08 juin 2008

Whassup doc ?

Voici Grun. Il émerge de nulle part. Démarche nonchalante. Innocente, presque. Et pourtant.

Encore son sourire mauvais. Satisfait. Et cette lueur dans les yeux. On devine tout de suite qu'il est content du tour qu'il vient de jouer. Un boulot qui lui plaît.

Au moment où il se plante à côté de moi, une explosion lointaine se fait entendre. Tiens donc. Sabotage. Qu'est-ce que c'est, cette fois ? Une usine ? Un dépôt ? Une succursale ? On dirait en tout cas que les intérêts des quelques bons bourgeois friqués qui nous mettent des bâtons dans les roues par ici ne sont pas vraiment protégés. C'est balot. J'ai toujours su que cette petite caste de nantis ne pouvaient pas nous blairer, dès le début. Ils font preuve d'une mauvaise volonté assez caractéristique. Surtout à partir du moment où on leur fait comprendre que leur mode de vie ne se perpétuera pas aussi facilement

- Le message sera clair, chef.

- Moais. Faut espérer.

Et allez donc : un autre gros KA-BOUM.

- Grun... ?

- Oais. Je me suis permis un petit extra. Un compte à régler. Celui-là aura du mal à s'en remettre.

On a toujours raison de faire du zèle.

- On va continuer dans cette voie avec eux. Le prochain qui moufte, on le frappe au larfeuille. Là où ça fait le plus mal. Spéculation, confiscation de biens, magouilles en tout genre. Tout sera bon pour ruiner du bourge.

- Pile poil. Et on se fera des brouzoufs dans le même temps.

- Tout juste.

Une guerre, ça se gagne aussi sur ce front-là. On divise pour mieux régner : ceux des classes dirigeantes qui nous sont hostiles sur cette planète devront boire le bouillon pour que ça serve d'avertissement aux autres. Qui devront nous becqueter dans les paluches.

- Au fait, Grun.

- Mh ?

- Où en est ton indic, à propos des livraisons de l'empereur ?

- Mal en point, chef. Il est grillé. On a réussi à le sortir, mais il est dans un sale état.

- Où tu l'as mis ?

- Mes gars l'ont envoyé fissa au Bouge, chef.

- Il a pu te rancarder ?

- Il ne s'est réveillé que ce matin.

- On va y aller. Maintenant.

Ce que Grun appelle le Bouge, ce n'est pas autre chose qu'une sorte d'hôpital de campagne tenu par des toubibs du genre, heu, assez insouciants, en ce qui concerne les soins à donner. C'est pas peu dire. Rien que le surnom qu'on a collé à cet endroit est assez significatif. Un musée des horreurs.

On monte fissa dans un véhicule blindé. Grun conduit. Je me sors une canette de jus. M'en engloutis quelques gorgées. Regarde le paysage. Confins dévastés d'une région en guerre. La cannette à la main, je regarde cartes et plans.

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Ding ding dong, tadidaaaaa, dadouuuu...

Vous savez, tihihi, Jobul est un chat très exigeant à la forte personnalité. Il est très difficile de lui imposer quoi que ce soit. C'est comme pour ses repas, je fais très attention à ne lui donner que des aliments sains et bons pour lui, qu'il va adddddorer. C'est pourquoi je choisis toujours les boîtes BASTOUILLE. Mon Jobul en RA-FOLLE. Il s'épanouit de jour en jour. Et moi je suis contente !

Tihihihi.

BASTOUILLE.

 Parce que c'est vachement bon pour les chats qui nous prennent la tête de sa race de merde.

Fait chier, quoi, à la fin !!

Tadidaaaa, dadouuu, ding ding dong...

- Mais si, Ranille, je vous aime, vous le savez.

- Non, Merboule, vous mentez ! Je vous ai vu hier ! Avec cette salope de Garbina ! Vous aviez la main autour de sa taille, et vous reluquiez ses fesses et sa poitrine !

- Mais pas du tout, Ranille. Garbina est une nouvelle infirmière au service, vous le savez. Elle est un peu perdue et a besoin qu'on la soutienne. Je lui montrais un peu d'attention, un peu d'humanité, Ranille, c'est tout.

- Rho, arrêtez cette hypocrisie, Merboule. Vous êtes le chirurgien en chef. Vous êtes beau, intelligent, brillant. J'ai très bien vu que vous l'intéressez, cette pouffiasse, vu comme elle roucoule et comme elle tortille du croupion. Elle sent le sexe à plein nez, elle affole tous les mâles de l'hôpital, Merboule, et elle ne veut monter que du toubib trois étoiles.

- Mais paaaaaaas du tout, Ranille, vous vous méprenez. Je n'aime que vous, vous le savez bien.

- Rho, Merboule. Prouvez-le moi.

- Rho, Ranille. Je ne peux pas, pas ce soir. Je dois aller avec ma femme.

- Merboule. Pourquoi ne divorcez-vous pas ?

- Mes enfants ne comprendraient pas, mon amour.

- Rho, Merboule. Dans ce cas, j'accepterai l'invitation du docteur Vreubar.

- Kwa ?! Ce sale type de Vreubar ? Cet espèce de crâneur, qui confond le diurétique et le paracétamol ? Qui soigne un mal de tronche en refilant la chiasse ?

- Il n'empêche qu'il est galant, gentil, attentionné, et d'agréable conversation.

- Rha, Ranille, vous racontez n'importe quoi ! Son seul but est de faire passer toutes les infirmières sous son bureau ! Vous regardez sur sa moquette en dessous de son fauteuil, y'a que des tâches blanches, et c'est pas des médocs, pour sûr.

- Docteur, docteur !!!

- Qu'est-ce que c'est, infirmier ?

- On annonce l'arrivée de Zhang à l'hôpital.

- Merde ! Le chef, ici ?

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Ding ding dong, tadidaaaaa, dadouuuu...

Mamaaaan, mammannn mammannnn ! - Quoi mon chéri ? - Ou kil est mon maillot ? - Ton maillot ? Je l'ai mis à laver. Il était vraiment trop sale. - Mais mamaaaan, pffffff, je joue, ce soir, moi ! Comment que je vais faire ? - Pas de panique, mon chéri. Avec SPACE BLOUSH la lessive de l'espace, c'est toute la force des enzymes astraux contre les salissures. Regardez. Les supers agents hyprasensitifs à l'hydrométabohridoxyde de jensibate carbonaturée de SPACE BLOUSH dézinguent à donf toutes les crasses, les merdes et les pourritures qui puent la mort dans le linge, et comme ça la madame elle est tranquille car son sale gamin à la con pourra aller à son match de merde dont tout le monde se fout et lui foutra la paix une bonne fois pour toutes. - Voilà ton maillot mon chéri. - Waaah, maman, c'est super ! - Eh oui, c'est SPACE BLOUSH la lessive de l'espace. Allez, mon chairi, maintenant, va jouer, casse-toi vite et bien passeke vraiment tu me gonfles ; et si tu me resalis ce maillot je le fous au feu et je t'arrache la tronche.

SPACE BLOUSH. La lessive qui soulage une bonne fois les mamans des caprices de merde de leurs gamins à la con qui font chier parce qu'ils salissent tout et qu'ils n'en ont rien à branler.

SPACE BLOUSH. Pour la paix des familles.

Tadidaaaaa, dadouuu, ding ding dong...

- AAAARRRRRHHH !

- Ranille, vraiment, je...

- RAAAAAARRRRRGH !

- Ho. Doc.

- Oui, chef.

- Tain, tu vois pas qu'il gueule, ton malade, là ? C'est comme ça tu le soignes?

- AAAARRRRRRGGGH.

- Chef, je fais mon possible, mais...

- Merboule. Dites-moi que vous m'aimez !

- Mais enfin, Ranille, c'est pas le moment !

- RRAAAAAAAAAAAHHHH !

- Doc. Ce type, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Il a des trucs très importants à me dire. Si jamais il claque, je te le ferai payer.

- Mais chef...

- RAAAAAAARRRRH !

- Merboule. Dites-moi que vous n'aimez que moi ! Oh, Merboule, si vous ssssaviez ! Prenez-moi dans vos BRAS ! Maintenant ! Serrez-moi fort !

- Mais Ranille, je... Oupfff ! Lâchez-moi, Ranille, enfin !

- Oh, Merboule ! Vous me repoussez ! C'est cette salope de Garbina qui vous a détourné de moi, je le savais ! Rho ! Vous êtes un monstre !

- M-mais, Ranille... 

- ARRRGGRAAAAAAAAAAAAAAHHH !!

- Doooooc. T'as un malade qui t'réclaaaaame.

- Oui, chef, oui-oui, je m'en occupe tout de suite... Ranille, foutez-moi la paix !

- Merboule. Je vous quitte, Merboule. Et je dirai tout à votre femme ! Je raconterai notre liaison ! Et aussi je dirai que vous vous êtes envoyé Djania. Et Olania ! Et Barbonica ! Et Molisia ! Que vous adorez prendre en levrette avec un fouet et des cuirs cloutés ! Que vous vous faites enculer avec un sex toy et des bougies trempées dans de la bolognaise !

- Mais arrêtez de dire des conneries !

- RAAAAAARRRRGRAAAAAAAHHHHH !

- Doooooc. Si tu viens pas tout de suite t'occuper de mon indic, t'auras une bonne raison d'avoir de la bolognaise dans la rondelle, mon gars !

- vivivi, chef !

- AAARRRRGRAAAAAH ! J'ai maaaaal !!

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Ding ding dong, tadidaaaaa, dadouuuu...

PCCCCHHHHT - BLARTAAAAA - Je suis fraîche, et c'est comme çaaaa ! - BLARTAAAAA ! Je suis blonde mais je pue sous les bras, alors un seul geste : PCHHHHHT ! BLARTAAAAA ! Le déodorant de l'espace qui vous décape toute vos mauvaises petites odeurs de poils et de touffe ! PCHHHHT ! BLARTAAAA ! Regardez-moiiiiii, un seul geste, et je cesse de puer la mortadelle de trois mois ! BLARTAAAAA ! Regardez tous ces hommes qui se tournent vers moi, c'est l'effet magique de BLARTAAAAA ! PCCHHHT, dix litres sous les bras, BLARTAAA, et c'est le nirvana, tihihihihi ! 

BLARTA

La puissance industrielle

 Au service de vos dessous de bras

Foutez-vous en dix litres, et si avec ça, vous poquez toujours, alors vraiment vous faites chier, vous n'avez qu'à vous laver, passque bon, quand même nous on vend des produits mais on n'est pas responsable de votre hygiène, alors si vous êtes un gros dégueulasse de la touffe, du cul et des panards, eh bah merde on peut rien pour vous. Non mais ho. Faut pas déconner quand même.

Tadidaaaa, dadouuuuuu, ding ding dong...

- L'est crevé, chef.

- Ah merde.

- Mais il m'a dit ce qu'il fallait.

- Tant mieux.

- L'empereur nous envoie des armes et du matos, comme promis. Livraison en cours. J'ai toutes les coordonnées, avec le nombre des vaisseaux et les quantités qu'ils transportent.

- Booon. J'aurai pas à me venger sur le toubib, du coup. Où il est, d'ailleurs, çui-là ?

- Je crois qu'il s'est réconcilié avec Ranille, chef.

- Moh ?

- Planqués derrière, chef, dans un bureau.

BOUM - Han ! BOUM - Han ! BOUM - Han ! BOUM - Han ! Hoooo, Merbouuuuule ! BOUM - Han ! BOUM  - Han ! Raaaaaanilllle ! BOUM - Han ! BOUM - Han ! BOUM - Han ! Raaanillle, où EST LA BOLOGNAIIIIIISE !!! BOUM - Han ! BOUM - Han !

Pfff.

Là, ça va vraiment dans tous les sens.

24 avril 2008

L'initiation

KRAAAMM

_ Mince ! Chef ! Qu'est-ce que c'est que ce boucan ?

_ ça... ? Ooohf, rien... Juste un alambic de Mast qui vient de lui péter à la tronche. Y s'amuse à distiller de la gnole. Du moins il essaye. Faut pas s'alarmer.

_ Eh ben, quelle détermination. Il nous en fera goûter, de sa gnole, hein chef ?

_ Mmmmh.

J'appartiens au clan de Zhang depuis quelques semaines, maintenant. J'avoue que je ne m'attendais pas à tout ce que j'ai vu. Quelle expérience formidable pour moi ! Il y a tellement d'animation avec eux ! Ah, c'est fou ce qu'ils ont confiance en moi, au regard de tout le travail gratifiant qu'ils me confient alors que je viens juste d'arriver : les corvées de chiottes à la brosse à dent, les séances de plonge avec des grands tas de plats et d'assiettes grasses et sales, les nettoyages de sulfateuse au coton-tige, le passage de la serpillière dans les couloirs de leur énorme vaisseau amiral... et tout plein d'autres choses. Ah, je suis réellement exténué ! Et puis parfois, l'un d'entre eux me demande en rigolant de me baisser quand je veux prendre ma douche et que je suis tout nu... une histoire de savon à ramasser... Je ne comprends pas réellement, mais ils sont tellement taquin ! Je rigole tout comme eux ! Qu'est-ce qu'ils sont chaleureux quand même !

Donc : a y est !!! Je suis un rustaud de l'espace moi aussi ! Moi Meurgan. C'est ma femme qui va être drôlement fière ! Et mon pote Hingmar qui va être jalouxe ! Je peux péter et roter comme je veux ! Et picoler. C'est pas une émancipation, ça ?? Note que leurs alcools sont très très forts.

KRRAAAAAMM

_ Houlà ! Et ça, chef, c'est quoi ?

_ C'est Brohonk qui fait des essais avec son dernier lance-flammes.

_ Ahaha, oui, chef, ça je le savais : il m'a demandé de le tester avec lui, l'autre jour... Je devais me mettre juste devant lui, tantôt à vingt mètres, tantôt à trente mètres... Et puis il m'a couru après, il m'a un peu grillé les miches. J'ai eu beau lui confirmer que son engin marchait parfaitement et qu'il pouvait s'arrêter, il a quand même continué, et j'ai eu très très chaud, n'empêche. Il est taquin, lui aussi ; hein, chef ?

_ Mmmmh.

Très taquin, oui ! A propos de ça, ça me rappelle la fois où on a fait une sortie dans l'espace. J'étais très content, j'essayais ma combinaison toute neuve, faite rien que pour moi. Un module extérieur au vaisseau amiral nécessitait des réparations. Je pense que c'est Argolphe qui s'est dépatouillé pour mettre un peu de gaz hilarant dans mon dispositif à oxygène... Qu'est-ce que j'ai rigolé ! Comme ils ont vu que l'ivresse me prenait, ils m'ont fait tourner dans tous les sens. Je ne savais plus où j'étais ni où je devais aller, ni comment me repérer pour retrouver le sas du vaisseau... et quand je l'ai retrouvé, il était déjà fermé car les copains étaient tous déjà rentrés. Ah, je n'ai pas compris, j'ai eu beau appeler à la radio, et puis taper sur le sas, on ne m'a réouvert qu'après trois heures... Ma jauge d'oxygène était au plus bas... Les potes étaient morts de rire ! Un rien les amuse, ces chenapans !

KRAAAM BRABOUM

_ Hou ! ça m'a fait peur !

_ Pourtant y'a pas de quoi, ptit. C'est juste Grun qui s'entraîne avec des boules de feu.

_ Waaaaah ! Quel puissant sorcier, Grun, hein chef ?

_ Mmmmmh.

Une autre fois, j'ai nettoyé leurs écuries. Il faut dire qu'ils ne peuvent pas monter à cheval : ils sont bien trop grands et trop lourds pour ces pauvres bêtes. Ce sont des sortes de sangliers géants qui leurs servent de monture. Quand ils m'ont montré l'endroit où ils les élevaient, j'ai vu tout de suite que ça n'avait pas été nettoyé depuis bien bien longtemps, houlàlà ! Ils ont été particulièrement heureux que je me propose de moi-même pour les nettoyer, à moi tout seul, avec une pelle et un balais !!  C'est réellement vivifiant !! Mais qu'est-ce que ça défèque, un sanglier géant !! J'étais dans la bouse jusqu'aux genoux, et j'ai évacué des dizaines et des dizaines de seaux de fiente. Depuis, je traîne une odeur pas mal nauséabonde que j'ai un mal fou à atténuer. Surtout qu'ici, on connaît le savon mais pas le parfum. Bon, j'ai pu voir aussi qu'un sanglier géant ça avait son petit caractère, quand même. Il en faut réellement peu pour les énerver, et je crains parfois de ne pas avoir correctement évalué la limite avec eux. J'ai pris des coups de sabot et j'ai dû essuyer plusieurs charges. Ils m'ont dit en rigolant qu'ils comprenaient bien à quel point ça faisait mal. Un peu.

KRAABAAAKRAAAA

_ Et ça, chef ? C'est Argolphe qui met au point une nouvelle fusée et ça lui a pété au nez aussi ?

_ Heu non. Je crois pas. Tu ferais mieux de te mettre à couvert, petit.

_ Chef. On y est. C'est Balance. Il nous sort le grand jeu.

_ Mast. T'as encore de la suie sur le nez.

_ Ouais. C'est mon quatrième alambic, cette semaine.

_ ça va finir par faire beaucoup, tu crois pas ?

_ Bah. C'est de la merde, ce matos. Voilà tout.

_ Mmémémémémé, chef, c'est quoi tout ce barouf ? On est attaqué ???

_ On peut rien te cacher, petit.

_ Moais. J'en profite pour te rappeler que c'est la guerre, ici, garçon. Un petit peu. Et qu'on est là pour la faire. Un petit peu aussi.

_ M-m-m-mais c'était q-q-q-quoi, ça ?

_ Ohhhf. Des tirs de roquettes sur nos positions avancées, rien de plus.

_ Non, moi je dirai plutôt une préparation d'artillerie.

_ U-u-u-une quoi ??

KRABKRABAMBOUM

_ Oais, chef, t'as raison.

_ C'est quoi une prépa machin, chef ? 

_ C'est quand tout plein de canons réunis tirent en même temps sur une position ennemie. En gros.

_ Houlalalala, m-m-m-mais c'est super dangereux !!

_ Sans déc.

_ Sans rire, il a pas tort, chef. Balance a l'air de vouloir mettre le paquet.

_ On s'en fout. On a de quoi répliquer. Je ne veux pas me laisser enfermer dans cette ville. Il va vouloir mettre en place un étau et nous fixer ici. Prends nos dispositions, Mast. On va monter au charbon et cracher un peu de plomb.

_ Eh bah alors, Meurgan. C'est quoi cette tache sombre, sur ton fute, entre tes jambes, là ?

_ Hreum. Je crois que j'ai encore fait pipi.

_ Eh bien, il vaut mieux que ce soit maintenant. Dans les heures qui viennent, t'en auras pas l'occasion.

_ Moais. Tu vas venir avec nous. En première ligne. Et tu tiendras ta sulfateuse, toi aussi.

CLAC CLAC CLAC CLAC CLAC CLAC

_ C'est quoi ce bruit ?

_ C-c-c'est juste mes dents. J'ai une trouille d'enfer.

_ Oais. Moi, je croyais que t'avais froid, petit. Allez : sors un bon gros cri de guerre, ça te donnera du courage.

_ Hein ?

_ Coomme ça : YYYYYEUUUUUUAAAAAARRRRRRRRRGGGGHHHHHHHHHHH !

_ Yaaaa-yayayayayaaaaaa.

_ Mouheuharh. Ben ptit, y'a qu'en forgeant qu'en devient forgeron. Au charbon, avec nous !!

_ B-b-b-beuh. Je me demande si je préfère pas la bouse de sanglier.

19 mars 2008

Au troquet

Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre.

Je dois avouer que je suis bien content de m’être fourré au vert pendant quelques temps. Mais la vie de vadrouilleur intergalactique suis son cours, et y’a du pain sur la planche par chez moi.

Mes gars n’ont pas chômé, loin de là. A peine de retour, je suis allé me rendre compte par moi-même, et je me suis organisé une bonne petite virée de baston sur Alkano avec mes potes Brohonk, Grun, Mast et Argolphe, suivis de quelques bons guerriers. Juste histoire de me faire une idée précise de la situation.

N’empêche : ça fait du bien de se défouler, et d’aller casser de l’ennemi. Mmmmmh, quel panard ! Six ou sept jours de baston intense au grand air, bien physique, ça entretien la forme et la santé, je vous le garantis.

Une fois de retour en orbite sur le navire amiral, nous n’avons pas pris le temps de nous déséquiper : direction le troquet du vaisseau, pour nous envoyer une tournée de bons gros bocks bien pleins. C’est notre façon à nous de procéder à un débriefing. Chacun pose ses deux mètres de sulfateuse encore chaude au râtelier à l’entrée du bar, et zou ! L’odeur avenante et rassurante du houblon est dans toutes les narines. Faut vite faire gicler la mousse, car fait sacrément soif !

_ Avé, chef ! ‘Lut les mecs ! Ravi vous revoir par ici. Alors, ça baigne ? Z’avez tout bien fait péter comme y faut, en bas ? Nihaharh !

Alors lui, c’est le taulier. Il s’appelle Vhilus. Il brasse la meilleure bière de toute la galaxie.

_ Ah, bah merci du compliment, chef ! C’est un plaisir pour moi de vous revigorer la couenne avec de bons produit du terroir ! Allez, mes ptits zagneaux, assoyez-vous bien au chaud. Votre table est prête. Je te m’en vais vous mettre une bonne bûche de côté au feu, te vous mitonner un bon ragoût, et une tournée digne de ce nom ! Z’allez voir, z’allez être au ptits zoignons ! Hein, mahahahahahrrrh ! Alors qu’est-ce que je vous mets ? De la Brohrg, comme d’hab ?

Brohrg, c’est l’abréviation de Brohrgenshklon – une bière fétiche, entièrement fabriquée par Vhilus, et pour ma part celle que je préfère.

Alors faut pas faire chier : QUAND LE CHEF BOIT DE LA BROHRG, TU BOIS DE LA BROHRG ! !

_ Mouhahahaharrrr ! ! Eh, chef, tu sais que tu me fais ma meilleure pub ! Allez, en voici déjà une giclée ! Régalez-vous, les gars, y’a rien de meilleur !

On pose nos culs, on empoigne nos bocks d'une main ferme et assurée, on trinque, on souffle la mousse, on siffle le tout sans demander notre reste, cul sec, et on s'essuie à la manche.

Première fournée !

_ BREUUUUUURRRH ! !

_ ROOOOOOORRRRHHH ! !

_ BRAOORRRRRRHH ! !

_ GREUUUUUUURRRRHH !

_ BROUUUUUHRAAAAARRH ! !

Sans commentaire. Suffisamment éloquent, pas ?

_ Ah, bah les mecs, dites ! C’est la grande forme ! Ça ébouriffe, hein ! Là, les gars, c’est vraiment vous ! On voit que vous êtes de bon poil, et que vous savez savourer ce qui est bon ! Bougez surtout pas : y’a la ptite sœur qui rapplique !

Fit-il en se barrant fissa réapprovisionner nos barons. Pendant ce temps-là, trois mecs derrière nous dans le troquet qui sirotaient leurs bocks dans leur coin se mettent à entonner gaillardement une chanson paillarde.

_ Ceci dit, chef, la Brohrg, c’est vrai qu’elle est bonne. Mais pour ses autres bières, y sait pas faire : c’est de la pisse d’âne !

_ C’est pour ça qu’il a les jetons : pas une de ses marques n’est retenue pour les concours de rôts à part sa Brohrg ! Depuis le temps qu’il essaye de les placer, qu’il bosse sur ses produits, eh bah il se fait toujours enfoncer par ses rivaux.

_ Oais. Alors la Brohrg mise à part, il revend ses marques en dehors de nos planètes.

_ Oais. Personne hors de chez nous ne peut boire de la Brohrg. Moi j’en ai vu, des-pas-de-chez-nous, tantôt ils vomissent, tantôt ils s’évanouissent, ou bien encore ils hallucinent, ou perdent la tête ! Elle est même interdite dans certains systèmes, c’te bière. En réalité, Vhilus se fait énormément de thunes en refilant de la pisse de zèbre hors de chez nous.

_ Quel loufiat !

_ Surtout lui dites pas ça : il nous fait boire à l’œil !

_ Cht ! Le revlà !

_ Alors les héros, on aime les messes basses ? Régalez-vous plutôt de la suite !

Deuxième fournée !

_ GROOOOOOOGH !

_ BRAAAAAGH !

_ Hic ! GRUUUUUURRRRH !

_ BROUHOHOHOUHORRRRH !

_ MRAAAAAAAARRRHH ! !

_ Ah, les gars ! Vraiment ! Vous m’faites un putain de plaisir, snif, vous pouvez pas savoir, snif ! Jamais on honore mes produits comme ça ! Rha ! Quelle émotion, snif ! Vous savez reconnaître les vraies valeurs, vous ! Vous faites honneur à la vraie picole de chez nous ! Je vous adore ! Vous êtes… mais alors, vous êtes…

_ Heh, ça va, mec. Elle est bien jolie, ta larmichette, mais on aimerait bien éponger la suite, nous !

_ Oais ! Si c’est tout c’que t’as en réserve, eh bah franchement, t’es pas un bon commerçant !

_ Calme, Grun, calme. Ça se prépare. Les larbins vont vous ramener ça.

_ Alors pose ton cul, siffle aussi ton bock, et cause avec nous.

_ C’est pas de refus, chef !

J’en profite pour préciser que Vhilus, en parfait taulier, est amateur de cancans et de conciergeries diverses. Ça peut être utile de le faire causer parfois. Derrière nous, les trois mecs qui hurlaient leur chanson sont grimpés sur leur table pour en entonner une autre plus fort, s’adonnant à une chorégraphie improvisée.

_ Alors, garçon, quoi de neuf sur le vaisseau ?

_ Ah bah ma foi, plein de choses.

_ C’est-à-dire ?

_ Ah, bah, par exemple, là, y’a votre prisonnier, là l’officier. J’sais plus son nom…

_ Moi non plus. C’est celui qui a été capturé par Brohonk ?

_ Voilà !

_ Et alors ?

_ Oah, bah, y fait des siennes, quoi, y gueule. L’est pas content, comme quoi la convention intergalactique sur les prisonniers de guerre, patati, patata, faut la respecter, sinon j’sais pas quoi, comme quoi on s’en repentira, comme quoi on viendra de toute façon nous châtier comme on le mérite, enfin bon, le blabla habituel, quoi.

_ Mais de quoi il se plaint ?

_ Oh, bah des trucs sur ses conditions de détention.

_ Bah voyons. Môôsieur l’officier n’a pas de draps blanc tout propres, Môôsieur l’officier n’a pas des couverts en argent pour béqueter, Môôsieur l’officier doit chier et pisser dans un trou à même sa cellule sans chasse d’eau et sans papier, Môôssieur l’officier ne supporte pas la compagnie des cafards et des charançons, le pain sec et l’eau croupie qu’on lui fait la grâce de lui donner ne sont pas au goût de Môôsieur l’officier…

_ T’ain ! Chais pas c’qu’y lui faut !

_ Eh bah oué, kess vous voulez. Maintenant, les prisonniers, c’est qu’y faut tout y donner, faut tout en prendre soin, et en plus ça coûte bonbon ! Alors bon : lui, les geôliers en on eu marre et l’ont foutu dans un autre trou bien plus profond histoire de plus l’entendre.

_ Bien joué. Au fait, il a causé ?

_ Ah bah non, tu penses bien, chef ! C’est de l’officier, c’est de l’aristo, ça fait son ptit indigné, ça veut qu’on respecte les conventions, alors selon les conventions, eh bah on cause pas à l’ennemi.

_ Ouah, bah en voilà des manières ! " On cause pas à l’ennemi ", tout de suite ! Pfff ! C’est vraiment histoire de se donner un genre. Encore un connard avec des principes !

_ On lui a dit qu’on aurait très bien pu être un peu moins gentil avec lui ?

_ Oais ! J’aurais dû le faire crâmer quand je l’ai capturé ! Mhhhhh ! ! Brûle, brûle, brûle ! Kram ! Boum ! Mouheuharh !

_ Oh, calme, Brohonk. Finis donc ton bock.

_ Ah, bah tiens, justement, vlà la suite de la picole !

Troisième fournée !

_ BROOOOOOHARRRH !

_ BRAAAAEUUURRHH !

_ BREUUUUHORRRG !

_ BRUUURRUUUUUHHGH !

_ Prout !

_ Ah bah non, Mast ! T’es pas dans le rythme !

_ Scuzez les mecs ! GREUUUUUUUHHHH !

_ Ah, non, vraiment, les mecs, je suis heureux ! HEU-REUX ! ça c’est ce qui s’appelle du compliment ! Mieux : de la reconnaissance pour l’artisanat local ! Là, franchement, je vous le dis, c’est toute la qualité du produit qui ressort ! C’est le vrai bon terroir de chez nous ! Qui s’exprime en plein, dans toute sa maturité ! Rhah ! Qu’est-ce qu’on se sent bien ! !

_ Tiens, j’ai envie de pisser, moi !

_ Bon, bah Argolphe, tu sais où sont les goguenots. Confonds pas avec les cuisines, comme la dernière fois.

_ Vhil, si tes chaudrons plein de rata ressemblent à des chiottes, t’as des soucis à te faire niveau bectance ! Mouhahahaharh !

_ Alors les mecs : buvez tant que vous voulez, mais ne mangez surtout rien, on sait jamais ce que les clients de Vhilus ont pu faire en voulant aller se soulager !

_ Mouhahaharh !

_ Ah non. Les mecs. S’il vous plaît. Là, vous me faites de la peine.

_ Alors fait péter encore une tournée de liquide, sans broncher, et fissa !

_ Ouais, les mecs, ça filoche.

Le tiercé à la chanson paillarde a fini par se fatiguer et ses membres se retrouvent maintenant sous les tables, à profiter d’un repos bien mérité. Le bruit de leurs lourds ronflements ponctue le brouhaha ordinaire du troquet. Ailleurs, loin dans la salle, on dirait qu’une bagarre éclate.

_ Faudra quand même voir à le faire causer, ce petit merdaillon d’officier, dites.

_ T’as raison, chef. Alors justement, comment on fait ? Moi j’ai des petits sorts hallucinatoires sympas, de quoi lui faire rentrer les couilles de peur !

_ Moi j’ai une machine à chatouiller sous les aisselles !

_ On va aller loin avec ça, Argolphe !

_ Ou à chatouiller sous la plante des pieds si vous préférez !

_ L’écoute pas, chef. J’ai de meilleures idées ! On lui crâme tous les poils du corps ! Un par un ! A la bougie ! A la cire ! Au briquet ! Au chalumeau ! A l’allumette ! Vous allez voir, on va s’marrer ! C’est du boulot d’artiste ! Surtout, moi je préfère quand on arrive aux poils du cul ! Si on lui a fait bouffer des fayots avant, et qu’il lâche une série de caisses…

_ Arrête, Brohonk, t’es glauque. Moi, je peux lui faire avaler un dé à coudre de ma gnôle spéciale ! Du sur mesure. Le genre qui vous récure les boyaux faut voir comme, de quoi alimenter les propulseurs d’un croiseur !

_ C’est bien, Mast. Mais chef, sauf ton respect : j’ai peut-être un meilleur tuyau pour cuisiner ton bonhomme !

_ Ah ouais ? Toi, le taulier ?

_ Ouais. Je voulais justement te le dire. Figure-toi, crois-moi ou crois-moi pas, que quelqu’un est arrivé sur le vaisseau. Tout droit de notre planète-capitale.

_ Allons donc. Tu m’en diras tant. Et c’est qui ?

_ Ah, bah attend ! Y’a la quatrième fournée de picole qui rapplique !

_ Dis-moi plutôt d’abord.

_ Chef, ça te fait rien si on siffle nos bocks, nous ?

_ Allez-y, je vous rejoins. Alors, Vhil, c’est qui ?

_ Ah, bah chef, ce quelqu’un : c’est quelqu’une.

_ Ah ouais ?

_ Ouais. Tu la connais bien, d’ailleurs. J’ai nommé : Karabine.

_ CROFF !

_ BLOUCH !

_ RGLEUH !

_ PFLOUGH !

_ Ah bah non, les mecs, là vous avez tout craché partout ! C’est quoi, ce boulot, que vous me faites, là ! On s’étrangle pas avec de la Brohrg, quand même ! T’ain, c’te gâchis !

_ Arrête de piailler, et remets-nous ça, plutôt !

_ Ah bah je risque pas de vous en redonner quand je vois ce que vous en faites.

_ Sans dec. Karabine, ici ? La chamanesse ?

_ Tout juste. Elle s’est dit que t’allais avoir besoin d’un coup de main, si des fois ça t’arrivais de merder en bas.

_ Hou, chef, là, tu vas avoir du fil à retordre !

_ Houho, putain, oui !

_ Pour sûr, l’est pas commode, la dame !

_ Oais, un caractère, faut voir comme !

_ Raison de plus, Vhil, pour que tu nous répètes la quatrième fournée de Brohrg. Allez-allez, et sans discuter !

C’est à ce moment précis qu’un corps lancé en l’air par ses adversaires durant la bagarre évoquée ci-dessus vint s’écrouler droit sur notre table avec un grand bruit sourd, dispersant nos bocks et nous aspergeant de bière. Ce geste d’hostilité ne manqua pas d’entraîner un réflexe conditionné de notre part : celui de nous précipiter fissa participer à ladite bagarre, sans réfléchir autrement.

La bienséance vaut bien cela !

En tout cas, c’est Lénia qui sera contente. Elle voulait des femmes de chez nous, eh bah elle va avoir l’occasion d’en connaître une, parfaitement représentative !

06 mars 2008

Une petite parenthèse au calme

Bon !

 

Mes chers amis terriens, blogueurs et internautes sur votre doulce Terre, je vais prendre quelques jours à ne rien glander du tout. Mon coin de galaxie continue bien sûr de tourner, même sans votre chef de guerre préféré qui s'en va roupiller un chouilla dans son coin.

 

Donc, la note ci-dessous concernant ce taré de pyromane à la con sera la seule que je serai en mesure de vous rédiger avec amour et tendresse avant une bonne quinzaine de jours.

 

Or ça donc, à bientôt, avec les ahuris de l'espace !!

05 mars 2008

Parité intergalactique

Franchement, je tiens à rassurer vite fait en passant la gente dame Lénia  : ce n'est pas parce que nous sommes des brutes épaisses et des lourdeaux sans cervelle qui aiment la bibine et la baston à travers les planètes et les galaxies qu'il n'y a pas de femmes chez nous. En vérité, j'irai même, chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre, jusqu'à vous donner des leçons : chez nous, les femmes font tout et sont partout. Elles sont guerrières, chamanesses, sorcières, mékanos, cheftaines de clan,  et assument parfaitement ces rôles.

Elles n'ont pas leur pareil pour piloter un croiseur de l'espace ou bien se servir d'une sulfateuse bien maousse, et souvent elles éclusent leurs godet bien mieux que nous.

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Euuuuh, non, ça c'est pas un bon exemple... Scuzez !

Soyez assurés que je ne manquerai pas de vous faire profiter du savoir-faire de nos doulces compagnes et vous en présenterai.

Mais sinon, à quoi donc ressemblent nos femmes extraterrestres ?

Personnellement, j'ai peu être un idéal un peu trop... idéalisé, surtout lorsque j'apprécie la beauté des femmes terrestres...

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Ou parfois la réalité est un peu plus... réelle...

 

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M'enfin bon là c'est juste pour pour dire à quel point elles sont bien avec nous, nos gentes dames, et qu'elles ne manquent de rien !

Non. Sérieux. On les adore nos femmes.

 

Aussi, un grand merci à  l'excellent monsieur Toujoursraison qui m'a fait la grâce de m'offrir le nouveau bandeau de ce blog intergalactique. Vraiment, ça en jette et ça a de la gueule.

 

Vraiment, vous les terriens, vous êtes super sympas. Promis : on ne vous envahira pas !

08 février 2008

En route, dans l'espace

_ Récapitulons. Faut quand même qu'on y voie clair.

_ Chef, j'y suis pour rien.

_ Parce que là, pétard, ça part vraiment dans tous les sens !

_ Le chef a raison. Même que moi aussi, je trouve que c'est quand même n'importe quoi !

_ Ne pas prévoir un truc pareil !! Franchement, pour une expédition spatiale de ce genre, non mais où on va ?

_ Il a raison, le chef ; ça merde vraiment !

_ Arrête de faire de la lèche, Argolphe. T'es aussi responsable que les autres. Et peut-être même un chouilla plus.

_ Quoi ?? Tu te fous de moi, le sorcier d'opérette ? Tu crois que tu donnes l'exemple en faisant le donneur de leçons ? Non mais je rêve.

_ Attends, déconne pas. Au départ, c'est toi qui était chargé de la logistique.

_ Avec Mastokor.

_ Mmmmrrh ? S'ki y'a ? Hips !

_ Oué bah c'est pas avec lui que tu vas soutenir un débat pendant trois plombes, vu qu'il s'est encore envoyé quelques bonnes doses de liqueur. Tu ferais mieux d'accepter de prendre sur toi, Argolphe.

_ Eh, oh, t'arrêtes de me prendre pour un con, ou quoi ? Grunmad, je t'ai déjà dit : l'embarquement, pour chaque vaisseau, des fusils, des armes de poings, des munitions, des grenades, des roquettes, des lance-roquettes, des armures de combat  et de tout l'équipement de base, c'est l'autre alcolo qui en était chargé.

_ Et les lance-ffffffflammes ? C'est qui les lance-ffffflammes, uhu ?

_ Les lance-flammes, Brohonk, c'est Mastokor aussi.

_ Ehehehet, y sohont bien tous là, leeees lance-ffffflammes ?

_ Ben, demandes-y à Mastokor... Ho, Mastokor.

_ Rrrrrrrrronfl-rrrrrrrrr-ronnnnnfl-rrrrrrr-hips-rrrrr...

_ Eh bah y cuve, ça se voit pas.

_ Mémémé, les lance-ffffllammes ?? Ouh, brûle, brûle !

_ Oh, ça va, Brohonk, on se calme. Y sont tous là, tes petits bijoux, c'est moi qui te le dis. Reste bien zen. Non mais ho, Argolphe et Grunmad, ça va pas, non, vous êtes pas bien de l'asticoter ? Vous savez très bien que s'il pète un câble on aura du mal à le maîtriser ! Vaut mieux qu'il aille faire le zinzin devant l'ennemi que dans notre vaisseau. Surtout qu'effectivement, je vous le rappelle, on est dans un navire de l'espace, et pas n'importe lequel.

_ Ouaip !! C'est notre superbe Ekrabouillator, notre navire amiral, un des plus puissants de la galaxie, et conçu par qui ? PAR BIBI !!  Alors ? Hein ?

_ On sait. Fais le fier si tu veux, mais ça règle pas notre problème. Putain, merde, quelque chose d'aussi essentiel que ça dans une expédition comme celle-ci !! Y'a vraiment de quoi se la prendre et se la coincer dans une pince !

_ Où s'qu'on en était, d'ailleurs ?

_ On en était que comme je disais, en gros, l'embarquement des armes et des munitions, c'est l'éponge, là, qui en était chargé.

_ MMMbfffelellllebrrrh ! Hic !

_ Mais laisse-le donc roupiller !

_ Et puis l'embarquement, pour chaque navire, y compris celui-ci, de l'artillerie, des lasers lourds, des véhicules légers, des 4x4 et des camions, des chars et des blindés en tous genre, des chasseurs, et aussi de leurs munitions et de leurs carburants, bref, tout le matos lourd, eh bah oui, c'est moi !

_ Et alors ?

_ Et alors !? Mais on parle bien de logistique, non ? C'est à propos de ça qu'il m'emmerde, depuis tout à l'heure, le Grunmad.

_ Ouais bah reposons-lui la question, passque moi j'ai pas tout compris. Grunmad. Faut préciser le problème.

_ Eh bah. Ceux qu'on prévu l'organisation de la logistique dans notre expédition sur Akalno, c'est bien Argolphe et Mastokor ?

_ Jusque-là, tu te trompes pas, on est d'accord.

_ Et les approvisionnements, alors, c'est qui ?

_ Mais ça dépend ! Les approvisionnements en quoi ?

_ Mais, bordel à queue de putain de foutre de merde, ça fait des jours qu'on est dans l'espace, qu'on se prépare au combat, qu'on s'entraîne comme des forcenés, qu'on sue comme c'est pas possible, qu'on révise nos armes, qu'on les customize, qu'on étudie les cartes du patelin par coeur, ainsi que l'ennemi sous toutes les coutures au poil de cul près, bref on prépare tout pile-poil...

_ Arrête d'en faire des tonnes !

_ ... Mais, chef, c'est quand même épouvantable !

_ C'est vrai que c'est plutôt gavant.

_ Ben ouais, quoi, personne est foutu de dire comment ça se fait qu'on trouve pas, dans aucun des vaisseaux de notre flotte, un liard de crème fraîche pour les fraises ???

_ Eh bah voilà ! C'est bien ce que je pensais ! Tu confonds logistique et approvisionnement. La bouffe, c'est pas pareil que les armes. Donc, c'est ce que je dis depuis le début, si y'a pas de crème fraîche en réserve, c'est pas ma faute ! C'est celui qui était chargé des approvisionnements en bouffe qui l'a oubliée, la crème ! Pétard, franchement, Grunmad, pour confondre comme ça, viens pas dire que t'es pas branquignol !

_ Ho, ça va, hein, tu veux une boule de feu dans la gueule ?

_ Un boule de feu dans un vaisseau, je voudrais bien voir ça !

_ Arrêtez vos conneries. Bon. Il est clair que la crème pour les fraises, c'est râpé, si j'ose dire. Jeum trompe ?

_ Ben, faut dire.

_ Alors voyons simplement ce qu'on pourrait y mettre pour remplacer ! J'attends vos propositions. Grunmad ?

_ Du chocolat chaud !

_ Avec des fraises... Mouais. Brohonk ?

_ Fraises. Faire flamber, fraises. Crâmer, fraises, brûler, brûler, fraises, ouaiiiis.

_ Mais avec quoi ?

_ Mmmbeulmrmmrh, bah 'vec deu la gnole, Hips.

_ Ouais, Mastokor. Argolphe ? Une idée ?

_ Du miel !! Non, du sirop d'érable ! Avec des amandes et des noix de cajoux !!

_ Ah, bah de ça, y'en a pas non plus !

_ Pétard, mais c'est pas vrai !!!

_ Putain, cette expédition, elle va mal commencer, je sens !

23 janvier 2008

Le tournoi

Il y a quelques jours, chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre, j'ai eu l'honneur et le privilège de présider un tournoi.

Alors. Quel sens peut avoir le mot tournoi, pour vous ? Vous avez déjà des références historiques avec l'époque que vous appelez chez vous le Moyen-Âge : des chevaliers, montés sur leurs destriers, recouverts de la tête aux pieds d'une lourde armure métallique, avec écu et longue lance, qui s'amusent à se désarçonner.

Vous apprendrez que chez nous, un tournoi, ça n'a pas tout à fait la même gueule. Bon, il y a des points communs : des mecs en armure avec une arme, une monture, et qui se foutent sur la gueule. De ce point de vue-là, ça change pas des masses.

Mais prenez la monture, par exemple. Chez vous, c'est des canassons. Chez nous, ça ressemblerait plutôt à un mélange de loup et de sanglier, ça aurait une foutue grande taille, de grosses dents, et ce serait du genre, heu, soupe au lait. Non, disons plutôt féroce. Comme on fait tous plus de deux mètres de haut, il faut au moins ce genre de bestiau pour  nous porter. D'ailleurs, des siècles et des siècles auparavant, avant les voyages spatiaux et les véhicules à essence, notre cavalerie était exclusivement composée de ce genre de belles petites bêtes. Cette monture, on appelle ça un morgol.

Au cours des tournois que nous organisons, nous procédons à une sélection préalable, afin de réunir environ cinq cent à huit cent guerriers, réunis par équipes de vingt-cinq à trente. Chaque équipe porte un emblême particulier prédéfini - un bock, une épée, une hache, une pétoire... Une fois que les équipes sont composées, elles se choisissent un chef, reconnaissable à son plumet sur son heaume, ainsi qu'un sorcier et un diplomate. Puis, chaque chef tire au sort en présence de l'arbitre du tournoi un territoire de départ qui lui est attribué dans l'espace de jeu.

Le but du jeu est de faire en sorte qu'il ne reste qu'une seule équipe sur le terrain. Même avec un seul mec, ça suffit. Une des règles du tournoi est l'obligation de désarçonner son adversaire à la lance, ou bien au gourdin, et d'obtenir sa reddition explicite. Ceux qui se rendent ne quittent pas le jeu, ils sont faits prisonniers et peuvent servir de monnaie d'échange. Un mec assomé est considéré comme s'étant rendu d'office.

Le rôle du chef est bien sûr de diriger son équipe et de la mener à la baston, puis à la victoire. Celui du sorcier est d'apporter un peu de piquant. En effet, Le sorcier ne peut utiliser aucun sort qui désarçonne l'adversaire autrement qu'avec une lance ou un gourdin : à lui d'avoir de l'imagination, de faire preuve de créativité pour aider ses collègues : sort de force, d'agilité, de rapidité...

Quand au rôle du diplomate, il permet d'apporter un peu de subtilité. En contact radio permanent avec l'arbitre du tournoi qui est l'intermédiaire obligé, il est chargé de négocier les alliances entre équipes, en fonction des directives de leurs chefs. Les négociations se produisent soit en temps réel, c'est-à-dire même durant l'action, du début jusqu'à la fin, soit au cours des séances prévues à cet effet où le temps de l'action est suspendu. Ce qui permet par ailleurs aux troupes de se reposer un peu. Durant les négociations, les diplomates peuvent obtenir un échange de prisonniers, lesquels sont réintégrés dans les équipes mais ne peuvent avoir de morgol ; ils peuvent également procéder à un échange de territoires dans l'espace de jeu.

A chaque territoire est attribué un certain nombre de points de victoire, chaque équipe devant démarrer le jeu avec un nombre égal de points de victoire. Au fur et à mesure de l'avancement de la baston, les équipes amassent les points, qu'ils peuvent par ailleurs échanger contre des prisonniers ou des territoires.

Les territoires de l'espace de jeu figurent des reliefs : petites collines, rivières, fossés, forêts, marais. On y a préalablement disposé des planques où on peut dénicher un peu de bouffe, de boisson, des kits de soin, des parchemins de sort, des armes ou des bouts d'armure. Les territoires sont configurés pour représenter un enjeu de conquête.

Lorsque tous les territoires sont conquis, on sélectionne les cinq premières équipes ayant le maximum de points de victoire : c'est le début de la finale. A ce stade, les sorciers, les diplomates et les prisonniers sont retirés du jeu. Les cinq équipes restantes doivent être égales en effectifs ; on calcule donc une moyenne entre les effectifs de l'équipe la plus nombreuse et ceux de l'équipe la plus dégarnie. Chaque guerrier peut se réarmer et se prendre un morgol. Dès lors, place à la force brute et à la baston pure, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une seule équipe. Chaque membre de l'équipe gagnante gagne deux tonneaux de bière.

Puis, tout s'achève en banquet-beuverie pour fêter la victoire des plus forts.

Vous imaginez bien, ça fout un sacré bordel sur l'espace de jeu. C'est vrai, au départ, on y pige pas grand chose, à part que tous le monde se fout sur la gueule dans la mêlée. Nous autres, on s'éclate pendant les tournois. Et plus encore pendant le banquet. On organise grosso merdo un tournoi tous les quatre ou cinq mois. C'est une de nos grandes fêtes les plus marquantes qui soient.

Il faut voir ça au moins une fois dans sa vie.

15 janvier 2008

Hyperconsommation

Chers amis blogueurs et internautes sur votre douce Terre, bien le bonjour.

Aujourd'hui, en prévision de la recrudescence des combats et de la multiplication des fronts, et au fait que dans les semaines qui viennent nous sommes tous susceptibles d'aller voir un peu ce qui se passe sur le terrain et d'aller à la rencontre de l'adversaire, moi y compris, notre armurier nous a concocté une petite revue de détail. C'est pas très marrant pour vous, ça je peux le concevoir. Mais pour nous, c'est jouissif.

Chez vous, vous avez vos soldes. Vous avez vos ventes privées. Vous avez également de multiples occasions de claquer votre fric durement gagné à la sueur de votre front, par exemple en prenant votre bagnole pour vous rendre dans la grande surface de votre coin. Ne serait-ce que pour la bouffe. C'est d'ailleurs marrant : j'ai l'impression que vos grandes surfaces, à l'origine, ont été conçues pour permettre au plus grand nombre d'accéder à de la bouffe de bonne qualité au meilleur prix ; or, d'après ce que je comprends, la qualité n'y est pas toujours, et les prix ne cessent d'augmenter... disons qu'elles se sont un chouilla embourgeoisées. Ne serait-ce que ça.

Par chez nous, nous avons notre grand temple de l'armement et de l'équipement de guerre. L'hyperconsommation et la croissance industrielle pour les gens de guerre que nous sommes. Des milliers et des milliers de mètres carrés consacrés à la baston. Des armures de combat, des casques, des armes de poing, des armes blanches, des kits de soin et de survie, des treillis, des bottes, des munitions de tous les calibres. On peut également y trouver des véhicules, des camions, des canons, des mortiers.

Notre armurier en chef avait tout bien préparé. Aucun risque de rupture de stock. D'ailleurs nous frisons la surproduction, chez nous. Tous les rayonnages étaient bien pleins, blindés. Voilà un bon commerçant.

Nous avons d'abord été accueillis, cela va de soi, avec des bocks de bière, histoire de bien nous mettre en condition. Il faut toujours soigner sa clientèle, surtout lorsqu'elle est appelée à revenir. Puis nous avons passé en revue tout ce dont nous avons besoin. Je me suis pour ma part procuré quelques pièces de rechange pour ma sulfateuse personnelle ; c'est une grande pétoire aussi grande que moi, particulièrement puissante, qui fait mitrailleuse, lance-flammes, lance-grenades - elle contient même un rangement pour une demi-douzaine de cigares, mais hélas elle ne fait pas le café. J'ai dégotté également des pièces de précision pour la customizer. Ainsi que de l'huile pour la graisser.

J'ai trouvé également un nouveau casque, avec des lunettes de protection particulièrement classes. Enfin, je pense devoir faire changer et renouveller quelques pièces de mon armure de combat. Juste histoire d'être à l'aise dans mes mouvements.

On avait vraiment un choix extraordinaire, avec des matériaux d'excellente qualité. Ici, le client est vraiment roi, et la consommation d'équipement de guerre procure sa bonne petite satisfaction intime.

Très curieusement, notre armurier a développé de façon accessoire un rayon d'alcools, ainsi qu'un discret petit rayon consacré... à des trucs de sexe. Films, magasines et accessoires. Allez savoir. C'est la première fois que je vois ça dans cette armurerie. Les sulfateuses les plus maousses cotoient les capotes, les poupées gonflables et les godes.

Les armes, la bibine, le sexe, voilà une sacré trilogie, cultivée de façon inopinée par notre armurier. Il faudrait peut-être lui faire faire une analyse psy, à ce type.

En tout cas, je crois qu'avec les équipements que je me suis trouvé, je vais être vraiment très glamour sur le terrain.

Non ?