30 juin 2008

Pirates et rustauds, même combat ?

Bjorn Bulkus est un homme heureux.

Son business de pirate intersidéral fonctionne à merveille. Arraisonnements, enlèvements, demandes de rançons, trafics en tout genre... la conjoncture est bonne. Elle l'est d'autant plus lorsque les organisations étatiques peuvent se trouver en état de faiblesse latente, voire de déliquescence. L'adversaire le plus redoutable pour la bande de Bjorn restait l'Empire, aussi s'en tenait-il éloigné et s'attachait-il à éviter les secteurs tenus par les impériaux. Quelques petits signes toutefois laissaient voir un début de processus de déclin dont les impériaux n'avaient pas encore conscience, mais qui restait à confirmer. Rien d'inéluctable.

Récemment, Bjorn avait fait une bonne prise. Une demi-douzaine de transporteurs et leur escorte de patrouilleurs et de frégates. Des marchandises à gogo, et des otages, officiers et hommes de troupes. Tout ça, ça valait beaucoup d'argent. Ses subordonnés n'avaient pas tardé à réclamer une belle rançon au propriétaire des vaisseaux. Un clan dont le chef se prénomme Zhang. Bjorn avait vaguement entendu parler de lui. Un chef de guerre. Dans la galaxie, il est des secteurs ou chaque moindre caillou astral pouvant recevoir la vie avait son ou ses chefs. A vrai dire, le morcellement de l'autorité était un avantage pour un pirate.

Cette transaction ne devrait poser aucun problème pour les hommes chevronnés de Bulkus. Ce Zhang cracherait sa thune sans faire d'histoire, tout comme les autres.

Bulkus avait suffisamment d'hommes, de véhicules et de vaisseaux pour intimider un seigneur impérial. Il pouvait également acheter son indépendance en corrompant lorsqu'il le fallait. Il savait également placer ses informateurs, infiltrer et noyauter.

La lune qui lui servait de base était parfaitement aménagée. Rien en surface, car il faut bien resté caché. Mais un énorme réseaux de grottes et de cavernes pourvues d'une atmosphère, de champs pour l'élevage et l'agriculture, d'industries de subsistance et d'armement, se trouvaient sous la surface. Tout ce qu'il fallait pour être autonome. Et pour se défendre, aussi.

Bref, c'était le paradis chez les pirates.

La belle jeune fille s'activant avec application sous le bureau de Bjorn était là pour y contribuer, à sa manière.

- Ho, la-laaaaa... !!

Fait-il. Au bord de l'extase.

Jusqu'au moment où son interphone vient gâcher le moment fatidique.

- Kcccchhh. C'est Virno, M'sieur Bjorn !

- Haaaaa... Nan, mais je peux pas être dérangé maintenant !! Pfff, pfff. Je suis sur un dossier ultra-urgent !! Rappellez plus tard !

- Kchhhhh. Heu, M'sieur Bjorn, c'est que c'est important.

- Hoooooo... Alors ça peut pas attendre ? Pfff, pfff.

- Kchhh. Ben, heu, non.

- Houuuuuuuu... Alors c'est quoi, pf, pf, pf, le problème, pfffffff.

- Kchhhh. Ben, heu. On a près de cinq-cent vaisseaux  au large de notre lune, qui s'apprêtent à nous tomber sur le coin de la gueule, m'sieur Bjorn !!

- RAHHHHHHAHAHAHAHHHHHH !!! C'EST TROOOOOOP !!! PFFF PFFF PFFF !!!

- Kcccchhh. Bah oui, ça c'est sûr, ça fait beaucoup. Alors, msieur, onnnn fait quoi ?

- HAAAAALALALALAAAAAAAAA !!!

- Oui, je comprends bien votre émotion, msieur.  Kchhhhh. Mais qu'est-ce qu'on fait ?

- ON SONNE L'ALERTE, CRETIN ! (T'ain, j'en ai partout !)

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Chabadobidaaaa, wawawaaaaaaaah.

Wouaouh. Envie d'un petit casse croûte déséquilibré ? D'une bonne barre pleine de céréales croustillantes au bonnes matières grasses hydrogénées bien cancérigènes, et de bon chocolat tout gras qui en fait n'est pas du tout du chocolat ? Parce que vous êtes branchouille et dynamique et jeune et que vous aimez la bonne musique qui bouge et que vous faites style "je mords la vie à pleines dents" ?

Eh bien comme vous êtes forcément comme ça parce que sinon vous n'existez pas puisque vous ne consommez pas comme on vous dit, eh bien oui, vous avez deviné. Mangez CHWIXE !! Croquez ! Mâchez ! Savourez ! Avec le caramel onctueux en plus, bien collant dans toutes vos dents !!

La seule ! La vraie ! La bonne barre de céréales, qui vous fait grossir, vous refile des caries, vous fout la chiasse si que vous en prenez de trop et ne vous enlève pas vraiment la faim !

Mais vous vous en foutez, parce que vous êtes jeune, que vous êtes souriant aux dents blanches, que vous avez des lunettes de soleil même sous l'orage, que vous dormez trois heures par nuit et que vous aimez consommer des choses futiles, et que ce qui nous intéresse, c'est de VOUS refiler nos trente mille tonnes de barres par an, et que votre planète ne suffit pas pour ça !!

CHWIXE

Parce que vos dents valent bien leur pesant de caramel collant, et vos artères leur futur cancer.

Chabadobidaaaa, wawawaaaaaah.

 - Mouhahahahahharrrr !

- Wahahahahahahahrr !

- Meuuuhahahahahahrrr !

- Z'avez vu les gars ? Cet espèce de sale repère tout pourri ?

- Non mais c'est qu'ils se croyaient forts, ces types-là ! Faut quand même pas déconner !

- Tain, comment on les a défoncés leur gueule, aux pirates !

- Pirates mon cul ! Pas de quoi s'en relever la nuit. Quatres heures de baston, pas plus. Leur défense balayée, leurs vaisseaux cloués au sol, nos troupes d'assaut qui entrent dans leurs grottes et leurs cavernes presque sans pertes... T'ain, c'est une balade, pas autre chose.

- Oais, chef ! On mouillera pas le maillot, aujourd'hui ! C'est presque décevant.

- Alors, les mecs. On y va, à notre tour ? Qu'on se marre, un peu.

- Oais ! Qu'on nous laisse un peu des pirates à descendre, wahahahaharrr !

- Et du flouze à collecter, mouhahaharrr !

- Oais, allez les gars ! Chopez vos canettes, armez vos sulfateuses, allumez vos cigares, et zou ! On descend et on va casser du pirate !

- Mouheuhahaharrr !!

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Chabadoubadidaaaaa, wawawawaaaaaaah.

Mmmmhh. Regardez. Là. Cette démarche décidée. Droite. L'homme élégant. Le dernier costume cravate à la mode, cinq mois de salaire sur mesure. Les chaussures noires, brillantes. La  grosse montre clinquante. Le dernier modèle de bagnole plate comme une carte de crédit. La rose entre les dents éclatantes. Il a fait les meilleures écoles. A décroché les meilleurs sésames dans son domaine. Il en veut. Il sait mordre. Il incarne l'efficacité professionnelle. C'est un WINNER. Il rétame ses adversaires, et fait gagner du FLOUZE à son entreprise en se foutant de votre gueule. Il va gagner en un an ce que vous gagneriez en trente, vous, qui resterez un pauvre et que c'est bien fait pour votre gueule parce que si vous êtes con c'est loin d'être un hasard.

Alors regardez.

Vous ne serez jamais à son niveau. Vous n'atteindrez jamais le quart du centième du dixième de sa classe, et en essayant de l'imiter vous ne parviendrez qu'à susciter sa moquerie, et l'on verra très vite que vous n'êtes qu'une merde éternelle.

Pourtant.

Il y a un moyen pour vous, pauvre crasse, d'envisager de sortir la tronche de la fiente. Lui, cet homme si parfait, ne sait se mettre à toutes les portées. Mais il y a quelque chose qui le pourra pour vous. Regardez son téléphone portable.

C'est un BRANLATOCOM.

Fin. Racé. Equipé des dernières technologies. Le MUST des portables. BRANLATOCOM est généreux et accessible. Contrairement à cet homme. Son portable, c'est la seule chose qu'il acceptera de partager avec un trouduc comme vous. Car il sait que tout le reste vous différenciera à jamais.

BRANLATOCOM.

La perfection dans l'élégance, à la portée du connard de base.

Chabadibadouwaaa, wawawaaaaaaa.

- Eh bah. Nous voilà ben dans l'antre du pirate.

- Tu parles d'une loose. Quatre heures de combat, comme on l'avait dit.

- Et cinq minutes. Rien que ça pour foutre une branlée à des pirates de merde.

- C'est quoi, ces tâches blanchâtres, là, sous le bureau de ce type ?

- Hreum. Je te laisse deviner, chef.

- Ah. Ouais. Carrément.

- Le mec se prenait du bon temps.

- Qu'est-ce que t'as à dire, crétin ?

- ...

- Tu y réfléchiras, connard, avant de t'en prendre à mes gars et à mes vaisseaux. Tu croyais que t'allais me faire cracher ? Bah c'est toi qui va cracher. T'as de la chance que nos potes soient en bonne santé. Hmmm ? Bon. Mast. Grun. Brohonk.

- Ouais ?

- Fouillez-moi tout ce gourbi de lune. Et soumettez-moi ce merdeux à la question.

- Avec plaisir, chef.

- Qu'il nous dise où il cache son blé.

- Ce sera fait, chef.

- Bonne opération. On va peut-être pouvoir réutiliser ce repère à notre bénéfice. Quand NOUS, on l'aura retapée, ce sera vraiment une bonne base.

Bjorn Bulkus, du coup, n'est plus un homme heureux.

C'est ballot.

Vraiment. On ne peut vraiment plus faire de la bonne flibuste en paix, dans la galaxie !

06 mars 2008

Un pyromane en action

Voici quelques extraits du rapport que me fait parvenir notre pyromane de service, j'ai nommé Brohonk La-Krame. Je l'ai envoyé sur Alkano, préalablement à notre débarquement en masse ; il a avec lui quelques milliers de nos gars, du blindé, de l'aviation, de l'artillerie, afin de filer un coup de patte au clan Maklab qui continue de se battre.

 

"... Et j'ai achevé mon avancée dans ce secteur en faisant sauter trois dépôts d'essence en même temps ; tu peux me croire, chef, ça a fait une putain de belle flambée. En pleine forêt, en plus ! Qu'est-ce que j'étais content ! De belles flammes, ouaiiiis ! Et qui durent longtemps ! C'était si beau à regarder ! Surtout la nuit ! Quelles belles couleurs ! Y'en a qui avaient chaud aux miches, mouheuhahaharf !"

 

T'ain. Je m'excuse par avance pour tous les écolos qui lisent ces lignes. Faut toujours qu'il fasse crâmer quelque chose, çui-là. Ce qui m'inquiète, c'est que ça prend parfois de ces proportions...

 

"...J'ai pu ensuite me rapprocher du front et nous avons été engagés de façon assez intense. Ceux d'en face nous sont tombés dessus comme des mouches sur de la merde, et je peux te dire qu'ils sont particulièrement déterminés. Ils avaient l'air surpris de nous trouver sur leur chemin à leur tenir tête, vu que les Maklabs restent démoralisés et reculent, même en bon ordre..."

 

Le chef des Maklab, lui, pétard, je vais lui faire sortir ses doigts du fond de son cul, on verra s'il se bougera pas !

 

"... Je suis resté fasciné par les colonnes de flammes créées par nos sorciers pour repousser les assauts ennemis. Mon lieutenant n'arrêtait pas de me demander des ordres tandis que j'étais pris par cette hypnose. Le temps que je réagisse, un ennemi m'avait aligné et tiré dessus. J'ai été con, mais bon, le feu, c'est le feu, tu sais chef ! C'est beau le feu. Feu. Feu ! FEUUUUU !"

 

Ouho, putain ! ça sent la pulsion, là !

 

"... Une balle ennemie a pu effleurer mon lance-flammes et en a faussé le mécanisme d'injection. En plus, tu sais, chef, c'est ma petite berline extra modèle numéro 1 ! Une de mes préférées ! Tu parles si je la bichonnais ! Elle est vraiment endommagée, maintenant. En plus elle aurait pu me péter en pleine poire. C'est le truc qui m'a vraiment fait de la peine ! Alors pris par la rage, j'ai hurlé comme un taré, je me suis élancé de ma cache, j'ai couru à l'ennemi et j'ai tiré à fond la caisse avec ma mitrailleuse, dans tous les sens. Franchement, je te le dis, j'étais enragé."

 

Tiens, qu'est-ce que je disais !! La pulsion du pyro en chaleur, si j'ose dire. M'étonne pas.

 

"Du coup, mes mecs m'ont tous suivi et on a repoussé l'assaut !! Chouette, non ? Ceci dit, tu sais, chef, vraiment : une sulfateuse, ça vaut pas du tout une bonne petite flammeuse comme je les aime. Mmmmh ! Surtout quand elles sentent l'huile et le neuf - mhahahhhhhh !! Alors après l'ennemi a abandonné pas mal de matos ; des munitions, des véhicules... Ouah ! Quel veine ! De bonnes prises !"

 

Bien joué, mec.

 

"Mais comme j'avais toujours la rage, j'ai pris un lance-roquettes et j'ai tout fait péter, véhicule par véhicule, BOUM ! BOUM ! caisse de cartouche par caisse de cartouche, KRAM ! BOUM ! Y'avait des grenades et des roquettes, des jeeps, des véhicules d'observation, de transport ! J'ai touuuuuut fait péééééter , ouais !! KRAM ! BOUM ! BOUM !! hi-hi-hi ! Trop fun les explosions !"

 

Putain, non, mais quel taré, çui-là ! Du matos qui aurait pu nous servir !

 

"On a du faire une bonne centaine de prisonniers. Je te les fais transférer sitôt que j'ai des transports à ma disposition."

 

Eh bah c'est déjà ça ! On va pouvoir les interroger tranquille. Ssssurtout, qu'il ne les fasse pas crâmer, merde ! ça m'étonne d'ailleurs qu'il n'y ait pas songé... est-ce qu'il s'améliore, par hasard ? Faudra tout de même que je les fasse compter, des fois qu'il n'en disparaisse pas un ou deux, comme ça, au hasard des déplacements. Le connais, moi, le loustic.

 

"Et ça tombe bien : j'ai du bel officier tout bien gentil et tout bien habillé, le genre à péter dans la soie et à cultiver ses tâches de rousseur comme avec un potager. Tu verras, tu le trouveras marrant, ce puceau-là !"

 

Mouais ! Je vais lui faire les honneurs, mouhahahahahahaharrrrh !

 

"Sur ce, je te laisse ; c'est l'heure de casser la croûte et mes gars ont trouvé le moyen de faire crâmer de la bidoche à la broche, avec les propulseurs d'un transport ! Tu prend ton quartier de viande, et zou ! A fond les tuyères ! Et cette bonne odeur de réacteur, ouuuuuahhahah ! ça me trouble ! Gzt. Grz. Brf."

 

Et allez ! Surtout faites gaffe à ne pas vous brûler les doigts ! Non mais je rêve.

Décidément, j'ai un mal fou à le cadrer, ce type-là !

26 février 2008

On les tient par les c... !

Les lasers fusent. Mouvements désordonnés des navires enchevêtrés dans le quadrant de bataille. Partout. Nos bâtiments, croiseurs, frégates, destroyers, avisos et chasseurs, sont tous au feu. Ils enfoncent les lignes ennemies. Ici, trois de nos frégates aissaillent ensemble un croiseur impérial et lui font feu aux canons laser lourds. Submergé, il finit par exploser, projetant ses débris aux alentours. Là, c'est une nuée de destroyers autour d'un autre croiseur, neutralisant ses défenses et manoeuvrant pour l'aborder : leurs troupes d'assaut vont tenter de le capturer. Là encore, ce sont nos chasseurs qui harcèlent sans arrêt les navires ennemis avec la plus grande agressivité. Ils tourbillonnent. Virevoltent. Vont et viennent. Dans tous les sens. Je vois, à une extrémité du quadrant de bataille, une frégate ennemie se faisant sauter pour éviter la capture ; l'explosion endommage sérieusement un de nos bâtiments qui risque la perdition mais dont l'équipage pourra être secouru. Davantage au coeur de la mêlée, un destroyer impérial tente de fuir mais est rattrapé par nos vaisseaux qui l'arraisonnent et s'apprêtent à l'aborder.

C'est l'enfer. Bleu. Rouge. Vert. Orange. Les rayons. Les destructions. Le métal tordu, fondu, broyé, noirci. Des cadavres flottant dans le vide. Parfois en morceaux. Parfois mutilés. Les carcasses des bâtiments détruits, démantelés. Un destroyer en perdition. Il dérive. Il s'y trouve encore des gens en vie. Il entre en collision avec un croiseur qui n'a pas su l'éviter. Nouvelle fournaise mortelle. Les explosions se succèdent. On ne voit plus les étoiles. On ne voit plus la planète.

De mon poste de commandement, sur mon navire amiral, je reçois des émissions sur le canal de bataille :

_ ... Escadrille 5, j'en ai trois sur le râble, venez me filer un coup de patte !

_ Non, tu en as quatre au viseur ! Tiens le coup, on rapplique ! J'en aligne déjà un ! Feu ! Je l'ai eu !

_ Y sont pas assez mobiles, mais y sont nombreux et collent pire que des morbaques ! J'en vois six qui foncent sur l'escadrille 8 !

_ Merde ! Missile ! Missile contre moi ! J'ai plus de leurre ! Evitement ! Evitement !

_ Passé à côté ! T'as eu une veine de cocu, mon enfoiré !

_ Ici frégate "Hache de guerre" ; en difficulté contre deux destroyers ennemis. Réclame tir de soutien urgent !

_ Ici croiseur "Ekraze-Tronche" ; Bien reçu ; on a tout ce qu'il faut pour toi garçon, que dis-tu de ça : trois tirs au canon lourd sur ta position. C'est parti, maintenant !

_ De "Hache de guerre" ; L'un des deux a tout reçu en plein dans la poire ! Y'a plus un pet de poussière ! Bien visé, les gars. On va finir l'autre à l'aise maintenant !

_ Ici kapitaine Xokos. Avons pénétré dans croiseur ennemi avec mes kommandos. On a pris la salle des machines. On contrôle les modules énergétiques et les modules armements. On remonte les couloirs, mais l'ennemi tient toujours son poste de commandement et les organes principaux du vaisseau. Nos sorciers ont tenté de brûler l'ennemi à la magie derrière leurs défenses mais les sorts ont été retournés contre nous. On a de lourdes pertes. Réclame renforts. Peut-on m'envoyer trois-cent ou quatre-cent mecs ?

_ Kapitaine Xokos, ici chef des opérations sur Ekrabouillator. Tu auras cent types seulement. Pas plus. On te les envoie par transport. Ramène-nous ce navire !!

_ Ekrabouillator de Xokos. Je ferai avec les cent. Mais mettez-moi un ou deux bons sorciers avec ! Ces enculés se défendent comme des démons !

_ Ici destroyer Kasstêt'. J'ai détruit six frégates ennemies avec mon groupe. Il ne reste plus que moi. J'ai plus de boucliers. Des gros trous dans la coque. Sous gravité zéro dans la plupart des secteurs. Mon équipage décimé. Demande autorisation de retrait.

_ Kasstêt' : tu t'es bien battu. Félicitations. Suis la ligne de retraite prévue jusqu'au point numéro un et fais-toi faire les réparations les plus urgentes.

 

Un croiseur de ligne en perdition. Un impérial. Il évacue son équipage. Par navettes, mais il y a des mecs isolés qui vont jusqu'à foutre le camp en combinaison spatiale individuelle. Nos chasseurs en font un massacre. Pas de prisonniers. Quand au bâtiment, ni sa direction ni sa vitesse, ni son assiette ne sont plus maîtrisés. Il dérive. Putain ! Droit vers nous ! Alerte collision ! Il va nous percuter par le cul ! Tir au plasma ! Allez ! Dégommez-le !  Augmentez notre vitesse ! Basculez sur tribord ! Fondez-moi cet enculé ! Encore des tirs ! Tous les vaisseaux aux alentours : dégommez-moi ce connard !

Nous sortons de sa trajectoire. Il explose. Lentement, tranche par tranche, comme une brioche. On l'a échappé belle, il nous aurait éclaté en pleine poire.

On reprend la position initiale. Au coeur de la mêlée. Tir actif de soutien contre l'ennemi. En simultané : tir de barrage contre trois groupes de croiseurs sur notre aile bâbord ; tir de neutralisation sur frégates menaçant nos lignes droit devant ; tir continu sur station spatiale ennemie en orbite d'Alkano, tribord avant. Envoi d'escadrilles de chasseurs en soutien. Au plasma. A la torpille. Au missile. Au laser. Nous fonçons.

Je donne l'ordre : sept frégates contre deux croiseurs ennemis sur tribord avant. Qu'elles les capturent ou qu'elles les détruisent. Elles s'avancent. Essuient un feu défensif costaud. Tir d'appui venant de nous. Trois destroyers ennemis en renfort de leurs croiseurs. Bataille locale, intensive. Echanges de tirs multiples. Nous essuyons des tirs. Cinq coups au but. Les boucliers tiennent à l'aise. J'envoie une frégate en soutien. Un premier croiseur ennemi faiblit et annonce sa reddition. Son abordage va commencer. L'autre bâtiment continue le combat. Il nous détruit un destroyer et nous endommage deux frégates. Il est finalement anéanti. 

 

Au début de la bataille, les enfoirés ont tenté de nous déborder sur nos deux ailes pour une manoeuvre d'enveloppement. Prévisible. Nous avons étendu nos lignes et repoussé les assauts. Puis le centre de notre formation s'est avancé à son tour à l'ennemi en même temps que nos ailes. C'est là que nous avons brisé les lignes ennemies et que nous nous sommes avancés au coeur de son dispositif. Afin de couper sa formation en deux et de parvenir à une dispersion de ses forces. Ce fut la mêlée. Acier et feu. Engagement maximum, d'une très grande intensité. Des heures et des heures durant. Longtemps indécis. Pertes importantes, encore acceptables. Je me suis donné à fond dans cette bataille. Je suis épuisé. Mais nous avons gagné. La flotte impériale est en déroute.

Nous avons vaincu !

18 février 2008

Un rapport de bataille

A l'heure où nous nous rapprochons de notre objectif, voici quelques lignes extraites d'un rapport qui nous parvient des troupes qui combattent sur Akalno, adressé au quartier général du clan Maklab.

 

"... J'ai dépêché plusieurs escouades pour secourir la forteresse d'Alangsam sur le fleuve Alang. Elle est tombée dans une embuscade et a dû battre en retraite après avoir subi d'assez lourdes pertes. Aussi, il me paraît difficile à présent d'envisager une quelconque action permettant le dégagement complet d'Alangsam, sans dégarnir dangereusement notre front. Nous disposons encore d'une couverture aérienne solide, qui permet de ralentir l'ennemi et d'expédier à la garnison des munitions et du ravitaillement. Notre dispositif d'artillerie est également encore assez complet. Je crains cependant qu'à terme Alangsam ne soit coupée de notre ligne de front et ne doive entrer en siège. L'ennemi procède à une manoeuvre d'enveloppement qui progresse de façon critique. Je sais assez l'importance de cette forteresse qui commande l'accès à la vallée de l'Alang et à ses industries pour recommander à nos troupes de lutter avec une détermination farouche. Je sollicite par ailleurs vivement l'envoi de renforts.

Une bataille de chars s'est déroulée pendant quatre jours sur notre front sud, à l'initiative de l'ennemi. Le choc a été brutal, frontal. Les moyens mis en oeuvre par l'ennemi, complétés par de l'artillerie et une aviation importante, ont été colossaux. L'issue a été indécise, mais nous avons pourtant tenu l'ennemi en échec et avons pu le refouler. Cette victoire a permis de stabiliser la situation sur cette portion du front, mais l'ampleur de nos pertes à été tel que mon état-major m'indique que nous risquons de perdre l'initiative ; l'ennemi dispose de grandes capacités de réorganisation, et nous nous attendons à une reprise de l'offensive dans très peu de temps. Notre approvisionnement en carburant et en pièces détachée est également critique.

Une série de contre-attaques dans le même secteur n'a pas permis de faire évoluer la situation favorablement pour nous. Nos kapitaines ont sollicité des autorisations de retrait afin d'établir des lignes de front plus faciles à défendre. Je n'ai pu que leur accorder. Certains d'entre eux ont opéré des retraits tactiques ingénieux et sont parvenus à donner de spectaculaires coups d'arrêts à l'avancée de l'ennemi. Tous savent cependant que cela ne fait que reculer l'inéluctable. Je ne saurais dire que les mentalités de nos combattants sont imprégnées de défaitisme, mais cela se voit que bien des officiers et des hommes de troupe ne se font plus beaucoup d'illusion.

Au nord, la ville d'Oxiandre a fait l'objet de combats particulièrement acharnés. Nos troupes qui s'y étaient retranchées se sont adonnées à la guérilla urbaine ; elles ont repoussé les assauts ennemis pendant plusieurs semaines, avant d'évacuer la cité. Par la suite, Oxiandre a été reprise, abandonnée, puis prise à nouveau par nos troupes. Les lourdes pertes infligées à l'ennemi ne sont pas une consolation pour nous. La pression est telle que nous allons devoir abandonner définitivement la cité.

Par ailleurs, nous devons faire face à une nouvelle offensive, comme suite au nouveau point de débarquement ennemi que nous n'avons pu réduire dans la région d'Hofis. Notre barrage d'artillerie et nos contre-attaques se sont avérées insuffisants. L'ennemi a pu réussir une percée en profondeur qui nous a stupéfiés. Notre ligne de front dans ce secteur risque d'être submergée."

 

Voilà. Je n'ai qu'une chose à dire : ça craint.

Vivement qu'on arrive.

07 janvier 2008

Menace - Chaud devant, chaud !!

Une flotte de quatre escadres impériales a été identifiée. C'est le regroupement qui m'a été signalé près de Marvinius il y a quelques jours - voir note précédente. Des croiseurs de ligne, des croiseurs lourds, des cuirassés, des transports de troupe. Une fois le rassemblement achevé, ces navires se sont mis en route ; au vu de la direction prise, ils se dirigent vers nos secteurs. Je ne pensais pas qu'ils viendraient vers chez nous, étant donné la distance. L'autonomie des vaisseaux ennemis me paraissait insuffisante. Manifestement, je me suis gourré.

Il semble inévitable que nous devions soutenir une invasion. C'est incontestablement un corps expéditionnaire. Mais nous ne pouvons pas encore prévoir où ils vont venir chier leurs bouses. Quoique, ça peut se deviner : compte tenu du nombre de vaisseaux ennemis, qui est plutôt élevé mais pas tant que ça, il y a fort à parier qu'ils ne vont pas aller se foutre contre une planète dont les défenses sont assez fortes pour les rejeter dans le cosmos la queue entre les jambes. Non. Le problème, c'est plutôt que nous n'avons pas dans l'immédiat de flotte prête pour intercepter ces enculés. Il faut en constituer une d'urgence.

Je ne peux pour le moment que faire avertir les chefs de clan concernés sur les planètes menacées. Quel que soit le clan sur lequel ça va tomber, il faudra qu'il résiste le plus longtemps possible. Je vais en profiter pour faire préparer l'Ekrabouillator et le faire accompagner de quelques autres navires pour une expédition de secours. On va pouvoir mesurer la puissance de feu de notre petit dernier.

 

Je vais également pouvoir vous conter, chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre, comment nous faisons la guerre, nous autres.

 

Parmi les mecs que je vais envoyer à la rescousse pour contrer cette attaque - si elle se produit - je sais qui pourrait apporter un peu de piquant et relever un chouilla la sauce. Il est comme qui dirait du genre déjanté. Oh, ça va, je sais, j'en ai quelques-un par chez moi, de ce genre-là. Mais lui, bon, faut reconnaître, il est un peu spécial.

 

Son doux petit nom d'agneau, c'est - non, ne riez pas - Brohonk La Krame. Il fait partie de mon clan perso et a le grade de kapetaine, c'est-à-dire qu'il commande une bannière, comme on dit chez nous. Pour votre information, une bannière regroupe plusieurs dizaines de milliers de guerriers regroupés en kompagnies de cent à cent-vingt bonzommes. 

Brohonk doit son charmant surnom à un petit détail qui a son importance quand on fait la guerre. Il est un adepte assidu des lance-flammes. Il adore ces petits outils et ne jure que par eux. Il est ce que vous autres humains appelleriez un geek. Il sait tout ce qu'il y a à savoir sur les lances-flammes, leur mode de fonctionnement, les différents modèles, leur mécanique. Incollable. Il a ses petits préférés, dont il ne se sépare jamais - ses collectors, comme y dit. Et aussi des fétiches, des porte-bonheur. Il sait s'en fabriquer, les modifier, les booster. Il les personnalise, leur donne des petits surnoms, leur grave des devises gentillettes. Je me demande même s'il ne roupille pas avec. Au détriment de sa bergère.

Il faut le voir, sur le champ de bataille, ses lunettes noires sur le pif, un cigare aux lèvres, un sourire toutes dents à l'air, fébrile comme tout, à courir après l'ennemi pour leur faire gicler sa sauce plein la gueule. Il est très difficile à arrêter quand il est lancé, et ses troupes ont parfois du mal à le suivre.

Il a toujours dans son regard une petite lueur de pyromane déjanté. Car s'il aime les lance-flammes, c'est bien évidemment parce qu'il est fasciné par tout ce qui crâme et tout ce qui fait crâmer.

 

En cas d'offensive terrestre, quelle que soit la planète où l'invasion aura lieu, ce mec leur en mettra plein la vue.

 

Je me marre d'avance !