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15 juin 2008

Confrontation

Il nous ont attiré ici. Entre nébuleuses, champs d'astéroïdes et champs magnétiques. Une autre bataille.  Des centaines de croiseurs, de frégates, de cuirassés, accompagnés de milliers de chasseurs. Je me doutais bien d'un piège, et nous avons les moyens de l'éviter avant que ceux d'en face ne le referment. Je ne pensais pas qu'ils avaient autant de forces à nous opposer. Mais que veulent-ils, à la fin ?

Six coups au but. Nos boucliers encaissent. Un croiseur lourd nous a pris comme cible. Pas de dégâts. Riposte aux lasers lourds. En simultané, frappe directe sur trois frégates à bâbord.

Debout dans le poste de commande de mon navire amiral, je dirige les opérations. Lumières rouges et jaunes, tamisées. Sombre. Je garde une canette à la main, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes. Je rugis et je vocifère. Mes ordres sortent successivement, entre rots et gouttes de salives. Autour de moi, on s'agite. Des boutons à pousser, des leviers à tirer, des écrans à consulter. Je coule de sueur. Scène surréaliste : à ma droite, Karabine sacrifie une paire de poulets, prononce des incantations dans un charabia incompréhensible et nous promet la faveur divine et la victoire. A ma gauche, le sorcier Grun a adopté la position du lotus. Il émane de lui un halo blanc brillant ; ce sont des sorts de courage qu'il instille à un maximum de notre monde dans notre vaisseau.

Deux coups au but. Cette fois, nos boucliers peinent. Sacrée décharge. Encore le même croiseur lourd. Droit devant. On dirait qu'il veut s'approcher. En phase d'attaque. Voudrait-il nous éperonner, nous aborder ? Il y a des chances. J'ordonne que l'on entame des manoeuvres d'évitement et que l'on continue à lui tirer dessus. Un maximum de coups au but.

_ Nous avons deux frégates en train d'arraisonner un de leurs croiseurs, chef !

_ Qu'elles lancent leurs troupes d'assaut ! Il faut me le capturer !

Au loin, un cuirassé explose. Un des leurs. A peu de distance, une de nos frégates s'est laissée coincer dans un champ d'astéroïdes. Elle tente de détruire les plus gros blocs au canon afin de se dégager, mais elle est trop avancée. Ses poursuivant lui tirent dessus à distance. Ses bouclier ne tiendront plus longtemps.

Quatre coups au but. Encore ce croiseur à la con ! Qui se rapproche toujours. Putain, merde, mais dégommez-moi ce connard ! Pas question qu'il nous éperonne ! Tous les canons disponibles sur lui !! Transfert immédiat d'énergie sur les canons à plasma. Les plus méchants.

_ On aura du mal à percer ses boucliers, chef.

_ Merde, mais qu'est-ce que vous croyez !? Que nos armes se réduisent à des ouvre-boîtes ?? On a les lasers lourds les plus méchants qui soient ! Balançons-les lui en pleine poire ! 

Nous perdons beaucoup de chasseurs et d'intercepteurs. Des norias. Des dizaines, des centaines. Ils paient un lourd tribut à cette bataille. Ils couvrent nos vaisseaux lourds. Ils nous permettent d'avancer. Et nous avançons. Non sans mal. Nous poussons. Droit devant.

Cette fois, nous le touchons de plein fouet : sept coups. Qui rebondissent sur ses boucliers. Les impacts luisent, puis s'éteignent. Encore quelques-un comme ça, et nous les faisons sauter. Il ne dévie pas de sa trajectoire. Il se rapproche. Nous avons fini par virer de bord. Mais il semble vouloir nous prendre en chasse. Nous augmentons notre vitesse. Nous frôlons un champs d'astéroïdes, dont de petits blocs nous heurtent. Putain, nos barreurs font des prouesses.

_ Mate un coup dans le quadrant quarante-deux, chef.

_ Eh merde.

Une de nos frégates prise d'assaut est conquise par l'ennemi. Une autre explose. Ses navettes d'évacuation filent dans tous les sens. Deux cuirassés et un croiseur sont en difficulté, aux prises avec une multitude de navires ennemis.

_ On ne les laisse pas comme ça. Mast, prélève une dizaine d'unités et envoie-les dans ce secteur.

_ Mais où veux-tu que je les trouve ? Nous risquons de nous trouver débordés à tout moment.

_ Démerde-toi. Fais ce que je te dis.

Le quadrant quarante-deux est primordial. Si nous le perdons, nous perdons la bataille. Ceux d'en face le savent aussi. Ils sont retors. Et pourtant, nous avançons. Nous poussons. Nous continuons.

Deux coups au but. Encore lui. Pas de doute, nous sommes sa cible. Il se rapproche encore. S'il continue, nous ne pourrons plus rien faire ; en admettant qu'on parvienne à le faire exploser, la déflagration nous causera d'importants dégâts. Cette attaque de mon vaisseau par ce gros croiseur est le pivot de la stratégie de ceux d'en face. Pour déstabiliser mon dispositif. Je hurle. Plasma, roquettes, ondes, lasers torpilles. Je veux toutes les armes, tous les canons contre lui. Vingt coups. C'est parti. Je vois les salves fuser, droit sur lui.

Quinze au but ; ça y est !! Ses boucliers éclatent ! Lueur bleutée entourant le vaisseau. Encore vingt coups !! Allez ! A nouveau, les salves brillantes laissant leurs sillages dans le feu de la bataille. Douze coups au but !! On aurait pu mieux faire, mais c'est suffisant. L'autre est sévèrement touché. Il est déstabilisé, et doit changer de cap. On voit des secteurs entiers sur ce navire s'embraser. Peut-on encore envoyer quelques salves ? Pas encore. Les quarante coups qu'on vient de lui balancer on coûté cher en énergie. Il faut attendre. Mais l'autre doit être définitivement stoppé. J'envoie quatre croiseurs en leurre pour détourner son attention.

_ On l'a échappé belle.

_ Tu l'as dit. On en est où au quarante-deux ?

_ Pas fameux, chef.

Je vois. Mast n'a pu y envoyer que sept frégates et un croiseur. Cela risque de ne pas suffire. Je vocifère mes ordres. On se porte là-bas, vite.

Nous poussons. Nous avançons.

_ On n'y arrivera pas.

_ On leur fera mal, en tout cas.

Je ne pensais pas qu'ils auraient autant de forces à nous opposer. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils franchissent un degré au-delà. A croire qu'ils ont guetté notre réaction et qu'ils nous ont provoqués pour nous attirer ici. Il faut leur rentrer dedans.

_ Feu à volonté !!

On nettoie le quadrant. Mon navire est très juste en circuits d'énergie. On ne pourra pas tirer en cadence soutenue longtemps. Les boucliers, c'est pas mieux. J'ordonne un regroupement. Je sais comment on va faire.

_ Mast. A trois heures.

_ Quoi ?

_ Le grand cuirassier.

_ Eh bien ?

_ On l'éperonne !

_ Hein ?!!

_ C'est comme je te le dis.

_ Mais il est couvert par je ne sais combien de...

_ On s'en fout. On l'éperonne ! Voilà le coup à faire ici.

_ Putain, mais on risque d'y laisser la carcasse, chef.

_ Je sais. Mais ceux d'en face ne s'y attendent pas.

Sitôt dit, sitôt fait. Le mouvement s'élance, à plusieurs dizaines de navires regroupés. Nous poussons. Nous avançons. Nous bousculons tout. On m'annonce deux frégates détruites. Putain, ça craint. Est-ce que je ne viens pas de nous envoyer tous à la mort ? Je ne sens plus la sueur sur moi. Je ne sens plus l'humidité nerveuse sur mon visage. Je ne sens plus mes tripes se nouer. Je ne sens plus les gorgées de bières au fur et à mesure que j'enchaîne les canettes, que je presse nerveusement entre mes mains une fois finies et que j'envoie un peu partout. Un de nos cuirassés, durement atteint, dérive en perdition. Une de nos frégate explose. Encore un peu comme ça, et nous sommes foutus. J'ai les yeux rivés sur notre cible. Cinq salves de plasma. Quatre coups au but, sur les blocs moteur. Réussi ! Il ne va pas pouvoir s'enfuir !

_ On est foutus de réussir, chef.

_ Ouais. En dépit de nos pertes.

Elles sont sévères. Mais nous continuons. Nous poussons. Le cuirassé se rapproche. Se rapproche. Se rapproche. Trois coups au but, sur ses emplacements présumés de générateurs d'énergie. On va l'avoir ! Mon navire amiral donne des signes de faiblesse en énergie. Mais on va l'avoir ! On dénote l'affolement dans le dispositif d'en face. Ils n'ont pas encore compris, ou bien ne savent pas comment réagir.

_ Tout ce qui reste en énergie sur les boucliers de proue ! On éperonne.

Nous y voilà. Notre proue entre en contact avec le flanc du cuirassé ennemi. Nous le coupons en deux. Presque comme dans du beurre. Explosions. Coque déchirée. Nous tremblons. Nous soutenons le choc. Nous traversons l'ennemi, qui se désagrège. Puis, nous portons l'effort sur le reste du quadrant.

_ On l'a fait.

Et comment. Une manoeuvre que personne n'aurait tentée. Nous venons de déborder l'ennemi sur son flanc, menaçant l'ensemble de son dispositif. On dirait que le vent tourne.

_ Chef. Ils foutent le camp !

_ La bataille est gagnée.

_ Mais à quel prix !

_ Oui.

Nous aurons du mal à nous en remettre.

Ce fut une victoire amère.

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Commentaires

on crorait un récit des éparges ... ldes détails en plus j entends bien

Ecrit par : Lénia | 16 juin 2008

Les Eparges dans l'espace, oui mais ça fait plutôt starwars.

Ecrit par : Zhang | 18 juin 2008

rien de particulier juste pour te dire que ta pub de slips 3 couches est en ligne chez moi ! MErci bisous

Ecrit par : Lénia Reine du Slip | 20 juin 2008

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