dents. J'ai une trouille d'enfer.

_ Oais. Moi, je croyais que t'avais froid, petit. Allez : sors un bon gros cri de guerre, ça te donnera du courage.

_ Hein ?

_ Coomme ça : YYYYYEUUUUUUAAAAAARRRRRRRRRGGGGHHHHHHHHHHH !

_ Yaaaa-yayayayayaaaaaa.

_ Mouheuharh. Ben ptit, y'a qu'en forgeant qu'en devient forgeron. Au charbon, avec nous !!

_ B-b-b-beuh. Je me demande si je préfère pas la bouse de sanglier.

21 avril 2008

Les temps sont durs

Cher journal.

Je suis fatigué. J'ai pris mon ordinateur portable et suis allé dans mon café préféré pour me détendre un peu et écrire ces lignes.

En ce moment, je dois avouer que j'ai les boules. Hier, je me suis fait piquer ma carte de crédit dans l'aérobus. Manque de pot : j'ai horreur d'apprendre des codes par coeur et je trouve qu'on en a déjà beaucoup à retenir dans notre vie quotidienne ; alors bêtement, j'avais noté celui de ma carte sur un bout de papier... qui se trouvait avec ladite carte. Mon voleur avait donc accès à tous mes comptes, et le salaud ne s'est pas gêné. En l'espace d'une demi-heure, le temps que je fasse opposition à ma banque, il avait déjà grillé 4000 breurugs. C'est pas rien ! En plus, l'assurance refuse de me rembourser.

Ensuite, j'ai marché dans du caca d'yglanche. Un gros caca d'yglanche, qui colle partout, qui sent mauvais et qui attaque le cuir de la semelle. Ma paire de chaussure est fichue ! Les aéro-aspir-crottes sont vraiment très négligents ! Mince alors !

Ma femme me fait encore la tête. Je ne sais pas ce qu'elle a, depuis quelques jours elle a les nerfs à fleur de peau. Bon, je sais, quand j'ai été voir mon match avec les copains, je suis rentré un peu éméché, mais il n'y a pas de quoi en faire un fromage. Ce n'est pas ce que j'ai fait de pire.

Et puis au fond, il faut bien se distraire. Notre ville est occupée militairement, et ça ne facilite pas notre quotidien. Notre statut était celui d'une cité libre jusqu'à présent. Essentiellement parce que nous avons su préserver notre identité culturelle et ethnique. L'invasion de notre planète et la guerre ont tout bouleversé. On ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait, mais pour ma part, je reste stoïque. Après tout, on a encore à boire et à manger.

Bon. Sinon on aurait bien voulu profiter de la belle saison pour aller se dorer un peu la couenne sous nos deux soleils exactement, mais on nous interdit de quitter la ville. Je pense à certains de mes amis qui s'étaient expatriés, voici déjà plusieurs années ; sur d'autres planètes, ils se sont trouvé des boulots vraiment intéressants et bien payés, avec une très bonne qualité de vie. Je me demande si ma femme ne m'en veut pas inconsciemment de ne pas nous avoir emmené ailleurs pour tenter notre chance.

N'empêche, je n'ai pas de quoi me plaindre, cher journal. Figure-toi que j'ai eu des nouvelles de mon ami Hingmar. Le pauvre, il lui en est arrivé une bien bonne. Alors qu'il prenait du bon temps avec sa belle, bien tranquillement chez lui, un crétin sorti d'on ne sait où sur un tapis volant lui a défoncé le toit, les deux étages et le rez-de-chaussée de sa maison ! Eh bien ! Evidemment, il a voulu demander des explications. Et puis lancer une procédure, je ne sais pas, pour se faire indemniser. Mais le connard en question fait partie des forces d'occupation. Impossible de discuter avec, et puis ces gens-là font ce qu'ils veulent ici. La preuve : pour toute réponse à ses prétentions, Hingmar s'est retrouvé avec deux espèces de fruits inconnus à la place des testicules ! L'autre en effet était un sorcier. 

Les fruits, il les a appelés comment ? Des oranges ? Des obanges ? Je ne sais pas, ça viendrait d'une planète que je ne connais pas.

Sacré Hingmar !

Ah ! Enfin, je me détends un peu. Je ne t'ai pas encore parlé, cher journal, des mesquineries que je me tape au boulot. Je crois que je n'ai jamais réellement été intégré dans l'équipe. Bon, les chefs sont avec moi, mais ils n'empêchent pas les coups de pute qu'on me fait. On m'en fait baver depuis six mois. Certains collègues sont de vraies saloperies. Il faudrait que je...

BRANG ! KRABARDAF ! BALANGBRAM !

Mince, qu'est-ce que c'est que...

Cher journal, il y a des gens pas très gentils qui font une entrée un peu bruyante au café ! Il faudrait qu'on les tance un petit peu.

KLANG ! BRADAF !

_ MOUHEUHEUHAHAHARRRR !

_ MAHAHAHAHARRRH !

_ HO, TAULIER !! ENVOIE-NOUS DES BOCKS DE TA MEILLEURE PISSE D'ÂNE !! ET SANS TRAÎNER SURTOUT !

_ OAIS ! FAIT SOIF ICI ! MOUHEUHARRRRH !

_ Allez les mecs ! Assoyez-vous ! Cinq tournées minimum, c'est déjà un bon début !

_ Cinq seulement ? Soit pas mesquin, chef !

_ J'ai dit minimum. Et sans limitation.

Mince alors ! Cher journal, si je m'attendais à ça ! Holala, je me retrouve en compagnie d'une dizaine de gros balourds vulgaires à la peau vert-marron, aux yeux rouges, aux oreilles pointues et à la mâchoire carrée ! Je crois qu'ils font partie des forces d'occupation. Je n'en ai jamais vu d'aussi près.

_ ALORS, TAULIER ! TU RADINES TA FRAISE ? MOUHAHAHAHARRRR !

_ ET ON VEUT PAS DE CES DES A COUDRE POUR NOT' TORD BOYAUX, HEIN ?

_ OAIS, ON VEUT DES BOCKS, DES VRAIS BOCKS BIEN PLEINS, MOUHAHAHAHARRRR !

Sacrebleu ! Ils ont déposé dans un recoin du café toutes leurs armes ! Des mitrailleuses énormes qui sont plus grandes que moi de deux têtes au moins !

Ha, et puis, ce qu'ils sentent mauvais, ces personnages ! Buerk ! Oh, je ne me sens pas très bien ! On dirait que le grand vert au casque à pointe a émis comme un bruit en dessous de la ceinture. Qu'est-ce que ça pue, c'est pire que de l'oeuf pourri ! Breugl, j'ai comme un haut-le-coeur...

Et pourquoi tous les gens qui étaient là avec moi dans ce bar sont partis, comme ça, d'un coup ? Mais... on dirait que je suis tout seul... dans le café... avec EUX ?!

_ C'est encore le meilleur troquet qu'on puisse trouver dans cette ville de zonards, les mecs.

_ Oais, depuis qu'on est ici, y'a vraiment pas de quoi se rincer correctement la dalle !

_ Par contre, l'animation, c'est vraiment la misère.

_ Oais. Pas de musique.

_ Pas de filles.

_ Pas de jeux d'argent.

_ Pas de bagarres.

_ Juste le ptit mec, là, le tout maigrichon tout pâlot, qui tapote avec son ordinateur.

Merde. Grillé. Surtout, faire semblant de rien. Tapoter, il faut tapoter, je tapote, je tapote, je tapote toujours, je tapote toujours, j'adore tapoter sur mon bel ordinateur, haha oui, hein, tralalala zimboumdong, ouiouioui, et je...

_ Ho. Mec. Tu fais quoi avec ta machine ?

Holalalala merdmerdmerdmerdmerd c'est le grand vert au casque à pointe qui me cause merdmerdmerd 

_ HEH. Réponds quand on te cause !

_ Eh bah alors ? Et la politesse, garçon ? On va pas te bouffer, hein ?

_ Pas encore ! Mouahahahahahrrrh !

Jai envie de faire pipi gros gros pipi. 

_ Allez ! Viens boire un bock avec nous !

_ Euh... jejejejej... o-oui, jjjej... grztt...

_ Mais soit pas nerveux comme ça ! Pète donc un coup ! Et amène ta machine si tu veux.

_ Lui par contre il lui faut un dé à coudre pour la picole. Il pourrait se noyer dans nos récipients.

_ Mouheuharh !

_ Alors. Comment tu t'appelles, petit.

_ Meu... Meu-meu...

_ Meuh ?

_ ...M-Meurgan.

_ Meurgan. Tu sais qui on est ?

_ Je crois que je vous ai vu à l'hologram-vision. Vous êtes le chef Zhang. Zhang Grassepanse.

_ Tout juste, garçon. Lui, c'est Grun. A côté, Argolphe. Et puis Karabine. Brohonk. Mast. Et les autres potes du clan.

_ Eh-eh-eh. Enchanté msieur-dame. Vraiment râvi. Hreum.

_ Eh, kess t'écrivait dans ta machine, petit ?

_ Oais. Tu fais un blog avec les terriens, comme le chef ?

 _ Un q-q-quoi ? Avec q-q-qui ?

_ Fais voir un peu.

_ Heu. J-je.

_ Alors. Voyons ça. Nanani, cher journal, nanana... Oh dis-donc. C'est mon pote Grun que tu traites de crétin ?

_ Ahhha, je...

_ Et de connard, aussi. T'entend, Grun ?

_ D-d-désolé, j-j-je s-s-s...

_ Oais, ptit. Le tapis volant, c'est lui.

_ V-v-vraiment, j-je...

Holalalala ça y est jai fai pipi oulalalala mon pantalon est tou mouyé

_ Laisse tomber. Tout ça c'est pas grave. J'ai remarqué un truc dans ton espèce de journal, petit. Tu te fais chier comme un rat mort.

_ ...

_ Bah ouais. On t'a piqué du fric, tu t'emmerdes à ton boulot, ta bergère te fait la tronche... Je confirme. Tu t'emmerdes dans ta vie, petit. Tu veux pas te l'avouer mais t'as l'impression qu'elle aurait pu être meilleure. Tu le ressens quand tu dis que tes potes sont partis. D'ailleurs, regarde-toi. Pas grand, tout maigrichon, tout pâlichon.

_ Sûr, chef. Il mange pas assez.

_ Il boit pas non plus.

_ Il fait pas assez d'exercice.

_ Il a pas assez de sexe, non plus.

_ Donc, la conclusion s'impose : viens avec nous, petit.

_ KWA ???

_ Mais oais !! Avec nous, tu vas voir du pays.

_ Du fric. Du flouze. De la bibine.

_ De la gonzesse. Ou du bonhomme si tu préfères.

_ Des bonnes bastons.

_ Des voyages dans les étoiles. De la bonne bouffe.

_ M-m-m-mè-mè-mè... j-je... j-j... enfin... M-mais, je suis pas de la même race que vous.

_ On s'en fout ! Allez, t'as besoin d'air. Tu vas voir, on va faire de toi un homme, un vrai, avec du caractère, et tout ce qu'il faut, là où il faut ! Savoir faire, savoir être ! Personne ne te reconnaîtra, mouheuhahahharrr ! T'a qu'à faire venir ta femme si tu y tiens !

_ Allez, c'est dit ! On t'embarque ! A partir de maintenant, tu m'appelles chef ! Files chez toi, prends trois frusques et ta brosse à dent, et pis viens me voir à mon vaisseau ! On va te choyer, tu verras ! Mouhahahaharrr !

j'ai mal mal mal au cul, au bide et surtout au cul

_ Glps ! Dites... Je peux amener mon ptit nounours pour dormir avec moi ?

17 avril 2008

Free-lance Bomber

Bon. Aujourd'hui, je vous livre des retranscriptions radio. Les membres du brillant équipage d'un de nos bombardiers orbitaux en mission donnent un bref aperçu de la teneur de leurs conversations. Sélectionnées exprès pour vous, mes ptits terriens adorés. Sérieux, on a quand même des types chez nous qui s'amusent à capter ce genre de truc. Z'ont vraiment rien d'autre à branler.

Pour votre info, il faut cinq mecs pour faire fonctionner un bombardier mède inne chez nous : deux pilotes, dont l'un commande l'engin ; un radio ; un radariste ; un type aux armements.

"_ Okay les mectons, ça biche, on garde le bon cap. Top sur objectif dans... Eh, faites un peu péter les cornichons.

_ Top sur objectif mon cul. Tu pars de traviole mon gars. Corrige un chouilla vers le 1-0-6.

_ Ah oais. Merde, j'avais pas vu. Bon, ça colle, correction faite. Et mes cornichons alors ?

_ On les a déjà tous bouffés.

_ Mais évidemment, qu'on les a déjà tous bouffés ! Chte demande de sortir un autre bocal de la glacière. T'ain, je peux quand même pas bouffer mon sauciflard sans des cornichons !

_ Tiens, d'habitude tu prends de la mortadelle, commandant.

_ Détourne pas la conversation. File fissa faire péter le bocal.

_ Pas question que je quitte mon poste.

_ Est-ce que je peux savoir ce que tu fais de si important pour que tu ne veuilles pas te mettre glorieusement en quête d'un bocal de corniches pour ton commandant, ptit gars ?

_ Je fais chauffer des chipolatas.

_ Oais. Des chipos, ça le fait dans un bombardier. Je t'avais dit de pas tenter ça ici, garçon.

_ Marre de manger froid, dans mon coin.

_ Eh ! Avec quoi tu les fais chauffer tes saucisses, garçon ?

_ Ben. Au micro-ondes.

_ Mais t'es pas taré, non ? Espèce d'hérétique !

_ Ben quoi ?

_ Crétin ! On t'a jamais dit que le micro-ondes c'était de la merde en branche ? File voir le lieutenant aux radars. Il a son barbecue de poche dans un coin. Une vraie merveille, garçon.

_ Oais mais faudra faire gaffe pour la fumée. Si des fois y'en a dans tout l'avion. En plus la clime est en rade depuis des lustres.

_ Oais. Et puis le graillon, ça grésille dans les écouteurs.

_ M'en fous. Veut bouffer les chipos au barbecue. C'est moi le commandant. Et n'oubliez pas la moutarde. Et les ptits pains pour faire des hots dogs. Oais.

_ Et pis on avait dit aussi les bananes chaudes avec le chocolat fondu, commandant.

_ Mais où tu vas le faire fondre, ton chocolat ? Surtout qu'à quinze mille pieds au-dessus du plancher des vaches, on se glace les couilles.

_ Bah j'ai ma casserole et mon réchaud, juste là, sur mon pupitre !

_ Si jamais t'en fous partout sur tes instruments, je te balance par-dessus bord, garçon. T'ain, fais chier. Bon, le copilote, file un peu la mayo.

_ Servi.

_ Et sors-moi un pack de quatre du ptit frigo.

_ Tiens.

_ Hips. Breuuuurh ! Rha, l'est bonne. Dis, est-ce que les larbins ont correctement nettoyé le palonnier ?

_ Nettoyé de quoi ?

_ Ben, tu t'rappelles, la fois où on a bouffé des graines de tournesol ? Le trou d'air qui a fait se renverser toutes les rognures ?

_ Ah ouais. Ben je sais pas en fait. Elles avaient glissé partout, alors il doit bien en rester une ou deux. Si ton palonnier se bloque tu sauras à quoi c'est dû.

_ T'ain, et si on est attaqué ? Si des chasseurs d'en face nous tirent sur le coin de la tronche ? Ou des missiles sol-air ? Des défenses anti-aériennes ? Et qu'il faut faire des manoeuvres d'évitement ?

_ Tu dramatises trop. Ceux d'en face tirent comme des manches.

_ C'est parce qu'ils savent pas prendre du bon temps dans leurs avions. Comme nous.

_ Heh, c'est quoi, ce boucan ?

_ Quel boucan ?

_ Comme si des balles rebondissaient sur notre fuselage. "Bing", "bing", "bing".

_ Oais, j'entends. T'ain, y'a pas un pet d'ennemi par ici, pourtant. Hein, le radar ?

_ Oais, je confirme. Ce bruit-là, ça vient de chez nous.

_ Allons donc. Cette foutue mécanique de merde nous joue encore des tours. La dernière fois, une plaque a failli se détacher et provoquer une dépressurisation.

_ Nan commandant, c'est pas la mécanique. C'est le sergent, là, aux armements. Y fait péter du pop-corn dans une casserolle !

_ Bah voyons ! Hoh, sergent !

_ Oais ?

_ Avec quoi tu vas le béqueter, ton pop-corn ?

_ Du sirop d'érable.

_ Woh, puuutain ! Peux pas y foutre du sucre, comme tout le monde ! En attendant, n'oublie pas ton commandant.

_ Bien reçu.

_ Bon. Les mecs, c'est quoi, la suite du menu. J'ai les crocs.

_ Pizza aux neuf fromages. Salade de pois chiches. Travers de porc. Porc aux lentilles.

_ Ah bah nan, ça me fait péter grave, ça, le porc aux lentilles ! Va falloir que j'arrive à me concentrer toutes les fois que les gaz me brûleront les boyaux. En plus, j'aurais pas l'air fin : lâcher des caisses en balançant des bombes !

_ Bah tu vois, commandant. Tu es en parfaite symbiose corporelle avec l'esprit de la mission. Prout, boum ! Prout, boum !

_ Ha-ha-ha. T'es vraiment con, toi le copilote, quand tu t'y mets. Et pis d'abord retire tes panards du tableau de bord !

_ Bah ! Et toi !?

_ Moi c'est pas pareil. Je suis commandant. Mouheuharrrh.

_ Ho. Commandant du radio : j'ai une transmission en code de la base pour toi.

_ Balance la sauce, ptit gars.

_ C'est parti !

_ Kcchhhh... Delta neuf huit. Kchhhh... vous m'recevez ? A vous...

_ Oais grand. Chte reçois.

_ Kcchhhh... j'ai un message spécial pour toi du grand manitou. Kchhhhh...

_ Annonce.

_ "Hingmar se fait sucer". Kcchhhh... Je répète : "Hingmar se fait sucer". Kchhhh...

_ Bien reçu garçon. "Surtout qu'elle ne s'étrangle pas". Je répète : "Surtout qu'elle ne s'étrangle pas".

_ Kcccchhhhh... "Le jardinier s'est troussé la cuisinière entre deux jambons". Je répète : "Le jardinier s'est troussé la cuisinière entre deux jambons". Kcccchhhh. A vous.

_ Putain, c'est nul, ces codes de merde. Bon, alors heu : "C'est pas comme ça que ça s'arrangera avec ses hémorrhoides". Je répète...

_ Kchhhh... Bien reçu. "Et mon cul sur ton nez, répondit-il à monsieur le duc." Kchhhhhh...

_ Tain, commandant, c'est quoi ces codes à la con ?

_ Le type qui les a pondus, je le connais : c'est un obsédé de grande classe. Y nous fait le coup à chaque fois.

_ Pfff. L'a rien d'autre à foutre.

_ Ho, commandant, ça veut dire quoi, tous ces messages ?

_ Rien, garçon.  Juste qu'on va devoir remettre à plus tard les bananes au chocolat. On change d'objectif et on va droit au grabuge.

_ Tain.

_ Faites péter les mousses, on va se chauffer un peu les miches et friser les moustaches de ceux-d'en-face.

_ Enfin un peu d'action. Quelqu'un veut des olives ?"

_ Vertes ou noires ?

15 avril 2008

Plénitude

Un petit point noir à l'horizon. Entre deux nuages blancs et un coin de ciel bleu, ça bouge et on dirait que ça file droit vers nous. Merde, qu'on me donne des jumelles, ici. Dans le même temps, mes grandes esgourdes marron-vertes et pointues captent un boucan lascif pas bien loin. Un couple s'envoie en l'air dans un des pavillons qui bordent l'avenue principale. Fenêtre grande ouverte, on a les râles en direct-live. Pétard, qu'est-ce qu'ils se mettent ces deux-là ! De quoi faire marrer mes gars la gueule grande ouverte. Ou leur donner de quoi s'inspirer. Désolé en passant pour toujoursraison mais là on change d'échelle - c'est pas comme des poulets que ça baise là-haut, mais plutôt comme des castors.

Mast m'amène mes mirettes à verres. Je zyeute. J'ajuste. T'ain. Grande vitesse. Je sais pas trop ce que c'est mais ça a le feu au fesses. Le point grandit. Y'a comme qui dirait un truc qui s'agite. Merde, mais c'est Grun. Mais qu'est-ce qu'il fout encore, ce con ? Il vole. Droit sur nous. Il est assis sur une espèce de tapis volant. Qui dégage des flammes et de la fumée grise à l'arrière. Je sais pas s'il est dans la mouise ou s'il aime les effets spectacles. Plutôt la première hypothèse, vu qu'il tente de garder ses miches sauves et fraîches en tapottant dessus. Mais qu'est-ce qu'il a encore branlé ! Va falloir qu'il m'explique.

_ Chef. T'entends ? ça, c'est de la voix. Du timbre.

_ Moais. Lui, c'est un baryton. Elle, une soprano. Ils gueulent pas vulgaire. Z'ont l'habitude de la pratique dans l'harmonie et dans le raffiné. Pas dans le frénétique.

_ En temps de guerre, c'est toujours de bon aloi.

_ "De bon aloi" ? T'a appris ça où, c't'expression ? Chez les terriens ?

_ Oais. Echanges culturels, ça s'appelle.

Bien vu. En attendant les deux baiseurs y vont crescendo. Là, faut admettre, une maîtrise pareille ça force l'admiration. Même les corbacks se sont arrêtés de croasser. Ces deux-là, faudra qu'on me les présente.

Grun se rapproche. L'est à vue d'oeil maintenant. Il garde à peine le contrôle de son espèce de tapis, qui tangue à droite et à gauche. Il va devoir se poser en catastrophe. Je distingue bien à présent les fumées ; son engin crâme petit à petit, et son cul de sorcier malingre aussi : il tourne et retourne sur lui-même pour éteindre une petite flamèche qui lui grille la raie à travers son fute. Je pense qu'il nous a vu, il brinquebale droit vers moi et mon groupe. Faudrait quand même pas qu'il nous écrabouille.

_ Chef, le monsieur, il doit avoir une sacrée grosse b... tu crois pas ?

_ T'ain, Mast, ça c'est ce qui s'appelle de l'esprit d'à propos. Si tu veux, tu y demanderas quand tu y verras.

Mais que fait cet abruti de sorcier ? Il serre ses deux grosses paluches sur l'avant de son tapis et le tire vers lui, comme pour tenter de le freiner. Mais il arrive à que dalle. Des pièces de son truc foutent le camp à présent, en petites traînées derrière lui. Il est en pleine accélération. Il ne peut plus rien faire, ni pour son cap, ni pour sa vitesse.

Puuutain de sa race de sa mère de con de cul, mais y fonce droit sur...

_ Chef, chef, ça y est, écoute, y va lâcher la sauce !

_ Et elle aussi elle monte au paradis, chef !

Oais. De quoi se boucher les esgourdes et regarder le verre de nos bocks péter en mille morceaux. C'est pile poil à ce moment que Grun et son tapis se viandent en plein sur le toit du pavillon du couple vigoureux, faisant voltiger des tuiles et des bouts de charpente de tous les côtés, dans un énorme VLAM BRADABRANG qui couvre le boucan divin de l'orgasme. Non seulement il perce le toit, mais il traverse l'étage et se rétame comme une bouse au rez-de-chaussée, dans un BRAM final. La vache. Il a du foutre une crise cardiaque aux deux sportifs de la jambe en l'air. C'est du tout Grun. En parfaite forme.

_ Bon.

Blasé, à peine étonné. J'ai l'habitude.

_ Dès qu'il aura repris un peu du poil de la bête, amenez-moi ce connard.

Tiens, bah quand on parle du loup. Le vlà  justement qui sort de la cahute, avec à peine une bosse sur le front. Son fute tout cramoisi pendouille sur ses quilles. Il arbore son habituel sourire de crapaud. Avec sa démarche anodine. Il vient vers moi tranquillement. Derrière lui, L'HOMME émerge de ses ruines et tente d'obtenir une explication. Pas joisse du tout. Se cache les parties avec ce qu'il a pu trouver. Content de son insolence, Grun l'ignore.

_ 'Lo, Chef.

_ 'Lut, Grun.

_ Chuis grillé chez Balance.

_ Tu m'étonnes.

_ J'ai pu détaller in extremis. J'avais jamais tenté le coup du tapis mais ça valait la peine. J'ai pu faire péter deux ou trois dépôts, et pas mal de matos. C'est pour ça que ça crâmait.

_ Et alors ?

_ Va y avoir du grabuge, chef. La grande merde, c'est pour bientôt.

_ Tu m'en diras tant.

Derrière lui, L'HOMME tente de s'insérer dans la discussion. Ton énervé. Veut qu'on répare les dégâts ou qu'on lui file du flouze. Je me tourne lentement vers lui. Le zyeute de haut en bas. Il arrête d'un coup sa tchatche, s'interrompt en pleine protestation. Je l'entends faire "glups" alors que je le reluque.

_ Mast.

_ Oais.

_ Tu vois. C'est pas forcément les plus grosses qui sont les meilleures.

_ Tain. Je vois.

_ Déçu ?

_ Pour lui ? Rien à foutre. Pour moi, c'que j'ai me convient.

_ Sage philosophie.

L'autre se rebiffe. Commence à gueuler un peu trop fort. Y devrait  plutôt s'occuper de sa chère et tendre, restée dans ses débris. L'ennui, c'est que sa diatribe outragée risque d'attirer trop de monde. Va falloir apprendre à ce type à rester discret. Note qu'avec sa performance de boules on pouvait se douter qu'au départ il l'était pas. Discret.

_ Chef. C'est quoi des oranges ?

_ Hein ?

_ Rapport à la note de Lénia.

_ Ah ouais. Bah c'est des fruits de terriens.

_ Ah, c'est des trucs qui se bouffent.

_ Oais. C'est pas mauvais. Frais. Juteux. Sucré. Justement, si tu veux, Lénia en aurait pas mal en rab, des oranges. Je pense même qu'elle aurait pas envie d'en manger de sitôt.

_ Oais. Me donne envie d'en bouffer. Mais si on en importe de la Terre ça va nous coûter la peau du cul. Et puis d'abord, ça ressemble à quoi ?

L'HOMME de t't'à l'heure continue de s'indigner et gueule carrément. Bon. Marre. Je donne un coup d'oeil à Grun. Il pige. Se tourne vers le type. Tend la main, murmure un truc dans sa barbe. Un éclair sort de sa main et vient frapper le gars pile aux coucougnettes. ZAP ! BAMF ! Un petit nuage de fumée, et hop ! C'est plus des roubignolles qu'il a entre les cuissôts, c'est... des oranges.

_ A ça.

_ Tain. Pas râgoutant.

_ Balise pas. Celles-là sont déjà vidées de leur jus.

_ Valent pas tripette.

_ On ira chercher chez Lénia les vraies bonnes. Sûr qu'elle te les donnera avec plaisir.

11 avril 2008

Hors sujet

Je n'ai pas trop compris. Dans mon rêve, j'ai vu des schtroumpfs. Des tas de schtroumpfs. Ces bonshommes à la peau bleue. Des myriades. La schtroumpfette se trouvait dans une clairière, allongée, baignant dans une flaque de foutre, entourée par ses petits camarades qui se l'enfilaient par tous les trous. Du grand schtroumpf - vieux cochon, va ! - au schtroumpf à lunettes dont ce devait être le dépucelage étant donné son air benêt, ils allaient tous à la curée. Ils lui faisaient essayer toutes les positions sans tabou, et avec tous les objets possibles et imaginables. Au fond, je n'aurais jamais imaginé à quel point une bite de schtroumpf pouvait être aussi énorme. Comme quoi.

_ Chef. Les schtroumpfs, c'est des trucs de terriens.

Je sais. Mais il y a quelque chose de fascinant, là-dedans. La schtroumpfette, par exemple. Au départ, personne ne semble se souvenir qu'il s'agit d'une création sordide du méchant Gargamel. Juste histoire de faire une tentative pour briser l'harmonie pérenne d'une communauté exclusivement masculine. A croire que les petits hommes bleus ont pu prospérer sans la moindre créature féminine, et que l'intrusion d'une fille, ça fout tout en l'air. On voit des hommes schtroumpfs, des vieux schtroumpfs, et même des schtroumpfs noirs - avec un rôle péjoratif, attention. Mais à part cette blondasse bleue, pas une trace de grand-mère, mère schtroumpfs, de soeur schtroumpf, de fille schtroumpf.

Sans déconner. Tous condamnés à se taper une branlette au coin du feu, les petits hommes bleus ? Après tout, que peut-on attendre de pauvres types qui vivent dans des maisons qui s'inspirent de moisissures, dont certaines peuvent vous empoisonner ?

Au départ, elle était brune. Moche. Les tifs en pétard. Limite mégère. Elle devait servir à Gargamel pour anéantir une bonne foi pour toutes le village de ces petits cons. Puis, après je ne sais quelle transformation magique, elle devint une bombe blondasse ultra glam prête à faire bander n'importe lequel d'entre eux. M'étonne pas que je la vis de se faire troncher. Dans mon rêve, y'a pas : elle aime la queue.

_ Chef. Fais gaffe. Les terriens vont t'attaquer en justice. Tu t'en prends à une marque déposée, tu la dénigres et tu la réduit à un mauvais film porno. En plus de l'idéalisation et du modèle que l'on propose aux enfants. Et je te parle pas des féministes. Tu vas te les foutre à dos.

_ Ouais. Je m'en excuse bien volontiers auprès des terriens. Je sais que c'est du grand n'importe quoi. On maîtrise pas ses rêves. Promis, la prochaine fois je les garde pour moi. Il doit y avoir un rapport inconscient avec notre situation.

Je vois pas trop lequel, au fond. Entre une partouze bleue au milieu de la forêt, et un champ de bataille à l'échelle d'une planète, il y a une chiée de différences.

_ Balance va bientôt revenir. On va juste avoir le temps de décrocher sur la forteresse.

On ne pourrait pas la tenir. Pas avec Carnage sur notre droite. Pourtant, elle commande la vallée de l'Alang. Il fallait trouver autre chose.

_ Grun a pu foutre son merdier avant. Il a essayé de faire passer ses gars pour des mecs de Carnage afin de semer la confusion et raviver les rancoeurs. Un sorcier, ça sert à ça aussi. Se donner l'apparence de l'ennemi. Il y a eu des morts.

Pas mal joué. Mais il y a un hic. Si le magos réussit ses raids, les renseignements qu'il nous renvoie restent très vagues. Il ne parvient pas à savoir exactement ce qui se trame chez ceux d'en face. C'est un signe. Carnage et Balance se prennent des coups, mais ça ne les pertube pas vraiment. En réalité, ils anticipent. Ils savent qu'on leur tourne autour. Il ne faut pas qu'ils se rabibochent et se lancent en même temps à un moment où nos manoeuvres nous mettent à découvert. Diviser pour mieux régner. Un vieux truc, même les terriens connaissent ça depuis longtemps. Jusqu'ici, ça avait marché. Un putain de casse-tête à résoudre. Grun devrait certainement faire du rab.

_ Il va rester sur la brèche encore un peu. A faire du sabotage. Ce sera toujours ça.

_ Il va grincer des dents.

_ Il devra s'y faire. Y'a pas le choix. A côté, je veux qu'on mette en place des actions de guérilla. Il y a assez de jungle pour ça dans la vallée. On aura un peu d'oxygène. Et ceux d'en face croiront qu'on est à cran. Grun ne reviendra qu'après.

_ A qui on va confier ce job ?

_ Donne ça à Brohonk. Il se rouille un peu les fesses en ce moment.

Ceux d'en face sont bourrés de suffisance. Il ne se voient que comme des puissants. Cela se sent. Ils nous méprisent. Nous sommes des parias. Des bouche-trous. Cette planète, c'est un piège. Ils nous instrumentaliseront et nous anéantiront. C'est leur but. Les plans à l'intérieur des plans, pour paraphraser le "Dune" des terriens. C'est certainement pour ça que je fais des rêves débiles.

La manoeuvre. Louvoyer. A tous les niveaux.

C'est tout ce que nous avons.

C'est tout ce que nous pouvons.

10 avril 2008

Je hais les bobos

Salanga, dans la vallée de l'Alang. Nous venons de reprendre la ville. Ceux d'en face ont foutu le camp la queue entre les jambes. Pertes acceptables, pour nous. Peut-être un peu trop facile. 

Mast observe l'horizon bouleversé, le regard perdu dans les couleurs marron orange des cieux, des flammes et des fumées. Songeur. Préoccupé. Prend sa gourde et s'avale une gorgée. S'essuie les lèvres à la manche.

_ Faut sûrement s'attendre à un coup fourré, si tu veux que je te dise.

_ T'as une idée ?

_ Pas vraiment. Juste une intuition. A la façon dont je vois que ça bouge chez ceux d'en face.

Je me suis mis dans la tête de faire rappliquer mon crétin de sorcier. Allez savoir où Grun s'est fourré. Souvent introuvable quand ça sent le grabuge. A peaufiner des embuches à sa façon, ou bien à faire semblant de mettre en oeuvre sa magie.

_ C'est Carnage qui est à l'affût.

Ouais, ça lui ressemblait bien. Je me disais bien qu'on avait la vie dure depuis quelques temps. Il nous fait payer cher nos avancées sur le terrain, et il garde toujours une sale idée à mettre en oeuvre. Pour plus tard. L'homme connaissait nos faiblesses. Il était venu pour régler ses comptes, mais pas seulement contre nous. Contre toute attente, les rivalités divisaient aussi l'ennemi.

_ Balance l'a laissé s'enliser quand on a débaroulé au nord de l'Alang, et exprès. Ils ont leurs visées propres. En dehors de la volonté de s'attribuer la victoire vis-à-vis de leurs huiles.

_ Il s'est peut-être arrangé avec lui. Ils veulent nous couper sur nos arrières et nous laisser nous enfermer dans la ville.

_ Gros comme une maison. Sûr qu'il y a autre chose.

Le sorcier émerge d'une casemate. Un sourire mauvais lui enlaidit sa face de crapeau. Derrière lui, un ponte de la ville. Merde. Il allait falloir travailler un peu ce magos de mes deux.

_ Grun. Le négoce et la transformation de matières premières agricoles, c'est ça ?

_ Y'a pas de petites économies.

Je l'ai entraîné à l'écart. L'édile est resté dans son coin, sans cesser de nous fixer. Il n'avait pas l'air disposé à tout accepter.

_ Vas-y quand même mollo. T'es tombé sur de gros stocks de grains cachés en arrivant ici. Si tu leur files de la farine à prix d'or, à qui tu comptes faire croire que tu l'as trouvée par hasard ?

_ On n'est pas plus fauchés qu'eux.

_ A peine. Ménage les caciques locaux. C'est pas parce qu'on les a débarrassés de Carnage et de Balance qu'on va tout se permettre en loucedé. En attendant, j'ai un boulot pour toi.

_ Annonce.

_ Prend quelques gars sûrs et va faire un tour. Carnage n'a pas lâché le morceau comme ça. Je veux savoir ce qui va nous tomber sur la gueule.

_ Ouais.

J'ai du prendre l'édile à part. Personne n'allait crever de faim. Néanmoins, il faudrait qu'il nous refile des noms. En nombre suffisamment éloquent pour qu'on se rassure,  si des fois ceux d'en face avaient laissé des gens à eux dans cette ville de merde. Tout se monnaye. Si par hasard ça ne donnait rien, alors c'est lui et son entourage qu'il faudrait garder à l'oeil. La roublardise de Grun nous arrangeait.

_ Pas mal ton blog-it, chef.

_ Ouais ?

_ Mais trop cérébral pour moi.

_ C'est parce que je pige rien aux terriens.

_ T'es pas le seul. Sont compliqués ces gens-là.

_ Trop précieux. Toujours à songer à leur petit bonheur et à faire semblant de dire "je suis heureux, je profite, et je le montre à qui veut bien me voir". Des hypocrites et des schizophrènes qui se complaisent dans un semblant d'objectivité.

_ Ouais.

_ Toujours à se dire ouverts. Mais il faut toujours montrer tacitement patte blanche avant de faire partie de leurs groupes sociaux à l'aide de codes incompréhensibles. Ils ont de ces putains de codes. Ils passent leur temps à se fermer leurs portes. Si t'es pas de leur monde, t'existe pas. Surtout si tu te demandes qui met en place les codes, les préjugés et les interprétations. Donc qui choisit et qui exclue. Ils engendrent entre eux une soufrance intérieure extraordinaire. Une ambivalence inclusion-exclusion-frustration. Leur société de consommation n'arrange pas les choses. L'avoir. Le matériel. L'individuel. Le mythe du  bonheur érigé en idéologie et en dogme.

_ Tain. Trop métaphysique pour moi. Tu devrais étudier leur sociologie, chef.

_ Autre chose à foutre.

07 avril 2008

Star Steak

STARRING

Captain Keurque .......... Notre bon chef Zhang

M. Spauque .............. Grun

M. Soulout ................ Mast

M. Scote ............... Argolphe

M. Tchéquoffe .......... Brohonk

 

Ta-tadaaaaaaaa-tatatata-taaaaaaaaaa..... Tadaaaaaaaa (Ceci est censé représenter les quelques mesures qui annoncent l'accroche musicale du début de l'épisode. Quoi, qu'est-ce qui y'a ? L'est pas belle mon accroche musicale ?)

_ L'espââââce (voix-off basse, pleine de suspense). La dernière frontière. C'est dans l'infini du vide intergalactique que se font les voyages et les aventures intersidérales du vaisseau Enteurprayz et de son vaillant équipage. Toujours à la recherche de nouvelles formes de vies, de nouvelles civilisations, à travers l'inconnu des mondes nouveaux, différents, et parfois... (trémolo de circonstance)... hostiles.

_ Oh, la voix-off, ça va, ta gueule !

_ Hein ?

_ Commence pas à faire chier avec ton boniment. Déjà, t'intéresses personnes avec ton intro à deux balles, en plus fais fissa parce qu'on n'a pas que ça à foutre !

_ Ah bah si c'est ça, démerde-toi, moi non plus j'ai pas que ça à foutre !

_ Bon débarras ! Bon, maintenant l'épisode peut commencer. Faut dire qu'on est sacrément à la bourre sur ce coup. Monsieur Soulout.

_ Oais captain.

_ Nous n'avons pas un instant à perdre. Dirigez-nous sur les coordonnées suivantes : Azymut 307, angle  42/7 x-1 + 5 facteur 4, vitesse exponentielle facteur 32. Il s'agit plus précisément de la planète ED-627 bis trois quarts.

_ Gnhein ?

_ Eh bien Monsieur Soulout. N'avez-vous pas entendu mes ordres ?

_ Captain ? Me permettez-vous une question ?

_ Allez-y Monsieur Soulout.

_ Pourquoi faut-il toujours qu'on se prenne la tête, notamment avec des noms de planètes débiles ? Toujours des lettres et des numéros qui se mélangent, ça fait pseudo-scientifique, mais franchement, c'est con.

_ D'accord avec vous, Monsieur Soulout. Mais je suis pas cartographe de l'espace. Un clampin dans un bureau sidéral quelque part a décidé que cette planète devait absolument s'appeler ED-627 bis trois quarts, alors on l'appelle ED-627 bis trois quarts, un point c'est tout.

_ Mais pourquoi précisément ce nom ?

_ Eh bien, Captain, Monsieur Soulout, j'ai une idée de la réponse logique.

_ (Ayé. Spauque veut causer. Je sens que ça va être grandiose. Pendant ce temps-là, on est toujours à la bourre.) Je crois vraiment que ce n'est pas indispensable, Monsieur Spauque.

_ Captain, en toute logique...

_ (Il me casse les couilles burnes noix sérieux avec sa logique de mes deux gonflante)

_ ... Je suis quand même l'officier scientifique au sein de l'équipage de ce navire. Je me dois d'apporter mon concours en toutes circonstances afin de faire avancer ne serait-ce que d'un pas...

_ On s'en cogne, du nom de cette foutue planète. Je vous rappelle que nous sommes à  la bourre, messieurs, et qu'il faut fissa qu'on aille sur ED-627 bis trois quarts. Le barbecue chez les klingons n'attend que nous. Vous savez quand même que ce n'est pas rien, un barbecue chez les klingons.

_ Captain, j'ai Monsieur Scote dans la salle des machines, qui veut vous joindre à l'inter.

_ Oui Scote ?

_ Captain, on a un problème avec le bolétruriteur d'énergie principale dans l'oxymatroton du bistraleur maximal.

_ Ce qui veut dire ?

_ Eh bien, vous n'êtes pas sans savoir que le bolétriruteur conditionne l'action de l'oxymatroton lorsque l'on veut faire entrer les moteurs du vaisseau en phase de nutrasublimation exominale, ce qui permet la réaction intracyclique hémistasique pour la vitesse exponentielle.

_ (Encore du vocabulaire à la con chiant incompréhensible). Scote, allez au plus clair je vous prie.

_ Eh bien, on a pété une durite, captain.

_ Quelles conséquences ?

_ Pas de vitesse exponentielle. Nous allons nous traîner dans l'espace comme un escargot.

_ Eh merde !

_ Alors, pour le barbecue chez les klingons, c'est foutu ?

_ Non. Il y a peut-être une solution.

_ Je vous écoute, Scote.

_ Captain. Je suis sûr que vous savez que l'on peut obtenir la somme des énergies maximalisées en amorçant la pompe tragolonique, ce qui permettra de générer un circuit auxiliaire suffisant pour une dérivation génioxydique d'une bonne partie des circuits diphasotaxyques. Dès lors, je suis certain que vous comprenez tout comme moi qu'avec un bi-branchement matricurital des circuits diphasotaxyques sur les résistances xyxomiliennes...

_ Non Scote, je conteste votre analyse.

_ Monsieur Spauque ? Qu'est-ce à dire ?

_ Eh bien oui. Vous ne pouvez pas tenter une dérivation génioxydique à partir de la pompe tragolonique. Vous devrez effectuer préalablement un tri-quatrobranchement métasimique sur les cristaux cabamériques...

_ (Putain j'ai mal à la tronche moi)

_ Je suis d'accord avec vous, Spauque ! Mais ce con d'enseigne Clifton était de service, ce matin ; il a malencontreusement posé son bock de bière sur notre circuit de cristaux cabamériques ! Le bock s'est renversé, ça a niqué tout le circuit et les cristaux se sont transformés en sucre glace !

_ Chiotte. N'empêche, c'est bon le sucre glace.

_ Oui Monsieur Tchéquoffe. On aura déjà ça a apporter au barbecue des klingons. Si on y arrive.

_ Donc, captain, j'en reviens à ma première solution. J'en étais au bi-branchement matricurital des circuits diphasotaxyques...

_ (TA GUEUUUULE !!!) Scote, il me serait agréable que vous soyiez réellement plus synthétique et précis dans votre exposé...

_ Eh bien, on peut ravoir la vitesse exponentielle. On dispose des vélos dans la salle des machines, et on fait pédaler tout l'équipage !

_ Je proteste. Scote, je conteste encore votre analyse.

_ Mais qu'avez-vous donc, Monsieur Spauque.

_ Eh bien, en ma qualité d'officier scientifique de ce navire, eh bien, je le dis, je le clame...

_ Oui ?

_ Il y a un danger de sécurité.

_ C'est-à-dire...?

_ Euh... J'ai trop mal aux jambes, je peux pas pédaler. En plus j'ai un gros bleu sur le haut de la cuisse gauche.

_ Vous vous foutez du monde, Spauque. Vous pédalerez comme nous tous. Allez ! Disposez les vélos ! Tout l'équipage en salle des machines ! Tchéquoffe, Soulout, parés pour la vitesse exponentielle ! Le barbecue klingon nous attend !!!

_ Est-ce qu'il y aura des steaks de garboufle ?

_ Bien sûr, Monsieur Tchéquoffe ! Bien tendres, pour tout le monde !

_ Oais !

_ Eh bien moi, j'aime pas le steak de garboufle.

_ Spauque, faites pas votre rabat-joie.

_ Désolé captain. (De toute façon, vous vous êtes tous bien gourrés comme des gros blaireau ; la planète, son nom c'est pas ED-627 bis trois quarts, c'est ED-627 bis neuf dixièmes, d'abord ! Ahaha. Vous voilà bien attrapés, hein !)

(retour de la voix-off) Et l'Enteurprayz, avec son vaillant équipage, s'en va vers de nouvelles aventures aux confins de l'espaaaaace, toujours à la recherche de nouvelles formes de vies, de nouvelles civilisations...

_ Mais tu veux pas la fermer ! On a dit qu'on allait au BARBECUE !

 

Ta-tadaaaaa, tatatata-taaaaaaaaaaa (décrochage musical final)

THE END

  

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04 avril 2008

Le roi barbare 2

_ PRRRRROUUUUTTT!!

_ Ah, non, pouah, le dégueulasse !! Faut vraiment qu'il s'arrête, passque là, je vais lui foutre mon poing dans la gueule, si je lui gerbe pas dessus d'abord !

_ C'est pas pour faire comme si je comptais les fois, mais aujourd'hui, admettons-le : il est en sacrée forme !!

_ Tu parles ! Moi, je l'ai fait, le calcul : il lâche sa caisse toutes les deux minutes trente. Environ, hein !

_ T'ain, il est réglé comme une horloge ! Quelle belle régularité !

_ Ah, bah manquait plus que ce soit une science exacte !

_ Presque, garçon, presque ! C'est quand même bien connu : selon ce que tu bouffes, t'as plus ou moins les tuyaux en révolution !

_ En plus, avec un gars à la cadence aussi soutenue, la ventilo de notre salle à tendance à ramer...

_ Vu la gravité de la situation où nous nous trouvons, ainsi que notre état d'impuissance face à une telle agressivité olfactive, la seule question diplomatique majeure que nous pouvons présentement nous poser est de savoir si ça sent l'oeuf pourri ou la merguez grillée...

_ MOUHAHAHAHAHAHAHARRRRRRHH !! JOULI PINSON VOLE GAIEMENT DANS ARBRRRRES EN FLEURS ! MOUHAHAHARRRR !!

_ Ouais. C'est certain.

_ Quelqu'un a une idée de ce qu'on pourrait lui répondre ?

_ Nan. Moi ça dépasse mon entendement.

_ Mais qu'est-ce qu'il cherche, ce roi de mes deux ?

_ Chuis sûr que c'est une histoire de butin. Il va encore dire qu'on lui a sucré une partie de celui d'Alkano !

_ Oais ! C'est du chantage, qu'il nous fait !! Il veut nous piquer de la thune !

_ PRRRRRROOOOOOOUUUUUUUUUTTTT !!!

_ Et alleeez ! Deux minutes trente, pile-poil, montre en main ! Ce type est un chronomètre en forme de cul monté sur rotules !

_ Remarquez, les gars, on pourrait compter à rebours : encore deux-trente avant la prochaine éruption !

_ Ce qui nous donnerait le temps d'imaginer une riposte...

_ Hein ? Tu veux lui péter au nez ??

_ Et pourquoi pas ? Avec ce loustic c'est comme ça qu'on doit fonctionner : plus fort on pète, plus fort on se fait entendre.

_ Puuuutain, non mais on rêve ou quoi ? Z'imaginez le niveau des négociations diplomatiques ??? A l'échelle de l'univers, ça pourrait être le sort de planètes entières qui serait réglé à coup de pets !!

_ Pour ma part, et ceci dit sans ironie aucune : j'ai pas bouffé assez de fayots pour pouvoir envisager la moindre forme de représaille qui tienne la route.

_ Surtout avec un rustaud pareil ! Là, faut quand même s'avouer vaincu. Il nous enfonce tous !

_ Sans dec, les gars. Vous voulez pas essayer quand même ? Si jamais on l'impressionne, ça donnera plus de poids à la négociation.

_ Comment ça, plus de poids ?? On est cinq, il est tout seul, je vous le rappelle, les mecs. Et sur le terrain militaire, on a le nombre, et lui c'est juste un contingent d'abrutis qui nous sert de chair à canon.

_ Ben oais mais là...

_ Il a trouvé le moyen d'éviter l'hégémonie de l'hyperpuissance galactique !!

_ Chef. Sérieux. Il verra qu'au moins sur ce plan-là, on est son égal.

_ Disons plutôt qu'on se met à son niveau, c'est pas pareil.

_ Faites gaffe les mecs ! Encore trois secondes avant le prochain coup de canon !!

_ Deux...

_ Une...

_ ...

_ Ah bah il est à la bourre, là !

_ Il a peut-être vidé ses boyaux !

_ Tiens, regardez-le, on dirait qu'il s'inquiète !

_ Oais, l'est tout pâle, là !

_ Alors connaud, on n'arrive plus à placer sa caisse ? On fait plus le fier, hein ?

_ 'Tention, il va t'entendre.

_ 'T'endez les gars, on dirait qu'il...

_ Eh merde !

_ PRRRRRROOOOOOOOOUUUUTTTTTTT !!!

_ OUTCH !

_ Le salaud !

_ MOUHAHAHAHAHAHARRRRRR !!! TENDRESSE PETITS POUSSINS DUVETEUX DANS NID DOUILLET !! MAHAHARRRR !

_ En plus, beuuuuhhh ! A chaque fois ça s'empire !

_ Oais : ça SENT PIRE.

_ Allez les gars !! Fais chier ! On doit lui montrer ! A notre tour ! Qui se dévoue ? Mast ?

_ ça va pas non ?

_ Chef ? T'en as pas un de côté à lui lancer ?

_ Pas de cet acabit !

_ Moi, les gars ! Sûr que j'ai ce qu'il faut !

_ Vas-y, Grun !! Montre-lui ! On est tous avec toi !

_ Allez !

_ 'Tendez ! Gnnn !

_ Pousse, gars !

_ Prt.

_ Quoi ?!

_ C'est tout !?

_ Puuuutain ! On est vraiment mal, là !

_ Désolé, les gars ! Je vous ai trahi !!!!

_ MOUHAHAHAHAHAHAHARRRRRHHH ! PETIT SCARABEE ENCORE BESOIN APPRENDRE BEAUCOUP CHOSES !!!

_ Tu l'a dit.

_ PRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRAAATTT !

_ Okay, okay, okay, on se calme !

_ Ouch !! On a compris !

_ Booooon. Contre ça on peut pas lutter. Y'a qu'à lui laisser le tiers du butin, pis voilà !

_ T'ain. On vient de se faire enfumer.

_ Dans tous les sens du terme !

02 avril 2008

Huuuuufffff (gros soupir blasé)

Chers Terriens.

Loin, loin, très très loin de votre belle Terre.

Loin de Lénia, de ses sangliers, de ses poils et de son vin pression, loin de toujoursraison et de sa blonde, de la fée gnasse et de ses poissons d'avril, pour ne citer qu'eux.

Dans le vide intersidéral de l'espace profond, dans le vaste Univers éclairé par les étoiles et abritant le mouvement perpétuel des galaxies : il y a du bordel. Mais alors, du bros gordel, euh pardon, du gros bordel.

Enfin, j'exagère un chouilla, car c'est d'abord surtout par chez moi qu'il y en a. C'est-à-dire dans le trou du cul de l'espace.

En fait.

Mast, par exemple. Ce connaud a encore fait péter sa cabine dans notre vaisseau. Un de ses alambics lui a encore sauté allègrement à la tronche, alors qu'il s'était lancé dans la mise au point d'un nouveau tord-boyau. Il en est sorti, le visage noir de crasse, les fringues en lambeaux, avec ce petit air tristoune d'extra-terrestre malmené dans toute sa sensibilité (attendrissant, vous auriez vu !), et une larmichette à l'oeil.

Brohonk, ensuite. Celui-là déteste les rats, les souris et les rongeurs divers. Enfin bon, ce n'est pas tant qu'il les déteste, c'est qu'il en a une trouille bleue à en pisser dans son calbut par litres. Bon, j'admets, on peut pas dire que notre beau navire de l'espahace tout neuf soit bien tenu, vu que des rats, des souris et des rongeurs divers nous font parfois la grâce de leur compagnie. Le problème, c'est qu'un guerrier rustaud de l'espace qui se fait son trouillomètre à zéro à la vue d'une pitite souris toute mimi, ça fait quand même désordre. Encore plus si ledit guerrier est un pyromane accompli qui ne jure que par les lance-flammes et qui adore s'en servir pour un oui ou pour un non. Alors bon, chers Terriens, je vous l'assure, le spectacle est parfois surréaliste.

Tenez. L'autre jour, il a foutu les boules à tout notre monde : en tenue de combat, le cirage sur la gueule comme pour aller sur le terrain, lunettes de soleil sur le nez, cigare aux lèvres, avec son lance-flammes préféré, il s'est mis à déambuler dans les couloirs du vaisseau, à la recherche de la moindre souris. En hurlant  "MAIS TU LA VEUX TA PUTAIN DE GUERRRREUUUH". En plus, le cigare plus le lance-flammes, merde, ça craint ! Dès qu'il en voyait une, ou qu'il CROYAIT en voir une, il giclait sa sauce à vingt mètres ! Gare à celui qui passait ! Chaud les marrons, chauds !

Le pire, voyez-vous, chers Terriens, c'est qu'on pense qu'il n'a pas été foutu d'en dézinguer un seul. De rongeur. Pas con les bestiaux.

A la rigueur, ça irait si ces pauvres petits animaux approchaient de la taille d'un cheval ; mais hélas (!) nous n'avons pas ça par chez nous, alors on sombre quand même dans la disproportion.

Alors fais chier, quoi. Maintenant, on a des kilomètres de couloirs noircis, faut refaire la peinture !!

Dans un autre registre, nous avons Grun et Argolphe. Ceux-là, lorsqu'ils ne se querellent pas, ils foutent quand même leur part de boxon. Dernièrement, ils se sont mis dans la tronche d'organiser un pique-nique sur un grand astéroïde. Au beau milieu d'un champ d'astéroïdes. Brohonk se chargeant par ailleurs de faire cuire les brochettes au châlumeau. Bon, vraiment, je me doute bien que le paysage spatial doit être magnifique mais je sais pas comment on peut faire pour siroter sa boisson ou bouffer son sandwich, sa tomate, son oeuf-mayo et ses chips en étant revêtu d'une combinaison spatiale. Surtout qu'il n'y a aucune gravité sur un astéroïde. Argolphe pensait avoir résolu le problème en mettant la bouffe et la boisson A L'INTERIEUR de la combinaison, avec je ne sais quel système fumeux de bouteille, de paille, de râtelier et de présentoir automatique, juste sous le nez. Vraiment convivial.

En tout cas, les loustics n'ont réussi qu'à se fourrer des morceaux et des gouttes qui flottaient partout BIEN A L'INTERIEUR de leur combi.

Grun a voulu réagir en créant une bulle de gravité et d'oxygène sur l'astéroïde, histoire de pouvoir étendre son beau napperon à carreaux rouges à même le "sol", mais ces pieds nickelés de l'espace ont dû foutre le camp la queue entre les jambes en s'aperçevant qu'un autre astéroïde filait droit sur eux pour les percuter. Z'ont juste eu le temps de ramasser leur viande dans leur vaisseau et de prendre la poudre d'escampette.

Changeant de stratégie dans la volonté d'emmerdement, les deux gars ont trompé leur ennui dans les parties de cartes. Seulement, ils trichent. Et ils trichent mal. Ils se font pincer à tous les coups ou presque, et provoquent régulièrement des bagarres dans le vaisseau. J'ai dû envoyer au trou pas mal de monde, histoire de calmer les esprits.

Ah, je vous jure.

Nous sommes réellement un modèle de management et de gestion des ressources humaines !! Z'avez pas un DRH à me conseiller ??

Bon, allez, les Terriens. Je vous fous la paix avec mes emmerdes.

Un bock !

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