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        <title>SULFATEUSES ET BOCKS DE BIERE - fondamentaux</title>
        <description>Récits de vadrouilles interplanétaires</description>
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        <lastBuildDate>Thu, 04 Sep 2008 23:19:07 +0200</lastBuildDate>
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        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
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                <title>Impériales 2</title>
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                <author>noreply@ (Zhang)</author>
                                                <category>Fondamentaux</category>
                                                <pubDate>Fri, 15 Aug 2008 01:17:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Le processus de colonisation planétaire dont la noblesse impériale s'était fait un usage avait fini par devenir standardisé. Après d'interminables études de viabilité, il se traduisait en premier lieu par l'arrivée d'un contingent de troupes de Convent sous le commandement d'un noble - duc, marquis, comte, baron - suivi des gens de sa maison. Ce contingent établissait sur l'un des continents de la planète une série de postes avancés, afin d'assurer la sécurité des groupes d'ingénieurs chargés de bâtir la capitale planétaire, d'élaborer un écosystème propre à entretenir la vie humaine, une faune et une flore, de terraformer les autres continents selon les besoins et les finalités démographiques et économiques envisagés selon le projet initial de colonisation. S'ensuivait, par étapes, l'acheminement de la main d'oeuvre nécessaire à l'établissement de toutes les infrastructures ;&amp;nbsp; l'organisation d'une agriculture, d'une industrie, d'un secteur tertiaire, des services publics de base ; l'introduction d'un système monétaire et bancaire ; l'installation des défenses orbitales ; l'arrivée progressive des familles de colons sélectionnées.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ce stade, la planète colonisée faisait l'objet d'un protectorat, et était placée sous l'autorité d'un binôme composé du préfet du prétoire, représentant l'empereur auprès de trente systèmes, et du hobereau qui supervisait la colonisation sur le terrain. Elle connaissait une période probatoire variable, pouvant aller jusqu'à trente années standard, au terme de laquelle elle pouvait entrer dans la féodalité impériale : la planète était alors remise en fief au noble d'Empire ou à ses descendants, devenus seigneurs planétaires. Il en résultait une plus grande autonomie dans la mesure où s'achevait la tutelle contraignante du préfet du prétoire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, pendant la probation, le fonctionnement du binôme faisait la part belle au préfet qui se réservait la plus grande part du pouvoir. Certes, le hobereau disposait de troupes, mais il n'avait pas&amp;nbsp;accès à des vaisseaux spatiaux à long rayon d'action. Il devait en référer au préfet pour tout ce qui avait trait à la défense, à la diplomatie, à la gestion du budget de la planète, et à sa représentation politique au sein des institutions impériales. Le préfet se trouvait doté d'un droit de regard sur les actes de colonisation effectués par le noble et sur l'appartenance socioculturelle des familles de colons. Ceux-ci étaient par ailleurs fortement encadrés par le clergé de la Déesse de la Victoire chargé de promouvoir le culte impérial, les autorités religieuses relevant également du préfet.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il s'agissait d'obtenir une adhésion parfaite du nouveau corps social colonial, afin d'éviter toute forme de sécession intempestive. Le préfet pouvait d'ailleurs proroger la probation de dix ans jusqu'à deux fois, voire même le maintenir à sa discrétion en cas de grave nécessité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec un tel agencement, aucune planète ne disposait d'une souveraineté propre.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'issue de la période probatoire, la féodalité impériale prenait le relais, et le préfet s'éclipsait. Le noble d'empire prêtait serment de vassalité à l'empereur, générant&amp;nbsp;un lien personnel fort. Il&amp;nbsp;pouvait alors mettre en place sur son monde, avec l'agrément impérial,&amp;nbsp;son propre cadre institutionnel, politique et administratif.&amp;nbsp;Finances,&amp;nbsp;diplomatie, économie, justice,&amp;nbsp;défense planétaires, relevaient désormais&amp;nbsp;de lui.&amp;nbsp;Il disposait de droit d'un siège&amp;nbsp;à la Chambre Haute,&amp;nbsp;aux activités de laquelle il pouvait participer. Son titre était&amp;nbsp;héréditaire et&amp;nbsp;transmissible à ses héritiers, selon un système&amp;nbsp;de dévolution&amp;nbsp;successorale&amp;nbsp;librement choisi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il devait cependant&amp;nbsp;fournir des troupes pour les Convents - l'armée impériale -&amp;nbsp;et pouvait&amp;nbsp;espérer occuper un poste important dans le commandement du Convent basé dans&amp;nbsp;le système où&amp;nbsp;sa planète&amp;nbsp;était&amp;nbsp;localisée. Il devait par ailleurs&amp;nbsp;adopter les systèmes commerciaux intégrés, promouvoir les cultes impériaux, payer un tribut à la monarchie, intégrer les législations d'application directe et celles&amp;nbsp;organisant les&amp;nbsp;compétences d'attribution&amp;nbsp;entre la monarchie et la planète.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les seigneurs planétaires devenaient ainsi cantonnés à la seule gestion des mondes qui leur étaient confiés. Le principe politique directeur de la monarchie à&amp;nbsp;cet égard&amp;nbsp;se résumait dans la formule&amp;nbsp;&quot;une planète égale un seigneur&quot;.&amp;nbsp;Leur rôle politique à l'échelle de l'Empire restait limité - on reviendra sur les modes de représentativité contraignants de la noblesse planétaire à la Chambre Haute. Ils pouvaient certainement prétendre à&amp;nbsp;de hauts postes dans l'administration impériale et dans les armées, mais cela&amp;nbsp;n'était possible qu'à un&amp;nbsp;très petit nombre d'entre eux.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Ils n'avaient pas la possibilité de se projeter au-delà de leur système planétaire, l'accès aux vaisseaux militaires à long rayon d'action étant réservé aux Convents et&amp;nbsp;&amp;nbsp;à la Garde Impériale&amp;nbsp;qui relevait directement du pouvoir central, ainsi qu'aux Ligues commerciales intégrées.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La monarchie évitait ainsi les guerres privées entre hobereaux ; elle s'attachait surtout à&amp;nbsp;maintenir&amp;nbsp;l'hétérogénéité et l'éclatement&amp;nbsp;d'un corps social&amp;nbsp;conscient de lui-même&amp;nbsp;mais qui ne devait pas être&amp;nbsp;tenté de s'ériger en un&amp;nbsp;contre-pouvoir par trop turbulent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A travers cette multitude,&amp;nbsp;surgirent néanmoins quelques grands aristocrates&amp;nbsp;à la forte personnalité et au charisme certain,&amp;nbsp;qui parvinrent à dépasser le simple cadre planétaire et à s'imposer dans plusieurs systèmes, s'assurant la maîtrise de plusieurs milliers de planètes. Alors que le&amp;nbsp;cadre classique liait directement le vassal planétaire à l'empereur par un lien personnel, ces grands seigneurs, par le jeu de ce serment,&amp;nbsp;s'intercalèrent entre&amp;nbsp;eux et se créèrent eux-mêmes une importante vassalité planétaire.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les empereurs le permirent, d'une part parce qu'ils conservaient&amp;nbsp;leur monopole militaire des vaisseaux à long rayon d'action,&amp;nbsp;et d'autre part parce que la monarchie, qui traversait des temps particulièrement troublés, avait pris conscience&amp;nbsp;que le cadre monoplanétaire était devenu&amp;nbsp;bien trop étroit&amp;nbsp;pour résister aux pressions extérieures, ce qui constituait une faiblesse du système. Ils devaient désormais favoriser l'émergence de&amp;nbsp;personnalités capables de fédérer des forces considérables afin de maintenir la présence impériale là où celle-ci pouvait être menacée. Ils avaient toutefois parfaitement&amp;nbsp;conscience&amp;nbsp;que se constituaient sous leurs yeux&amp;nbsp;de grandes principautés à l'échelle de plusieurs systèmes pouvant entrer en concurrence avec eux, et qui pourraient très bien se détacher un jour de leur autorité.&quot;&lt;/p&gt; 
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                <title>Impériales</title>
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                <author>noreply@ (Zhang)</author>
                                                <category>Fondamentaux</category>
                                                <pubDate>Wed, 14 May 2008 07:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Bon, les terriens. Comme suite à la note qui précède, je vous livre des extraits du journal personnel d'un grand aristocrate de l'Empire, qui m'ont été données par l'Empereur Euclymène. Beaucoup d'entre vous n'y comprendront rien, mais ça n'a aucune importance. Pour un extraterrestre, je suis&amp;nbsp;assez égoïste en mon genre, et je ne fais pas ce blog pour vous faire plaisir - je ne songe qu'à moi seul. Ce blog est une projection de mon subconscient.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En attendant, si vous avez peur de passer des plombes à&amp;nbsp;lire, surtout, arrêtez-vous tout de suite, car ça va être très long. Alors allons-y.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;Ce qui favorisa l'expansion planétaire, ce n'était pas tant le soutien des empereurs et du clergé, ni les progrès de la technologie qui permettaient à nos vaisseaux de franchir en toute sécurité des distances plus étendues en vue d'une projection de puissance accrue. Ces facteurs constituaient les moyens de l'évènement, mais ils n'en étaient pas la cause efficiente. Il y avait surtout, au sein des planètes du&amp;nbsp; nouvel Empire, une colossale réserve de main d'oeuvre miséreuse, à qui l'on avait fait miroiter - sans doute une fois de plus, au regard des exemples de l'Histoire - l'espoir d'un changement de vie. C'est aussi pour cela que l'on avait fondé l'Empire. Afin de prouver que démocratie réelle&amp;nbsp;et monarchie héréditaire n'étaient pas incompatibles. Les anciens systèmes politiques que d'aucuns nommaient &quot;fédérations&quot; qui s'étaient succédées n'avaient réussi,&amp;nbsp;d'après l'historiographie contemporaine, qu'une chose : l'éclatement du corps social à travers la standardisation des produits et des habitudes de consommation, l'extension des moyens d'information et de communication, et la vénalisation des valeurs. Tout cela résultait de l'individualisme exacerbé fondé sur la plénitude de la volonté autonome. Ces &quot;fédérations&quot; n'avaient abouti qu'à la formation d'une masse qui n'avait pas conscience d'elle-même mais qui souffrait d'une panne latente de l'ascenseur social depuis déjà des siècles, alors qu'elle avait pleinement reçu un nivellement culturel uniformisant, par le bas. Cette masse ne comptait plus accepter le diktat d'un mode de vie auquel elle n'avait pas accès,&amp;nbsp;parce qu'il était devenu l'apanage des élites et des catégories sociales&amp;nbsp;supérieures&amp;nbsp;qui se reproduisaient et restaient entre elles. Dans ce monde bien-pensant, ultra-conformiste, où le magistère moral et la&amp;nbsp;connivence régnait&amp;nbsp;entre les&amp;nbsp;milieux politiques, économiques, éducatifs, médiatiques, il n'y avait guère d'espoir. Cette masse, ainsi que&amp;nbsp;certaines élites, commença à rejeter l'abrutissant &quot;panem et circenses&quot; médiatique conçu pour la contenir. Mais il ne lui restait déjà plus que le choix entre le crime et une indigence très fortement marquée. La scission, étalée sur des dizaines d'années, ne se fit pas en douceur. La prise de conscience, flagrante, s'ajouta à une cristallisation violente. Les premiers empereurs et les nouvelles familles nobles&amp;nbsp;émergèrent d'une phase d'exploration et de conquête&amp;nbsp;spatiale qui avaient pour but d'échapper à l'emprise pesante&amp;nbsp;des &quot;fédérations&quot; et d'inventer un nouveau sens à la liberté. Mais ils eurent peur de l'émergence de nouvelles &quot;classes dangereuses&quot; défiant tout ordre établi. Ils reconnaissaient si bien l'iniquité qui avait concouru&amp;nbsp;à la formation de ces &quot;classes&quot; qu'eux-mêmes ne faisaient pas parties des anciennes élites et n'existaient que pour prendre l'exact contre-pied des valeurs sociales prônées par les anciennes &quot;fédérations&quot;. Il y avait donc un terreau commun entre la monarchie, l'aristocratie, les masses, fondant des aspirations nouvelles. Mais entre le communautarisme sclérosant et le&amp;nbsp;non sens de&amp;nbsp;l'individualisme, les empereurs ne se dirigèrent pas vers une troisième voie politique mythique. L'Empire, réaliste, s'appuya d'abord sur la masse paupérisée, et l'envoya coloniser les innombrables planètes qui s'offraient à la vue des télescopes et des spectroscopes, octroyant la noblesse, distribuant les titres, les terres, les honneurs et les privilèges. L'ensemble était cimenté par&amp;nbsp;le&amp;nbsp;culte de la Déesse de la Victoire (Nika),&amp;nbsp;autre pilier&amp;nbsp;de la monarchie.&amp;nbsp;L'on faisait ainsi d'une pierre trois coups : un ensemble de population jugées peu sûres se trouvait domestiqué, l'ascenseur social repartait, et l'Empire naissant amorçait une expansion territoriale planétaire fulgurante qui en fit la nation la plus présente et la plus puissante de l'univers connu. L'aventure impériale avait été possible parce qu'il y avait eu un chemin de fuite. Evidemment, cette aventure a été exaltée. Uniquement parce qu'elle se voulait et se pensait en remède unique&amp;nbsp;contre un grand mal. Mais ce mal, les impériaux l'avaient intégré et&amp;nbsp;le portèrent avec eux partout où ils&amp;nbsp;allèrent, engendrant&amp;nbsp;et propageant&amp;nbsp;d'autres maux.&amp;nbsp;D'une certaine façon,&amp;nbsp;l'Empire avait trouvé une sorte d'équilibre et de réussite&amp;nbsp;grâce à&amp;nbsp;une série de recettes politiques cyniques qui&amp;nbsp;restèrent enracinés&amp;nbsp;en lui comme un vice originel au fil des siècles&amp;nbsp;; pour cet équilibre, cet espoir retrouvé, le&amp;nbsp;prix fut payé très cher&amp;nbsp;par toutes les&amp;nbsp;civilisations et les millions de mondes&amp;nbsp;que l'Empire annexa.&amp;nbsp;Bien sûr, l'historiographie préféra occulter les crimes commis par les légions impériales et la disparition des nombreuses civilisations planétaires très riches et très cultivées ; sans avouer que la condition des millions de premiers colons qui servirent dans l'armée impériale et obtinrent des récompenses de leurs services, fut rien moins qu'épouvantables lorsqu'ils s'installèrent, car ils quittaient l'assistanat de mondes aseptisés pour l'hostilité naturelle des nouvelles planètes et furent confrontés les premiers à la haine des espèces vaincues, contenues ou refoulées par l'expansionnisme de l'Empire. Cela n'en permit pas moins l'émergence de mythes de héros fondateurs, d'une logique de conquêtes&amp;nbsp;et de nouvelles valeurs&amp;nbsp;militaires et aristocratiques, émergence récupérée avec facilité par le clergé de Nika, et qui, avec le temps, se traduisit en littérature par le foisonnement de grandes épopées épiques et lyriques qui allaient fournir un modèle d'éducation classique pour la jeunesse bien née.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Vous voyez, les terriens.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Chacun porte sa merde partout où il va. Et la subit tout le temps. Et la fait payer aux autres. Et les autres interragissent avec ça aussi.&amp;nbsp;C'est ça l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Et nous, chez nous, on est en plein dans ce processus.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Vous n'avez pas compris ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'est pas grave.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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