02 avril 2008

Huuuuufffff (gros soupir blasé)

Chers Terriens.

Loin, loin, très très loin de votre belle Terre.

Loin de Lénia, de ses sangliers, de ses poils et de son vin pression, loin de toujoursraison et de sa blonde, de la fée gnasse et de ses poissons d'avril, pour ne citer qu'eux.

Dans le vide intersidéral de l'espace profond, dans le vaste Univers éclairé par les étoiles et abritant le mouvement perpétuel des galaxies : il y a du bordel. Mais alors, du bros gordel, euh pardon, du gros bordel.

Enfin, j'exagère un chouilla, car c'est d'abord surtout par chez moi qu'il y en a. C'est-à-dire dans le trou du cul de l'espace.

En fait.

Mast, par exemple. Ce connaud a encore fait péter sa cabine dans notre vaisseau. Un de ses alambics lui a encore sauté allègrement à la tronche, alors qu'il s'était lancé dans la mise au point d'un nouveau tord-boyau. Il en est sorti, le visage noir de crasse, les fringues en lambeaux, avec ce petit air tristoune d'extra-terrestre malmené dans toute sa sensibilité (attendrissant, vous auriez vu !), et une larmichette à l'oeil.

Brohonk, ensuite. Celui-là déteste les rats, les souris et les rongeurs divers. Enfin bon, ce n'est pas tant qu'il les déteste, c'est qu'il en a une trouille bleue à en pisser dans son calbut par litres. Bon, j'admets, on peut pas dire que notre beau navire de l'espahace tout neuf soit bien tenu, vu que des rats, des souris et des rongeurs divers nous font parfois la grâce de leur compagnie. Le problème, c'est qu'un guerrier rustaud de l'espace qui se fait son trouillomètre à zéro à la vue d'une pitite souris toute mimi, ça fait quand même désordre. Encore plus si ledit guerrier est un pyromane accompli qui ne jure que par les lance-flammes et qui adore s'en servir pour un oui ou pour un non. Alors bon, chers Terriens, je vous l'assure, le spectacle est parfois surréaliste.

Tenez. L'autre jour, il a foutu les boules à tout notre monde : en tenue de combat, le cirage sur la gueule comme pour aller sur le terrain, lunettes de soleil sur le nez, cigare aux lèvres, avec son lance-flammes préféré, il s'est mis à déambuler dans les couloirs du vaisseau, à la recherche de la moindre souris. En hurlant  "MAIS TU LA VEUX TA PUTAIN DE GUERRRREUUUH". En plus, le cigare plus le lance-flammes, merde, ça craint ! Dès qu'il en voyait une, ou qu'il CROYAIT en voir une, il giclait sa sauce à vingt mètres ! Gare à celui qui passait ! Chaud les marrons, chauds !

Le pire, voyez-vous, chers Terriens, c'est qu'on pense qu'il n'a pas été foutu d'en dézinguer un seul. De rongeur. Pas con les bestiaux.

A la rigueur, ça irait si ces pauvres petits animaux approchaient de la taille d'un cheval ; mais hélas (!) nous n'avons pas ça par chez nous, alors on sombre quand même dans la disproportion.

Alors fais chier, quoi. Maintenant, on a des kilomètres de couloirs noircis, faut refaire la peinture !!

Dans un autre registre, nous avons Grun et Argolphe. Ceux-là, lorsqu'ils ne se querellent pas, ils foutent quand même leur part de boxon. Dernièrement, ils se sont mis dans la tronche d'organiser un pique-nique sur un grand astéroïde. Au beau milieu d'un champ d'astéroïdes. Brohonk se chargeant par ailleurs de faire cuire les brochettes au châlumeau. Bon, vraiment, je me doute bien que le paysage spatial doit être magnifique mais je sais pas comment on peut faire pour siroter sa boisson ou bouffer son sandwich, sa tomate, son oeuf-mayo et ses chips en étant revêtu d'une combinaison spatiale. Surtout qu'il n'y a aucune gravité sur un astéroïde. Argolphe pensait avoir résolu le problème en mettant la bouffe et la boisson A L'INTERIEUR de la combinaison, avec je ne sais quel système fumeux de bouteille, de paille, de râtelier et de présentoir automatique, juste sous le nez. Vraiment convivial.

En tout cas, les loustics n'ont réussi qu'à se fourrer des morceaux et des gouttes qui flottaient partout BIEN A L'INTERIEUR de leur combi.

Grun a voulu réagir en créant une bulle de gravité et d'oxygène sur l'astéroïde, histoire de pouvoir étendre son beau napperon à carreaux rouges à même le "sol", mais ces pieds nickelés de l'espace ont dû foutre le camp la queue entre les jambes en s'aperçevant qu'un autre astéroïde filait droit sur eux pour les percuter. Z'ont juste eu le temps de ramasser leur viande dans leur vaisseau et de prendre la poudre d'escampette.

Changeant de stratégie dans la volonté d'emmerdement, les deux gars ont trompé leur ennui dans les parties de cartes. Seulement, ils trichent. Et ils trichent mal. Ils se font pincer à tous les coups ou presque, et provoquent régulièrement des bagarres dans le vaisseau. J'ai dû envoyer au trou pas mal de monde, histoire de calmer les esprits.

Ah, je vous jure.

Nous sommes réellement un modèle de management et de gestion des ressources humaines !! Z'avez pas un DRH à me conseiller ??

Bon, allez, les Terriens. Je vous fous la paix avec mes emmerdes.

Un bock !

31 décembre 2007

Jeum prézente (un alien parle aux terriens)...

Chers êtres humains, blogueurs et internautes, bien le bonjour.

 

Par où commencer ?

 

"Conduisez-moi à votre chef" ? Non, ce serait céder à la caricature des rencontres de troisième type.

"Rendez-vous et soumettez-vous à votre nouveau souverain" ? Non plus, là j'anticipe un chouilla.

"Vous donner moi femmes vôtres" ? Pourquoi pas, mais il y a quand même moins vulgaire et moins macho.

 

C'est que c'est pas toujours facile de se présenter.

 

Surtout pour un gonzo de mon espèce.

 

Eh bien, pour faire court, sachez-le, je pense pouvoir me qualifier de monstre, au sens propre du terme.

 

Selon vos standards à vous autres humains, j'ai vraiment une foutue sale gueule. Le petit dessin que j'ai fait figurer à l'en-tête de ce blog est volontairement imprécis, il ne peut vous donner qu'une petite idée de ce à quoi je ressemble pour de vrai.

 

J'ai la peau verte, de petits yeux rouges brillants, le sommet du crâne plutôt arrondi, la mâchoire carrée, et des crocs pointus. Comme tous ceux de ma race.

S'agissant de ma taille, disons que les êtres de notre espèce mesurent environ deux de vos mètres en moyenne.

 

Il y a un autre mot en vigueur dans vos langages pour me qualifier.

 

Extraterrestre.

 

Car, je le précise d'emblée, je n'habite pas sur votre Terre. J'écris, chez moi, sur ma planète, à partir d'un de nos ordinateurs connecté sur votre réseau internet. Personne n'y voit que du feu. Vous décrire mon lieu de vie ne vous est pour l'instant pas très utile, car vous ne seriez pas en mesure de vous le représenter. Il vous faut d'abord mieux me connaître. Et puis, dites-vous bien que vous êtes encore loin de pouvoir découvrir l'ensemble de nos planètes, avec vos ridicules petites navettes, vos fusées de merde, et vos robots insignifiants. Nous, nous avons des croiseurs mastocs, énormes, surpuissants, surarmés, qui nous permettent de baguenauder d'un système solaire à un autre avec tout le confort possible.

 

Et nous ne sommes pas les seuls.

 

Donc, pour reprendre au début, je suis un gros monstre à la peau verte, et j'appartiens à une race extraterrestre particulière, réputée pour son addiction à la guerre.

 

A la guerre, en effet. Nous écumons les systèmes et les planètes à partir de nos croiseurs géants dans le seul but de réaliser de beaux faits d'armes, de ramasser du butin, et de fêter nos victoires en banquets. Pour vous, la guerre, c'est quelque chose de haïssable, je le sais bien. Nous tuons et nous pillons pour nous amuser, nous ne savons rien faire d'autre. Ce n'est pas politiquement correct du tout, et ça n'entre pas dans vos cases, dans vos codes. Mais - vous l'avez sûrement oublié - personne n'est parfait, et vous feriez bien de prendre en compte ce fait : vous n'êtes décidément pas les seuls dans cet univers. Vous n'avez pas la moindre idée de son extraordinaire diversité. D'ailleurs, lorsque je vous observe, vous, vos peuples, vos nations, vos valeurs, je vois que le terme de diversité n'est pas vain. Alors imaginez-vous que l'univers est, de ce point de vue, comme votre Terre à plus large échelle. Il n'y a pas que ça, mais on y trouve des peuples, des nations organisées, avec des valeurs.

 

Je vous effraie, avec ma façon de me présenter à vous ? Je le conçois. Un monstre disant appartenir à un peuple guerrier avec de gros navires de l'espace, oui, je l'admets, ça peut fiche la trouille. Mais rassurez-vous. Nous n'allons pas vous envahir. Et puis, vous savez, il y a dans l'univers des gens qui luttent contre nous, souvent avec opiniâtreté et détermination, parfois avec succès. Il y a même parmi ceux qui nous combattent des gens qui vous ressemblent, à vous les humains. Ils vous sont infiniment proches, au point que l'on pourrait vous confondre avec eux, et vous rattacher à la même espèce - et d'ailleurs ce sont nos pires ennemis.

 

C'est cela que je veux raconter dans ces lignes. L'histoire de nos combats, de nos batailles, de nos virées interplanétaires, de nos victoires et de nos déboires.

 

Mon nom est Zhang Grassepanse.

 

Je suis chef de guerre.