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06 mai 2008
Les mentors 3
_ Salut les terriens !
_ Oué, salut les terriens !
_ Vous vous souv'nez de nous ?
_ Nan ?
_ Pourtant, vous avez déjà entendu causer de nous ici !
_ Oué. Moi c'est Harschol.
_ Et moi, Horokor.
_ On est les vieux de la vieille.
_ On était de toutes les batailles et de toutes les bastons, dans toutes les galaxies.
_ Maint'nant, on se repose la couenne, oué ! On est un peu les retraités de l'espace.
_ Enfin, retraités ! C'est manière de dire, passke depuis peu, on a repris du service.
_ Ah oué, il fallait, histoire de reprendre en main ces ptits jeunes, là, hein.
_ Oué. Allez, un bock ! Gloups. BRAAAAAAH !
_ BREUUUUUH !
_ Mouheuharh !
_ Bon, dites. C'est marrant, un blog, quand même, pas, camarade ?
_ Oué. On en voit, de ces trucs, dis. Tiens, Harschol, chuis sûr que t'as pas traîné pour aller voir des sites cochons sur l'internet des terriens. Hein, vieux pervers ? Mouhahaharrrh.
_ Tu m'étonnes, mahahahahrrr, les terriennes sont bonnasses, j'aimerai bien y faire un tour, sur c'te planète, tiens !
_ Ho, calme-toi, vieille croûte, ou je te balance un seau d'eau ! Rien qu'en voyant ta sale tronche, elles vont faire une syncope, les pôvres !
_ Moué, sûr, chuis un affreux, moa ! Mouheuharhh ! Et c'que j'ai dans le pantalon, c'est une horreur aussi !
_ Mouhahahahharrrh !
_ Bon, les terriens. Vu que le ptit Zhang est en récup...
_ ... Moais. Au chaud dans son pieu, dans l'hosto de son gros vaisseau, avec une infirmière plantureuse qui lui taille de ptites pipes de temps en temps, mouhahahahaharrrr !
_ ... Meuheuharrr ! Donc vu que le ptit Zhang a été blessé, et qu'il faut bien qu'il se retape un chouilla, et bah c'est nous qu'on est v'nu à la rescousse !!
_ Oais !! Faut dire que ça nous arrange, passk'à force on finissait par se faire chier, tout de même.
_ Oais, faut admettre. Jusqu'ici, on vadrouillait d'une planète à l'autre en attendant que ça pète, que des mecs s'étripent bien sagement, et puis on se contentait de les regarder se bastonner et s'entr'égorger, assis sur un banc à siroter nos bocks.
_ Au départ, on se marrait comme des hyènes, mais l'action, ça finit toujours par manquer un peu.
_ Oais ! Moi j'ai compris ça quand une fois on s'est jeté dans un combat au corps à corps...
_ ... Oais, c'était comme un TOC ! Un trouble obsessionnel compulsif, mouhahahahahrrrr !
_ ... Et dans le feu de l'action on a éventré tout notre monde à la machette ! Mouhahahahharrr !
_ Alors y'a pas, on s'est dis qu'on allait rechercher de l'activité !
_ Oais ! BREUUUUUH ! On a eu une petite idée à nous, et on a volé un vaisseau.
_ Le genre coursier, voyez. Rapide, économique, puissant, ce qu'il faut.
_ Et on a engagé une ptite troupe.
_ On s'est octroyé une zone de patrouille dans un secteur fréquenté par des vaisseaux de commerce...
_ ... Et puis on a fait un petit peu de flibuste. Pour se marrer. BROARRRRH !
_ Oais, c'était fun ! Arraisonner les navires, faire un peu de pillage, de la revente du butin, ramasser des otages contre une rançon !
_ Ah, ça, faut dire, on connaissait pas ce domaine, on a découvert ! Alors bon, y'a eu des ptits loupés, parfois !
_ Oais, tu parles de quand on a voulu transférer notre tout premier otage de notre vaisseau à celui qui venait le récupérer contre notre belle rançon ?
_ Oais. Il était juste dans le sas de communication amovible entre les deux bâtiments. Je le croyais déjà parti, tout content d'avoir retrouvé sa liberté, et moi j'appuie sur les boutons pour commander le repli du sas...
_ En fait, ce con s'était attardé, on n'a jamais compris pourquoi, alors du coup il s'est retrouvé comme un con dans le vide spatial...
_ Aussi mort qu'on pouvait l'être, le pauvre, mouhahahaharrrrh !
_ Oais, mouhahaharrrrh !
_ Alors ceux qui venaient libérer l'otage en question, eh bah ils ont cru qu'on l'avait fait exprès et qu'on avait tout préparé pour les enfler.
_ Ah, bah c'est sûr, hein ! Surtout qu'on avait gardé la rançon !
_ Et qu'on a filé avec.
_ N'empêche, dix jours de course-poursuite, entre nébuleuses, trous noirs et champs d'astéroïdes... y nous ont pas lâchés, les morbaques.
_ Ha nan. On les comprend, d'ailleurs. Broh.
_ Hey, tu te souviens, la fois où qu'on est tombé sur un vaisseau plein de sex toys ?
_ Mouhahahahahrrr, oais, tu parles si je me souviens ! Des poupées, des godes, des vibros, des pilules, des crèmes, des trucs et des machins informes, longs, épais, du cuir, des clous, des fouets... Rhoooo, y'a des engins, chavais mêm pas qu'ça existait ! Breuh.
_ Brah. Et dans le même temps, on se faisait notre petit racket, hein ?
_ Oais. On interdisait à tout navire de passer, sauf s'il nous payait notre petit dû en brouzoufs sonnants et trébuchants. Là, ça nous a fait un bon pitit paquet de pognon, pas ?
_ Moais. C'est astronomique, comme dit l'autre crétin de journaleux, Morton chais pas quoi !
_ Mouhahaharrrh !
_ Et pis c'est là que les mecs de Zhang nous ont dit qu'il avait eu des emmerdes, sur son espèce de planète pourrie, là !
_ Oais. Alors on a rappliqué aussi sec.
_ Et pis bah, on les a repris en main, les ptits jeunes, là. On leur a montré comment fallait faire.
_ On leur a montré comment de vrais guerriers devaient se comporter !
_ Moh, des fois on dit qu'on est un peu du genre, heu, comment qu'y disent ?
_ Radicaux.
_ Moais. Du genre qu'on fait pas de prisonnier, du genre à tirer à donf sur tout ce qui passe sans réfléchir, à charger en hurlant l'arme au poing, à faire tout péter, tout péter, et encore tout péter, pour le seul plaisir de tout voir péter dans un maximum de boucan, de flammes et de barouf.
_ Oais, gratuit, quoi.
_ Moais, c'est encore comme ça que ça réussit le mieux.
_ Oais. Le ptit Zhang est sur le bon chemin, mais l'en a encore à faire.
_ Oais, bah il est encore un peu tapette, lui hein.
_ Oais, il hésite, il tergiverse, il monte des stratégies, des tactiques.
_ Beuh. Nous on fonce dans le tas, et pis c'est tout !
_ Et pis ça marche. Oais.
_ Ce coup-là, y z'étaient un peu dans le caca, pas ?
_ Moais. Les gars d'en face allaient leur foutre une sacrée trempe dans ces collines, là.
_Putain, comme quoi, rien ne vaut l'expérience de l'âge, pas ?
_ Oais. Pis nous ça nous a fait bien plaisir de mener à nouveau une bonne grosse bataille.
_ Moué, bien saignante.
_ Aaaah, ça, on en a tué, du monde, dans ce merdier.
_ Bon, les terriens, on va arrêter de vous tchatcher comme des vieux qu'on est, pas ?
_ Moais. Faudra quand même dire à Zhang qu'il faudrait qu'il foute le camp de cette planète de merde.
_Oais. Dis collègue.
_ Mh.
_ Si on faisait un blog, comme le Zhang ?
_ C'est astronomique ! Mouhahahahahrrr !
_ Mouhaharrrh !
00:30 Publié dans Les Kompains de la Brute | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chroniques, de tout et de rien, science-fiction, journal intime, imaginaire, espace, sf





