26 mai 2008

Encore des progrès à faire

** ZBOUF **

_ Merde ! Mais c'est quoi, ça ?

_ Grun, crétin ! Mais qu'est-ce que t'as encore foutu ?

_ Mais je sais pas ! C'est pourtant la bonne formule !

Bruits étouffés dans une de nos tentes de campagne. Barouf indéfinissable. C'est chez Grun. Je reconnais d'ailleurs sa voix et celle de son acolyte Argolphe. Je n'ai pas identifié le ZBOUF du début. Bon. Ils te me fignolent encore quelque chose, ces deux loustics. Des fois, je me demande quelle peut bien être cette force aléatoire des choses qui fait que je les retrouve sur mon chemin lorsqu'ils sont sur le point de provoquer je ne sais quelles catastrophes.

C'est vrai, quoi. Je passais juste par là, je me rendais à ma tente pour y faire une sieste ou siffler un bock, et puis voilà. Pffff. Je sais pas pourquoi, mais je sens que c'est foutu.

Ces deux débiles vont encore ameuter tout le campement. Et faire rire à leurs dépens. Ou aux miens, vu que ce sont mes potes. T'ain, de ce point de vue, l'amitié, ça s'assume. Vraiment.

_ Puuuutain ! Viens pas dire que t'es pas débile ! T'as eu ton permis de sorcier dans une pochette surprise ?

_ Ha-ha-ha, très drôle. Toi, les vannes ultra-lourdes et les poncifs dépassés, en tout cas, ça t'effarrouche pas.

_ Bah vaut mieux ça que la magie pourrie que t'es en train de nous faire ! On t'a demandé d'invoquer un démon du cinquième cercle ! Le genre gros bourrin qu'on peut envoyer devant les troupes ennemies pour les faire pisser de trouille !

HEIN ? QUOI ? Qu'est-ce que j'entends ? Mais qu'est-ce qu'ils foutent, ces deux tarés ? Ils veulent jouer avec le feu, ou quoi ? Les démons du cinquième cercle sont les plus puissants et ils sont très difficilement contrôlables. Le genre à attaquer tout et n'importe quoi, même celui qui l'invoque, selon son humeur. Il faut des sorts de contrôle extrêmement précis et élaborés. Rares sont ceux qui les maîtrisent, et Grun n'en fait pas partie. S'il en a invoqué un et qu'il lui échappe, on est vraiment, vraiment, vraiment dans la mouise.

Bon, y'a pas, faut que j'intervienne. Adieu, ma sieste.

Vrouch. Je pousse les tentures de la tente. J'entre. D'un pas décidé. Dans un coin, plein d'affaires perso en tas, en bordel. Au milieu, les rustauds ont improvisé un pentacle. Avec tout le tralala, des bougies, des objets ésotériques, des symboles bizarres, des jeux de lumière criarde et kitch.

Putain, c'est plein de fumée verte ! Qui tourbillonne. On ne voit que dalle. Juste mes deux branques qui me sourient de toutes leurs dents d'un air penaud en me voyant arriver. Mais qu'est-ce que c'est que ce merdier !

_ Ah, tiens, salut, chef ! Hreum.

_ Salut, chef, heheheh ! ça gaze ? Ooooon peut faire kek chose pour toi ? Hmmm ?

Il y a encore pas mal de fumée, mais on dirait que le pentacle est vide. Voilà qui me rassure. Pas de gros machin cruel à la peau rouge, aux cornes énormes, aux pattes en sabot, à la queue fourchue et aux ailes noires. Rien de tout ça en vue. Grun n'est pas un mauvais sorcier, mais un démon du cinquième cercle, c'est trop pour lui. C'est pas de son calibre. Je me demande bien où ils ont été chercher une idée pareille. Ils vont me justifier ça, et s'il y a un seul pet de travers, je les rembarre.

_ Bon. Les mecs.

Je désigne le pentacle du pouce.

_ Pouvez m'expliquer ça ?

_ Ben, c'est rapport à notre prochaine offensive, chef.

_ Oais, hier à la réunion d'état-major, t'avais dit qu'on allait mettre un sacré foutu paquet. Pour foutre une branlée à ceux d'en face.

_ Quel rapport avec ça ??

_ Ben, on s'est dit qu'on allait apporter notre petite contribution.

_ Oais, invoquer un gros démon bien maousse et bien sauvage, eh ben ça a de la gueule.

_ Oais, le genre, heu, très très méchant, quoi, ça fait hyper sérieux.

_ Oais, ça fait pro ; genre les mecs qui s'y connaissent, quoi.

_ Après, les gars de chez nous, ils diront : "Ouais, Argolphe et Grun, mais quel duo !"

_ Oais, et pis ceux d'en face, ils en chieront grave de trouille, et eux aussi, ils diront : "Wah ! Encore un coup de Grun et Argolphe, la fine équipe ! Quels finots, ceux-là !"

Haaaaah. Je me sens tout mou. Mou, si mou. Mais ce démon-là nous aurait fait cavaler, gigoter, pisser dans nos calsifs, si l'invocation avait fonctionné. Moindre mal.

_ Les mecs.

_ Oais ?

_ Oais chef ?

_ Franchement, je suis content. Très content.

_ Aaaaah ! On savait que tu apprécierais, chef.

_ Oais, ça c'est du sens de l'initiative, pas, chef ?

_ Oui. Je suis content que vous mettiez du coeur à l'ouvrage et que vous vous préparez sérieusement à notre prochaine bataille. Mais dites-moi juste un peu : est-ce que par hasard, vous ne vous FOUTEZ PAS DE MA GUEULE ?????

_ ...

_ ...

_ Passske non, mais franchement, Grun : depuis quand t'as assez de tripes pour invoquer un démon du 5ème cercle toi ?  Un gros machin, comme tu dis, que tu pourras pas contrôler tout seul, qui va se retourner contre toi, contre NOUS, qui pourrait bazarder notre camp d'un battement d'ailes, nous foutre une taule, nous tuer tout notre monde, nous exploser notre matos, et sans que ça lui fasse mouiller son maillot ??

_ Nan, mais chef, j'avais tout ce qu'il faut, là.

_ Oais, chef. On s'est dégotté une super bonne formule d'invocation, fallait pas hésiter, elle était en promo...

_ Oais, le pack "INVOC'DEMON", garanti trois ans, en parchemin indéchirrable, avec les sorts de contrôle offerts gratos, plus des sorts de bouffe et de picole spécial démon à volonté, et même la démone pour qu'il se sente pas tout seul, et aussi des ptits farfadets qui seront ses larbins et aussi son manger s'il veut... Le tout avec l'encens et les bougies.

_ Une affaire, chef. Sauf que je me souviens plus si la démone était gonflable ou vraie...

_ Ah non elle était vraie.

_ Sûr, sinon c'est vrai qu'on aurait eu du mal à le contrôler. Il nous aurait fait une crise, le démonet.

_ Ben ouais, l'efficacité du sortilège de contrôle, c'est surtout ça : la présence d'une démone.

_ Et bombasse, la démone.

_ Mouheuharrrh !

_ Je rêve !!! Non mais, qu'est-ce que vous croyez ! Ne jouez surtout pas avec un truc comme ça ! Vous avez déjà vu un démon du 5ème cercle à l'oeuvre ??

_ Beu non.

_ Eh ben, moi si. Et je peux vous dire que ça fait du sacré dégât. Il faut au moins sept sorciers de très haut niveau pour en contrôler un seul. Et toi, Grun, toi qui n'est capable d'élaborer que des sorts à la merde, tu te vantes à toi tout seul d'en invoquer un ??? Non mais tu veux mon pied au cul ?

_ ...

Bon. On va pas épiloguer.

_ Alors bon,  virez-moi votre sale pentacle pourri, rangez-moi votre foutoir, et pis on va aller se vider quelques bocks chez moi vite fait. Okay ?

_ Bonne idée, chef. On va faire ça.

_ Euh, dites...

Petite voix fluette. Un peu nasillarde. Comme celle d'un enfant. Sortie de nulle part. Enfin, non : du pentacle, justement. La fumée a disparu. Elle cachait...

_ Mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Pétard, faut se pencher : il est tout petit, on l'avait pas vu...

_ ... Scusez si j'dérange, Messieurs les rustauds. Mais je souhaiterai, si c'est un effet de votre bonté, que justement vous ne viriez pas le pentacle, parce que ça me permettrait de rentrer chez moi...

_ Mais t'es qui, toi ? Qu'est-ce que tu fous là ?

_ Heum. Pardonnez mon outrecuidance, les TROUDUCS, mais je me présente : Grilobu, farfadet de mon état. Et je vous PISSE à la raie.

Nous dit-il en nous faisant un magnifique doigt.

Quelle courtoisie. 

_ KWA ?

_ Hé oui, les CONNARDS. Présentement au service de Djahnar, démon. Figurez-vous, bande de CHIASSEUX POURRIS, que je me trouvais dans la demeure de mon maître sur le plan démoniaque, à lui brasser sa bière préférée, lorsqu'une grand lueur brillante apparût et s'apprêtait à l'aspirer. Pour l'amener ici, j'imagine. Mon maître, à la vue de cette lueur, s'écarta pour l'éviter, mais comme je me trouvais sur le chemin de ladite lueur, c'est donc moi qu'elle aspira. Je suis donc ici, et puisque c'est vous qui m'invoquâtes, bande de GROS ETRONS GLUANTS, puis-je vous demander présentement l'autorisation de me renvoyer dans mon home sweet home, bande de MERDEUX sans cervelle ?

_ Puuuutain ! Grun, t'as invoqué un farfadet !

_ La vache ! Je la retiens, la formule ! Drôlement efficace.

_ Un farfadet ! Mais c'est tout pourri, ça !

_ Non mais ho, je vous en prie ! Mon maître, il peut vous pourrir la gueule, d'abord. Espèce de CHIASSE verte.

_ Oais, bah le temps qu'il radine sa tronche ici tout seul, les poules auront des dents. Sans sortilège d'invocation, il peut rien faire.

_ Dites. On va pas se trimbaler ce minable.

_ Heh, ça va, hein ! C'est pas bien de s'en prendre à plus petit que soi. Et pis moi, je peux vous faire roter bleu, d'abord. C'est un sort super méchant ! Espèce de gros BLAIREAUX A LA GRAISSE DE HARICOT DE GLAND EN CROÛTE GLAIREUX!

_ Moais, ça fait peur. Grun ?

_ Ben, heu. J'ai beau regarder le parchemin, je ne vois pas de sortilège de retour sur le plan démoniaque...

_ Qu'est-ce que je t'avais dit ! Si t'avais réellement invoqué ce démon, on n'aurait pas pu le renvoyer chez lui ! Tu vois !

_ Haille !

_ Vous voulez dire que je suis coincé ici ? Vous vous foutez de moi ? TRONCHES DE  CAKE ! GUEULES DE GLAND ! BITES DE RAT ! CHIURE DE GARDAFLE ! TROUS DU CUL ! CONNARDS GLAIREUX ! GROSSES BOUSES POURRIES ! FLEURS DE COUILLES ! AISSELLES QUI PUENT ! CULS EN BOURGEON ! FACES DE PETS FOIREUX ! HUILE DE FOUTRE A LA PISSE DE CHIASSE DE MERDE ! MOUCHES A MERDE !

_ Tain, il sait de quoi il parle, le ptit.

_ Oais, impressionnant : la force de la voix inversement proportionnelle à la taille...

_ C'est quoi, un gardafle, chef ?

_ Ché pas. Rien à foutre.

Bon. Je sors mon flingue laser. Le pointe sur le farfadet. Lâche une giclée.

PIEW

_ COOOOOOONNAAAAAAAaaaaaaarrrrd...

... Fait le petiot en s'évanouissant en fumée.

Pffff.

Je souffle sur le canon.

_ Dis, chef.

_ Mh.

_ Il avait pas dit qu'il brassait de la bière, le petit ?

_ Oais.

_ T'aurais p'tet pas dû le fumer. L'aurait pu nous être utile pour notre bière à nous.

_ Bah. Grun, t'a qu'à en invoquer un autre.

_ Un autre farfadet ? Oais. Pourquoi pas ?

_ Et si on tombe sur le démon... ?

_ On l'invite à prendre un bock.

07 avril 2008

Star Steak

STARRING

Captain Keurque .......... Notre bon chef Zhang

M. Spauque .............. Grun

M. Soulout ................ Mast

M. Scote ............... Argolphe

M. Tchéquoffe .......... Brohonk

 

Ta-tadaaaaaaaa-tatatata-taaaaaaaaaa..... Tadaaaaaaaa (Ceci est censé représenter les quelques mesures qui annoncent l'accroche musicale du début de l'épisode. Quoi, qu'est-ce qui y'a ? L'est pas belle mon accroche musicale ?)

_ L'espââââce (voix-off basse, pleine de suspense). La dernière frontière. C'est dans l'infini du vide intergalactique que se font les voyages et les aventures intersidérales du vaisseau Enteurprayz et de son vaillant équipage. Toujours à la recherche de nouvelles formes de vies, de nouvelles civilisations, à travers l'inconnu des mondes nouveaux, différents, et parfois... (trémolo de circonstance)... hostiles.

_ Oh, la voix-off, ça va, ta gueule !

_ Hein ?

_ Commence pas à faire chier avec ton boniment. Déjà, t'intéresses personnes avec ton intro à deux balles, en plus fais fissa parce qu'on n'a pas que ça à foutre !

_ Ah bah si c'est ça, démerde-toi, moi non plus j'ai pas que ça à foutre !

_ Bon débarras ! Bon, maintenant l'épisode peut commencer. Faut dire qu'on est sacrément à la bourre sur ce coup. Monsieur Soulout.

_ Oais captain.

_ Nous n'avons pas un instant à perdre. Dirigez-nous sur les coordonnées suivantes : Azymut 307, angle  42/7 x-1 + 5 facteur 4, vitesse exponentielle facteur 32. Il s'agit plus précisément de la planète ED-627 bis trois quarts.

_ Gnhein ?

_ Eh bien Monsieur Soulout. N'avez-vous pas entendu mes ordres ?

_ Captain ? Me permettez-vous une question ?

_ Allez-y Monsieur Soulout.

_ Pourquoi faut-il toujours qu'on se prenne la tête, notamment avec des noms de planètes débiles ? Toujours des lettres et des numéros qui se mélangent, ça fait pseudo-scientifique, mais franchement, c'est con.

_ D'accord avec vous, Monsieur Soulout. Mais je suis pas cartographe de l'espace. Un clampin dans un bureau sidéral quelque part a décidé que cette planète devait absolument s'appeler ED-627 bis trois quarts, alors on l'appelle ED-627 bis trois quarts, un point c'est tout.

_ Mais pourquoi précisément ce nom ?

_ Eh bien, Captain, Monsieur Soulout, j'ai une idée de la réponse logique.

_ (Ayé. Spauque veut causer. Je sens que ça va être grandiose. Pendant ce temps-là, on est toujours à la bourre.) Je crois vraiment que ce n'est pas indispensable, Monsieur Spauque.

_ Captain, en toute logique...

_ (Il me casse les couilles burnes noix sérieux avec sa logique de mes deux gonflante)

_ ... Je suis quand même l'officier scientifique au sein de l'équipage de ce navire. Je me dois d'apporter mon concours en toutes circonstances afin de faire avancer ne serait-ce que d'un pas...

_ On s'en cogne, du nom de cette foutue planète. Je vous rappelle que nous sommes à  la bourre, messieurs, et qu'il faut fissa qu'on aille sur ED-627 bis trois quarts. Le barbecue chez les klingons n'attend que nous. Vous savez quand même que ce n'est pas rien, un barbecue chez les klingons.

_ Captain, j'ai Monsieur Scote dans la salle des machines, qui veut vous joindre à l'inter.

_ Oui Scote ?

_ Captain, on a un problème avec le bolétruriteur d'énergie principale dans l'oxymatroton du bistraleur maximal.

_ Ce qui veut dire ?

_ Eh bien, vous n'êtes pas sans savoir que le bolétriruteur conditionne l'action de l'oxymatroton lorsque l'on veut faire entrer les moteurs du vaisseau en phase de nutrasublimation exominale, ce qui permet la réaction intracyclique hémistasique pour la vitesse exponentielle.

_ (Encore du vocabulaire à la con chiant incompréhensible). Scote, allez au plus clair je vous prie.

_ Eh bien, on a pété une durite, captain.

_ Quelles conséquences ?

_ Pas de vitesse exponentielle. Nous allons nous traîner dans l'espace comme un escargot.

_ Eh merde !

_ Alors, pour le barbecue chez les klingons, c'est foutu ?

_ Non. Il y a peut-être une solution.

_ Je vous écoute, Scote.

_ Captain. Je suis sûr que vous savez que l'on peut obtenir la somme des énergies maximalisées en amorçant la pompe tragolonique, ce qui permettra de générer un circuit auxiliaire suffisant pour une dérivation génioxydique d'une bonne partie des circuits diphasotaxyques. Dès lors, je suis certain que vous comprenez tout comme moi qu'avec un bi-branchement matricurital des circuits diphasotaxyques sur les résistances xyxomiliennes...

_ Non Scote, je conteste votre analyse.

_ Monsieur Spauque ? Qu'est-ce à dire ?

_ Eh bien oui. Vous ne pouvez pas tenter une dérivation génioxydique à partir de la pompe tragolonique. Vous devrez effectuer préalablement un tri-quatrobranchement métasimique sur les cristaux cabamériques...

_ (Putain j'ai mal à la tronche moi)

_ Je suis d'accord avec vous, Spauque ! Mais ce con d'enseigne Clifton était de service, ce matin ; il a malencontreusement posé son bock de bière sur notre circuit de cristaux cabamériques ! Le bock s'est renversé, ça a niqué tout le circuit et les cristaux se sont transformés en sucre glace !

_ Chiotte. N'empêche, c'est bon le sucre glace.

_ Oui Monsieur Tchéquoffe. On aura déjà ça a apporter au barbecue des klingons. Si on y arrive.

_ Donc, captain, j'en reviens à ma première solution. J'en étais au bi-branchement matricurital des circuits diphasotaxyques...

_ (TA GUEUUUULE !!!) Scote, il me serait agréable que vous soyiez réellement plus synthétique et précis dans votre exposé...

_ Eh bien, on peut ravoir la vitesse exponentielle. On dispose des vélos dans la salle des machines, et on fait pédaler tout l'équipage !

_ Je proteste. Scote, je conteste encore votre analyse.

_ Mais qu'avez-vous donc, Monsieur Spauque.

_ Eh bien, en ma qualité d'officier scientifique de ce navire, eh bien, je le dis, je le clame...

_ Oui ?

_ Il y a un danger de sécurité.

_ C'est-à-dire...?

_ Euh... J'ai trop mal aux jambes, je peux pas pédaler. En plus j'ai un gros bleu sur le haut de la cuisse gauche.

_ Vous vous foutez du monde, Spauque. Vous pédalerez comme nous tous. Allez ! Disposez les vélos ! Tout l'équipage en salle des machines ! Tchéquoffe, Soulout, parés pour la vitesse exponentielle ! Le barbecue klingon nous attend !!!

_ Est-ce qu'il y aura des steaks de garboufle ?

_ Bien sûr, Monsieur Tchéquoffe ! Bien tendres, pour tout le monde !

_ Oais !

_ Eh bien moi, j'aime pas le steak de garboufle.

_ Spauque, faites pas votre rabat-joie.

_ Désolé captain. (De toute façon, vous vous êtes tous bien gourrés comme des gros blaireau ; la planète, son nom c'est pas ED-627 bis trois quarts, c'est ED-627 bis neuf dixièmes, d'abord ! Ahaha. Vous voilà bien attrapés, hein !)

(retour de la voix-off) Et l'Enteurprayz, avec son vaillant équipage, s'en va vers de nouvelles aventures aux confins de l'espaaaaace, toujours à la recherche de nouvelles formes de vies, de nouvelles civilisations...

_ Mais tu veux pas la fermer ! On a dit qu'on allait au BARBECUE !

 

Ta-tadaaaaa, tatatata-taaaaaaaaaaa (décrochage musical final)

THE END

  

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21 janvier 2008

Navire de l'espace : de la merde dans le moteur ?

_ Bon, les mecs, je vous ai fait venir, parce que... Ho, Grunmad, tu m'écoutes ?

_ Ouais, chef.

_ T'as pourtant pas l'air dans ton assiette ?

_ Scuze chef. J'ai mal au bide. C'est le rata d'hier, ça m'fait drôlement péter, tu peux pas savoir ; ça m'brûle les boyaux, puuutain, quand ça traverse.  Et pis, aux narines, c'est loin d'être fade ; ça ébouriffe, faut voir comme.

_ Bah voyons. Comme si on connaissait pas déjà tes grandes capacités dans ce domaine. Hein, Argolphe ? 

_ Ouais, chef. Pire que les lance-flammes de Brohonk. Mais quand même, sorcier, essaie de te retenir ce coup-ci. Vraiment, quand tu lâches tes caisses, c'est pas toujours drôle.

_ On essaye.

_ Bon. On reprend. Argolphe. Grunmad. Je vous ai fait venir parce que je souhaite solliciter votre avis sur une question technique précise.

_ Ah.

_ Oh.

_ Ouais. Figurez-vous qu'il y a un gars qui habite sur la Terre, et qui...

_ La quoi ?

_ La Terre.

_ C'est quoi, ça, la Terre ? ça se bouffe ?

_ Non. Pas du tout. La Terre, en fait, c'est une planète.

_ Ah ouais ? Dans quel coin ? Moi, connais pas.

_ Moi non plus. Dis, chef, la Terre, c'est tout pourri comme nom, pas ?

_ Non, mais on s'en fout, du nom.

_ Chef, le nom de la Terre, c'est parce que ceux qui y sont c'est tous des paysans et des péquenots, c'est ça ? Parce qu'y vivent dans la terre, qu'y labourent des champs, et font pousser des légumes, non ?

_ Nnnnooon, c'est pas ça, mais je vous dis, le nom, on s'en fout, c'est pas ça qui compte. Ce que je veux vous dire c'est qu'il y a quelqu'un qui y habite et qui m'a fait une suggestion.

_ Ah ouais ?

_ Ouais.

_  Et c'est qui ?

_ Bon, si vous voulez savoir qui c'est, vous vous connectez sur le réseau terrien nommé internet, et vous allez jeter un coup d'oeil ici. D'ailleurs, Grunmad, tu t'es fait sans le savoir un admirateur, car il adore ton sort avec la merde qui décuple de volume et qui submerge les ennemis. On peut dire, si on veut, que ça lui a tapé dans l'oeil...

_ Ah bon, la merde, ça lui a tapé dans  l'oeil ?

_ On va dire ça. Mais venons-en au fait. Et sa suggestion, pour les frégates furtives dont on causait l'autre fois avec les aides de camp, ce serait de mettre de la merde liquide dans les moteurs.

_ Hein ? De la merde liquide ?? Dans les moteurs ??

_ C'est ça.

_ Comme carburant ?

_ Moui.

_ Et pas de la merde en boulettes ? Liquide, il faut qu'elle soit ?

_ Oué.

_ Et tu veux qu'on te dise ce qu'on en pense ?

_ Absolument.

_ ... Eh ben, comme ça, je dois dire, ça prend de court.

_ Ouuuuhhh, puutain,  j'ai mal au bide, vous pouvez pas savoir comme ça me vrille les tripes ! Foutu rata ! Je vais avoir une de ces chiasses !!!

_ Justement, c'est de ça qu'on cause. Grunmad, tu es donc dans le vif du sujet, félicitations. Que penses-tu de cette idée ?

_ Ben, c'est-à-dire que, c'est vrai, la merde on sait tous la faire...

_ ... Et mettre des gens dedans...

_ ... Mais on sait pas trop comment en sortir...

_ ... Et on sait pas l'utiliser. On peut penser que ça peut être une source d'énergie quasiment inépuisable.

_ Exactement. Pensez-vous que c'est possible ? Argolphe ? 

_ Une source d'énergie ? Chef, tu penses quand même pas que je vais chier dans des fioles et des tubes à essai, juste pour voir si je peux m'éclairer avec pendant que je bouquine, non ?

_ Hahahahaha !! C'est p't'êt' ce que t'aurais su inventer de mieux !

_ Toi, le péteur, c'est tes gaz que tu devrais foutre dans une fiole pour t'éclairer avec. Tu économiserais sur ta facture d'élec, je te dis pas, et en plus c'est du tout bio.

_ Ho, ça va, arrêtez de vous engueuler. Essayer de creuser un peu, quoi, qu'on sache un peu à quoi s'en tenir.

_ Creuser la merde ?

_ Pfff. Mais vous voyez ce que je veux dire, non.

_ Ben, en admettant que ce soit possible, chef, on sait déjà qu'on n'a pas besoin de l'extraire, comme le pétrole ou la charbon, ni de la raffiner. On est tous, tant que nous sommes, une source de merde. Pertinent, non ?

_ Ouais. Mais faudrait faire des modifs maousses sur les moteurs. Déjà, avec des mecs dans les salles des machines, pour alimenter les moteurs avec une pelle. Avec des containers pleins de merde ramenés par des larbins directement depuis un grand réservoir relié aux chiottes individuelles.

_ Mais non, il faut pas faire comme ça. Il faut raccorder toute la plomberie du vaisseau pour que les chiottes soient directement reliées aux moteurs. Alimentation directe.

_ Et si les mecs de l'équipage sont constipés et qu'ils font rien pendant des jours ? Là, c'est l'approvisionnement énergétique de tout le vaisseau qui est menacé.

_ Eh bah on mettra des réservoirs pour stocker ce qu'on aura d'avance. Et puis, on peut penser à des bases spatiales équipées en réservoirs de merde auprès desquelles chaque vaisseau irait se réapprovisionner...

_ Ouais, c'est sûr, sur ce coup-là, l'acheminement de la merde va réellement devenir stratégique au niveau galactique tout entier... quel progrès ! Après y'aura des gens qui se feront la guerre pour des stocks de merde... Je crois qu'on déconne un peu, non ?

_ ...Et puis l'équipage du vaisseau, y'aura qu'à le nourrir avec de la bouffe qui nettoie bien les tripes, avec des bons légumes bien fibreux par exemple...

_ Ou bien avec le rata de Grunmad...

_  ... comme ça...

_ ... Comme ça on aura des mecs dans un navire de guerre qu'auront la chiasse tout le temps et qui pourront pas bosser ni se battre. Non, c'est vachement bien trouvé, comme truc.

_ Ah bah je sais pas, moi, j'essaie de contribuer.

_ Okay, bon ça va, j'ai compris. En fait ça mène nulle part ce truc. On est dans l'absurdité complète.

_ Chef, chef, et si qu'on mettait des vaches dans les vaisseaux ?? Comme ça, ça nous ferait de belles quantités de bouses... plus besoin de compter sur l'équipage.

_ Tu veux mon poing sur la gueule ? Les mecs, on va arrêter le tir. J'ai du boulot par dessus la tête.

_ Au fait, chef ? Quel rapport avec la furtivité des frégates 4-80 ?

_ Ben, aucun. Je crois.

01 janvier 2008

Un gros vaisseau dans l'espâhace

Chers amis humains, blogueurs et internautes, bien le bonjour.

 

Putain de merdasse, j'ai une sacrée foutue gueule de bois ! J'ai picolé tout ce que j'ai pu. Ce soir, une soupe et au pieu.

 

Au fait, bien que n'étant point natif de votre douce Terre et ne connaissant personne par chez vous, je sacrifie à votre tradition et je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2008. Vous n'avez jamais reçu de voeux de la part d'un monstre extraterrestre ? Eh bien foutre, il faut un commencement à tout.

 

J'imagine que vous, vos familles et vos amis avez dignement célébré le nouvel an qui commence aujourd'hui. Vous avez bu, mangé, dansé, fait péter vos pétards et vos feux d'artifice, profité de la présence de vos proches. Rien de plus normal pour une période festive.

 

Nous autres, gens de guerre à la peau verte, nous avons fait la fête aussi. Je vous le laissais entendre en vous faisant part d'emblée de ma gueule de bois. Ce fut une sacrée foutue bombe que cette fête, d'ailleurs, avec de la bibine à flot, de la boustiffe jusqu'à saturation, de la musique à s'en percer les tympans et de la gonzesse tortillant des miches sous les mirettes. Mais pour un tout autre évènement qui ne vous concerne pas. Du moins, pas encore peut-être.

 

Alors que vous fêtiez dignement votre nouvelle année, nous avons, nous autres, procédé au lancement officiel du nouveau vaisseau amiral de notre flotte. Nous l'avons baptisé du fier nom d'Ekrabouillator.

Oui, je sais. Un nom pareil, pour vous qui êtes adeptes de la déesse Raison, ça peut paraître parfaitement ridicule. Mais je ne vais pas passer mon temps à me justifier. Sachez en tout cas qu'à lui seul ce navire est parfaitement capable de détruire une planète. La vôtre, par exemple. Non, je plaisante.

Il s'agit d'un petit bijou de technologie de notre cru. Il nous ressemble : c'est un colosse de l'espace, surarmé, surpuissant, prêt à écumer les galaxies. Je ne vais pas vous gonfler avec les détails techniques, mais songez que globalement, selon vos mesures, il fait trois kilomètres de long pour sept-cent mètres de large et deux-cent cinquante de hauteur. Je me demande même s'il n'est pas plus grand que ça, vu que je ne suis pas vraiment doué pour convertir nos unités de mesures avec les vôtres. Notre nouvel Ekrabouillator peut abriter des centaines de chasseurs, plusieurs milliers de soldats avec armes, véhicules, ravitaillement et équipements, et il dispose d'une très large autonomie.

 

C'est le plus gros navire que nous ayons jamais construit - une première pour nous. Il a fallu près de six années standard pour en mener à bien la réalisation, à partir d'une base spatiale conçue à cet effet, en orbite autour de la planète-capitale du clan dont je suis le chef.

Vous, les humains, vous avez une tradition qui nous plait et que nous observons à notre façon : lorsque vous lancez un bateau et que vous le baptisez, vous brisez contre lui une bouteille de champagne. Eh bien nous, nous projetons sur notre navire spatial un baril de bière sous gravité zéro. C'est du plus bel effet, je vous le garantis.

 

L'Ekrabouillator est le plus gros vaisseau de notre flotte à nous, mais ce n'est pas le plus gros vaisseau qui ait jamais été lancé de l'univers connu. Bien que nous sachions tenir notre rang, il n'y a guère que les Askelons et les humains de l'Empire qui savent faire de plus puissantes machines de combat de l'espace. A ma connaissance, les Impériaux ont leur Empereur Euclymène, rebaptisé récemment du nom de leur souverain actuel. Il est en service depuis cent quatorze ans, et je n'ai eu qu'une fois l'occasion de le voir à l'oeuvre. Ce jour-là d'ailleurs on s'était pris une râclée.

Au fait, j'y songe, ça fait bien longtemps qu'il n'a pas été engagé quelque part, celui-là. Il va falloir que je songe à prendre mes renseignements sur sa position exacte, des fois que les Impériaux nous prépareraient un sale coup.

 

Bon. Sur ce, je vous laisse. Je vais aller soigner ma migraine.

 

En besognant ma douce et tendre - je crois que c'est souverain contre le mal de crâne.